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A l'Unesco, le drapeau américain flotte à nouveau
La bannière étoilée monte progressivement sur le mât, la Tour Eiffel à l'horizon, pendant que résonne l'hymne américain. Les Etats-Unis, conduits par leur Première dame, sont définitivement de retour à l'Unesco, une instance qu'ils avaient quittée sous Donald Trump.
Après cinq ans sans présence américaine au sein de l'organisation onusienne pour l'éducation, la science et la culture, Washington a mis les petits plats dans les grands pour incarner son retour. Jill Biden était présente en personne pour la levée du drapeau américain au siège parisien de l'Unesco, entre ceux du Portugal et du Qatar.
"Lorsque nous prenons place au sein de cette coalition, nous pouvons nous battre pour nos valeurs telles que la démocratie, l'égalité et les droits de l'Homme", a expliqué la Première dame lors d'un discours.
"Le président Biden comprend que si nous voulons contribuer à créer un monde meilleur, les États-Unis ne peuvent pas le faire seuls, mais nous devons aider à montrer la voie. C'est pourquoi nous sommes si fiers de rejoindre l'Unesco", s'est-elle félicitée.
"Nous sommes honorés de remettre aujourd'hui la bannière étoilée à sa place", s'est de son côté réjouie la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, heureuse de "célébrer" "un moment rare, un moment heureux dans la vie des nations".
"En ces temps de division, de déchirement (...), nous réaffirmons notre union", a-t-elle loué. "En ce monde désuni où les appétits de puissance ont pu parfois conduire à remettre en cause le multilatéralisme, le retour des États-Unis a une signification qui dépasse l'Unesco."
Arrivée lundi en milieu de matinée en France, Jill Biden est entrée mardi dans le cœur de sa visite officielle en France, la première depuis que son mari Joe a pris la tête de la Maison Blanche.
En fin de matinée, accompagnée de leur fille Ashley, elle a été reçue à l'Elysée par la première dame française Brigitte Macron. Les deux femmes, qui se connaissent, se sont fait une bise chaleureuse sur le perron du palais.
Ashley Biden et Brigitte Macron étaient également présentes à la cérémonie à l'Unesco, tout comme les ministres français de l'Education et de la Culture, Gabriel Attal et Rima Abdul-Malak, mais aussi Judith Pisar, la mère du secrétaire d'Etat américain Anthony Blinken, par ailleurs figure américaine de la culture.
- Opposition de Moscou et Pékin -
Mercredi, Jill Biden se rendra au cimetière américain de Bretagne pour "rendre hommage aux soldats américains ayant perdu la vie" durant la Seconde Guerre mondiale.
Les Etats-Unis ont récemment rejoint l'Unesco, après un plébiscite en leur faveur le 30 juin des Etats-membres de cette organisation onusienne, et malgré l'opposition de la Russie et de la Chine.
Ils l'avaient quittée sous Donald Trump, en 2017, en dénonçant les "partis pris anti-israéliens persistants" de cette institution. Ce retrait, accompagné de celui d'Israël, était effectif depuis décembre 2018. Dès 2011 et l'admission de la Palestine au sein de l'Unesco, les Etats-Unis, dirigés alors par Barack Obama, avaient stoppé tout financement à l'organisation onusienne.
Leur retour s'inscrit dans un contexte général de rivalité croissante avec la Chine, alors que Pékin souhaite transformer l'ordre multilatéral international mis en place après la Seconde Guerre mondiale, dont l'Unesco est une émanation.
En mars, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken avait ainsi estimé que l'absence américaine permettait à la Chine de peser davantage que les Etats-Unis sur les règles de l'intelligence artificielle (IA), quand l'Unesco a produit une recommandation sur l'éthique de l'IA dès 2021.
Seuls dix pays se sont opposés fin juin au retour américain, dont l'Iran, la Syrie, la Chine, la Corée du Nord et surtout la Russie, qui avait à dessein considérablement ralenti les débats, à défaut de pouvoir renverser leur issue.
Les Etats-Unis avaient déjà quitté l'Unesco en 1984, sous Ronald Reagan, puis l'avaient réintégrée en octobre 2003.
Leur retour est un soulagement financier pour l'organisation. Washington s'est engagé à rembourser intégralement ses arriérés, qui atteignent 619 millions de dollars, soit davantage que le budget annuel de l'Unesco, évalué à 534 millions de dollars.
J.Pereira--PC