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Affaire Epstein: devant le Congrès, Bill Gates a assuré "n'avoir jamais fait du mal à quiconque"
Bill Gates a démenti mercredi toute implication dans les crimes de Jeffrey Epstein, devant une commission du Congrès américain qui enquête sur cette affaire et a entendu à huis clos le milliardaire sur ses liens d'amitié avec le criminel sexuel.
"Je veux l'exprimer très clairement: je n'ai jamais été témoin ou eu aucune indication qu'Epstein se livrait à une activité criminelle en cours", a dit le cofondateur de Microsoft dans ses propos introductifs devant les parlementaires, publiés sur son site GatesNotes.
"Je n'ai jamais fait de mal à quiconque", a assuré le milliardaire de 70 ans, qui a affirmé que si Jeffrey Epstein avait bien tenté de "nourrir une relation personnelle" avec lui, cela ne l'avait jamais intéressé.
"Je ne suis jamais allé sur son île, dans son ranch, ou dans sa maison de Floride", a-t-il dit.
Après plus de cinq heures d'audition, Bill Gates a quitté le Capitole à Washington sans s'exprimer devant la presse.
Au moment de sa mort, l'ex-financier américain était notamment accusé d'avoir fait venir des mineures sur l'île qu'il possédait dans les Caraïbes, à des fins de trafic sexuel.
Le président de la commission d'enquête, le député républicain James Comer, avait expliqué avant l'audition que les membres voulaient en savoir plus sur la relation de M. Gates avec le criminel sexuel et sa complice Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de 20 ans de prison aux Etats-Unis.
"Qu'a-t-il vu? Savait-il ce qui se passait? Etait-il impliqué dans tout cela?", avait résumé l'élu devant la presse, soulignant aussi que "personne n'accuse Bill Gates d'un quelconque fait répréhensible".
- "Nombre de mensonges" -
Fin février, Bill Gates avait déclaré selon le Wall Street Journal que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient une "énorme erreur", admettant devant les membres de sa fondation avoir eu des relations extraconjugales avec deux femmes russes mais niant toute implication dans les agissements de l'ex-financier.
M. Gates affirme que sa relation avec Jeffrey Epstein a commencé en 2011, soit trois ans après que l'ex-financier avait plaidé coupable pour des faits de prostitution impliquant des mineures.
Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein, publié par le ministère américain de la Justice dans la masse de documents provenant du dossier du même nom, évoque des relations extraconjugales de Bill Gates.
Dans ce message qui ne semble pas avoir été envoyé, Jeffrey Epstein se targue notamment d'avoir aidé "Bill" à se procurer des médicaments pour "remédier aux conséquences de relations sexuelles avec des filles russes".
Devant les parlementaires mercredi, l'ancien patron de Microsoft a reconnu que Jeffrey Epstein avait eut connaissance de relations extraconjugales et l'a accusé d'utiliser ces informations "et nombre de mensonges" pour le pousser à se rapprocher de lui.
"Il n'a pas réussi dans cette démarche, mais cela montre certaines des techniques qu'il a utilisées pour tirer parti de ses interactions avec moi" à son propre bénéfice, a déclaré Bill Gates.
La simple mention du nom d'une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori. Mais ces documents montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel ou son entourage et certaines personnalités qui en ont souvent minimisé, voire nié, l'existence.
Plusieurs personnalités politiques américaines ont déjà témoigné devant la commission d'enquête parlementaire, notamment Bill Clinton. L'ancien président démocrate avait alors assuré n'avoir eu "aucune idée des crimes" sexuels de son ancien ami.
La controverse autour de la publication des documents du dossier Epstein poursuit Donald Trump depuis le début de son second mandat. Le républicain avait appelé l'an dernier ses partisans à passer à autre chose alors même que les demandes de transparence se faisaient de plus en plus pressantes.
Le ministère de la Justice assure avoir publié tous les documents qu'il était légalement contraint de rendre publics.
A.Motta--PC