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Cédric Jubillar dit "n'avoir jamais levé la main" sur son épouse, qu'il aimera "toujours"
Cédric Jubillar, accusé du meurtre de sa femme Delphine, a affirmé vendredi n'avoir "jamais levé la main" sur elle, déclarant, au cours d'un interrogatoire récapitulatif devant les assises du Tarn: "Je l'aime encore et je l'aimerai toujours."
Le peintre-plaquiste de 38 ans répond depuis 14h00 aux questions de la présidente de la cour, Hélène Ratinaud, qui a découpé son interrogatoire en une dizaine de thèmes, et entend le poursuivre "une grosse partie de la journée de lundi".
A la suite de la magistrate, chaque avocat ainsi que les représentants de l'accusation, ont la possibilité de questionner l'accusé qui, depuis le début de l'après-midi, formule des réponses le plus souvent courtes: de nombreux "tout à fait", des "peut-être mais je ne me rappelle pas de cet épisode" ou des "pas du tout".
"Je ne l'ai pas tuée, c'est la certitude", a insisté une nouvelle fois M. Jubillar, comme il l'a dit à plusieurs reprises depuis le début de son procès, le 22 septembre.
Il a reconnu être impulsif, nerveux, mais sans aller jusqu'à des violences physiques. "Je n'ai jamais levé la main sur Delphine", a-t-il dit.
"Je redescends aussi vite que je monte dans les tours", a expliqué l'accusé, vêtu d'un pull gris, admettant uniquement avoir pu se montrer physiquement violent avec son jeune fils, Louis.
- "Bad boy" -
Dans son box, souvent agité de mouvements nerveux et de tics, se grattant le crâne et le cou, il a dit que oui, il traitait Delphine de "salope", mais "c'est un mot que j'emploie souvent, j'ai toujours été un vulgaire personnage", a-t-il ajouté.
Ce "côté bad boy a dû lui plaire au début, mais à la fin, ça l'a saoulée", a estimé M. Jubillar qui, à propos de la volonté de séparation exprimée par son épouse, a déclaré: "Je ne voulais pas divorcer, mais je n'avais pas le choix, c'était la requête de Delphine et, par amour, je l'ai acceptée."
La présidente a relaté les mois qui ont précédé la disparition de Delphine Jubillar dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, revenant par exemple sur les échanges de messages entre elle et son mari, dans lesquels transparaissaient la tension au sein du couple, mais aussi les tentatives de l'accusé de reconquérir sa compagne.
"Ça va, M. Jubillar? Je vois que vous transpirez", lui lance un moment Hélène Ratinaud. "Oui, ça va", lui répond-il.
Un peu plus tard, un des magistrats assesseurs prend la parole: "Est-ce que c'est votre alliance que vous portez à votre main gauche?". "Pas du tout", répond l'accusé.
- "Pris pour un con" -
Dans la matinée, un psychologue avait longuement déposé pour expliquer que Cédric Jubillar pouvait s'être senti "rabaissé", au moment des faits, par la perspective du départ de son épouse et la potentielle perte de sa maison.
"Il lui est difficile de se sentir rabaissé, ça le fait souffrir", a expliqué cet expert, soulignant qu'il avait pu éprouver cette "sensation de rabaissement" dans les semaines précédant la disparition, une analyse sur laquelle l'avocat général Pierre Aurignac et les avocats des parties civiles se sont attardés, cherchant à établir un lien entre cet état d'esprit et un potentiel passage à l'acte.
"Lui, il s'est senti pris pour un con", a appuyé l'expert, estimant notamment que le "rejet" symbolisé par le potentiel départ de sa femme pour un autre homme pouvait "faire ressortir les douleurs du ressenti d'abandon" de l'accusé, liées à son enfance chaotique, faite de placements en famille d'accueil et de forte instabilité affective.
Le psychologue a fait référence à un adage breton ("Quand on n'a rien, on n'est rien") pour expliquer que M. Jubillar avait pu se trouver au cours de cet hiver 2020 dans une "angoisse d'anéantissement" personnel, ce qui "peut amener au passage à l'acte".
Mais il s'agit d'"hypothèses" et non d'"affirmations", a-t-il nuancé à l'adresse des jurés, un point sur lequel les avocats de M. Jubillar ont pris soin d'insister: "Le pire n'est jamais sûr, n'est-ce pas?", lui a ainsi lancé Me Emmanuelle Franck. "Oui", a concédé l'expert.
Verdict attendu le 17 octobre.
F.Santana--PC