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Les plongeurs italiens morts aux Maldives ont pu se tromper de sortie
Les Italiens décédés lors d’un accident de plongée aux Maldives la semaine dernière ont peut‑être emprunté le mauvais tunnel pour sortir de la grotte sous-marine qu'ils exploraient, a déclaré jeudi la directrice de l’entreprise qui a récupéré leurs corps.
Des plongeurs finlandais travaillant pour Dan Europe ont retrouvé les corps des ressortissants italiens dans un couloir sans issue à l’intérieur d'une grotte sous-marine comportant plusieurs salles, à quelque 50 mètres de profondeur dans l'archipel de l'océan Indien.
"Les corps ont été retrouvés dans une zone précise de la grotte, tous ensemble" et, compte tenu de la configuration des lieux, ils ont pu être victimes d'une "désorientation à l’intérieur de la grotte", a déclaré à l'AFP Laura Marroni, directrice générale de Dan Europe.
Le groupe de plongeurs italiens comprenait une professeure de biologie marine forte de nombreuses années d’expérience, sa fille, deux jeunes chercheurs et leur guide basé aux Maldives.
L’alerte a été donnée jeudi dernier après qu’ils ne sont pas revenus d’une plongée.
La grotte sous-marine, qui débute par une première grande caverne lumineuse, au fond sableux, forme un complexe sous-marin qui s’étend sur des centaines de mètres à travers de multiples chambres et passages.
C’est dans cette première cavité que le corps du guide a été retrouvé, lors d’une précédente opération de récupération menée par les autorités maldiviennes.
Au bout de cette salle, se trouve un couloir d’environ 30 mètres de long et trois mètres de large, qui mène à une deuxième chambre.
Le couloir s'achève sur un banc de sable, facile à franchir pour accéder à la seconde chambre, mais "qui peut limiter la visibilité" lorsqu’on tente de ressortir, a expliqué Mme Marroni.
"Les plongeurs, n’arrivant pas à trouver le couloir de sortie, se sont retrouvés dans un couloir qui se trouvait sur la gauche" de ce dernier, "mais qui était un cul-de-sac, donc sans issue", a-t-elle ajouté.
C’est dans ce couloir sans issue que les corps des quatre autres plongeurs ont été retrouvés.
- "Réserve d'air très limitée" -
"Étant donné qu’ils disposaient d’une réserve d’air très limitée et donc de très peu de minutes au fond, ils n'ont probablement même pas eu le temps de tenter à plusieurs reprises de retrouver la sortie correcte", a souligné Laura Marroni.
Une tentative de récupération des corps par la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) a été interrompue après la mort, samedi, de l’un de leurs sauveteurs, victime de complications liées à la décompression, et l’équipe finlandaise a été appelée en renfort.
Cette dernière était composée de trois plongeurs: l’un chargé de récupérer les corps, le deuxième d’assurer la sécurité opérationnelle, et le troisième de documenter la récupération et le site de plongée.
Ces plongeurs "sont hautement préparés" et "avant d’arriver sur place, ils ont effectué une large reconnaissance" et "établi un plan de plongée prudent, en tenant compte du fait que personne ne connaissait bien la grotte", a précisé Mme Marroni.
"Ce genre d’opérations représente toujours une lourde charge, un fort sens des responsabilités, une charge émotionnelle, car il y a une grande volonté de pouvoir rendre les corps aux familles", a-t-elle poursuivi.
L’équipe a récupéré les corps mardi et mercredi.
L’un des plongeurs de l'opération, Patrik Gronqvist, 54 ans, a déclaré par téléphone à l’AFP qu’ils "avaient commencé à voir des traces au fond, comme s’il y avait eu une certaine activité", ce qui les a conduits à retrouver les quatre corps dans une grotte plongée dans le noir total.
"Les corps étaient éparpillés ici et là", dans un périmètre de deux à trois mètres. "Trois étaient sur le sol (de la grotte) et un au plafond", a-t-il détaillé.
Si pour Patrick Gronqvist, cette opération n’a pas été "aussi difficile techniquement" que d’autres opérations auxquelles il a participé, celle-ci "était très triste… Je ne l’oublierai jamais", a-t-il dit.
Les plongeurs sont retournés dans la grotte jeudi pour retirer les câbles et le matériel opérationnel utilisés pendant les opérations de récupération.
"Un peu comme on le fait sur une scène de crime, on documente tout, on archive tout, puis on nettoie", a détaillé Laura Marroni.
Les photos et vidéos prises par l’équipe finlandaise au cours de l’opération de récupération seront partagées avec les autorités maldiviennes, qui enquêtent sur la façon dont les Italiens ont pu être autorisés à descendre jusqu’à 60 mètres de profondeur.
Le pays de l’océan Indien autorise en effet une profondeur maximale de plongée de 30 mètres pour les touristes.
T.Resende--PC