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Japon: large victoire du parti au pouvoir aux sénatoriales après l'assassinat de Shinzo Abe
Le parti au pouvoir au Japon et ses alliés ont obtenu une "super-majorité" lors des élections sénatoriales, quelques jours seulement après l'assassinat de l'ancien premier ministre Shinzo Abe, ont indiqué lundi les médias locaux.
Le Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste) auquel appartenait M. Abe, et son allié le Komeito, ont renforcé leur position en remportant plus de 75 des 125 sièges à pourvoir à la Chambre haute, selon les médias nationaux - le Sénat compte 248 sièges, renouvelés pour moitié tous les trois ans.
Ils disposent désormais d'une "super-majorité" des deux tiers du Sénat, prête à modifier la constitution pacifiste du pays pour renforcer son rôle militaire sur la scène mondiale - un objectif de longue date de Shinzo Abe.
Reconnaissant sa défaite, Kenta Izumi, leader du Parti démocrate constitutionnel (opposition) a déclaré qu'il était clair que "les électeurs n'avaient pas voulu changer et nous confier le gouvernement", selon Kyodo News.
Le taux de participation a été de seulement 52%, selon les données disponibles à ce stade.
Deux jours auparavant, le chef du gouvernement avait dénoncé l'attaque "barbare" contre Shinzo Abe, son ancien mentor, insistant sur l'importance de "défendre les élections libres et équitables, qui sont le fondement de la démocratie". "Nous ne céderons jamais à la violence", avait-il ajouté.
Survenu à Nara, dans l'ouest, l'assassinat par balles de M. Abe, l'un des hommes politiques les plus connus du pays, a profondément meurtri et ému au Japon comme à l'étranger, et les messages de condoléances ont afflué du monde entier, y compris de Chine et de Corée du Sud, avec lesquelles le Japon entretient des relations souvent houleuses.
- Groupe religieux -
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, en déplacement en Asie, a fait brièvement étape à Tokyo lundi pour présenter ses condoléances en personne.
Le bureau de M. Abe a déclaré à l'AFP qu'une veillée funèbre se tiendrait lundi soir, et les obsèques mardi, en présence de la famille et des proches. Elles auront lieu au temple Zojoji à Tokyo, selon les médias locaux.
L'auteur présumé de l'attaque, arrêté sur les lieux, a avoué avoir délibérément visé M. Abe, expliquant à la police en vouloir à une organisation à laquelle il croyait que celui-ci était affilié. Certains médias japonais ont évoqué un groupe religieux.
Tetsuya Yamagami, 41 ans, serait un ancien membre de la Force d'autodéfense maritime (la marine japonaise), et a déclaré aux forces de l'ordre avoir utilisé une arme artisanale.
Selon plusieurs médias, il aurait déclaré aux enquêteurs s'être rendu jeudi à Okayama (ouest) dans l'intention d'assassiner M. Abe qui participait à un événement sur place, mais y aurait finalement renoncé car les participants devaient communiquer leurs nom et adresse.
Après avoir été brièvement suspendue par les différents partis à la nouvelle de l'attaque, la campagne électorale avait repris samedi avec des mesures de sécurité accrues, alors que la police de Nara a reconnu des failles "indéniables" dans celles qui entouraient le meeting de M. Abe.
- "Nouveau capitalisme" -
La campagne a été dominée par les hausses de prix et les risques concernant l'approvisionnement en électricité, alors que la canicule qui touche le Japon depuis fin juin fait craindre des pénuries en la matière.
"L'économie mondiale stagne et le Japon est également en crise économique à bien des égards, avec des salaires qui n'augmentent pas", a commenté Shigeru Kato, 75 ans, interrogé par l'AFP à la sortie d'un bureau de vote à Tokyo. Si on ne fait rien, "le Japon va s'enfoncer encore plus", a-t-il ajouté.
Dans un pays souvent critiqué pour le manque de représentation féminine dans ses institutions et la direction de ses entreprises, une proportion record de 33% de femmes figurait ce dimanche parmi les 545 candidats.
La large victoire aux sénatoriales qui se profile consoliderait le pouvoir de Fumio Kishida, qui s'est fait le chantre d'une politique économique plus redistributive baptisée "nouveau capitalisme", avant une période de trois ans sans élections prévues.
Sa coopération étroite avec les alliés occidentaux du Japon pour faire pression sur la Russie a aussi été saluée dans l'Archipel, et son projet d'accroître "considérablement" le budget de la défense est également populaire, alors que la Chine ne cesse d'affirmer ses ambitions territoriales en Asie-Pacifique.
La tendance à l'augmentation des dépenses en matière de défense pourrait encore se renforcer après l'élection, selon Yu Uchiyama, professeur de sciences politiques à l'Université de Tokyo, qui pense que la "position de fermeté (du Japon) à l'égard de la Chine va probablement être maintenue".
mac-hih-sah-oh/def/thm/ial/cls/mlb/roc
L.Carrico--PC