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Séisme au Venezuela: les Etats-Unis se posent en "sauveurs", ultimes recherches des miraculés
Les Etats-Unis poursuivent lundi leur mobilisation pour "sauver" le Venezuela et y accroître une aide internationale "vitale" afin de retrouver d'ultimes miraculés, cinq jours après le double séisme qui a fait au moins 1.450 morts et des dizaines de milliers de disparus dans le nord du pays.
Près de 130 Marines ont été déployés pour aider aux réparations du port de La Guaira, près de la capitale Caracas, où "ils travaillent jour et nuit pour (...) permettre l'acheminement par voie maritime de fournitures vitales", a annoncé un responsable américain lundi.
Symbole fort, l'USS Fort Lauderdale, un navire amphibie de transport de troupes et de matériel, est actuellement ancré dans les eaux de cette cité balnéaire, ravagée et la plus touchée par le tremblement de terre, et dont la plupart des résidences à piscine, effondrées comme des chateaux de carte, offrent désormais un spectacle de désolation.
- Aide US doublée -
A La Guaira, mais aussi à Caracas, notamment à l'aéroport Simon Bolivar, l'armée américaine, son Southcom (commandement pour l'Amérique latine et les Caraïbes) à la manoeuvre, se déploie avec toute la force de sa logistique, au gré des atterrissages de ses avions de transport, autres "ailes fixes" et aéronefs à voilure tournante (hélicos).
Plus tôt lundi, les Etats-Unis ont annoncé doubler leur aide au Venezuela, avec désormais un total de 300 millions de dollars dirigés vers ONGs et agences onusiennes pour fournir "soins médicaux d'urgence, aide alimentaire, de l'eau et des services d'assainissement, des abris, des protections ainsi qu'un soutien logistique".
Plusieurs centaines de soldats américains sont actuellement déployés au Venezuela. Washington et Caracas se sont rapprochés depuis la capture en janvier par les Etats-Unis du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et l'administration Trump appuie fortement la présidente par intérim.
En mars, les deux pays ont repris leurs relations diplomatiques, rompues en 2019, et le président Donald Trump a assoupli graduellement les sanctions contre ce pays, qui a fait adopter de nouvelles lois sur les hydrocarbures et le secteur minier, ouvrant ces secteurs au privé dans un pays disposant des plus grandes réserves de pétrole au monde.
- Réplique et panique -
Au total selon Caracas, près de 2.700 secouristes venus de 24 pays étrangers (ayant envoyé plus de 520 tonnes d'aide à ce jour) s'affairent toujours dans les gravats à la recherche de miraculés.
A la façon du président salvadorien Nayib Bukele, très en pointe sur les réseaux sociaux, chaque contingent prend soin de publier sur internet d'émouvantes et spectaculaires vidéos de ses secouristes tirant des décombres des blessés hagards, en larmes et traumatisés.
Les deux secousses de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le Venezuela le 24 juin, ont fait s'écrouler des centaines bâtiments, endommageant le principal aéroport du pays et causant la mort d'au moins 1.450 personnes selon le dernier décompte. Les Nations unies estiment le nombre de disparus à environ 50.000.
Lundi matin, une nouvelle secousse d'une magnitude de 4,6 a fait trembler Caracas et La Guaira, où la frustration augmente face à une mobilisation gouvernementale jugée insuffisante.
"Nous venons d'avoir une réplique d'intensité modérée. Nous n’avons pas de signalements de dommages supplémentaires dans aucune partie du territoire national", a affirmé via Telegram le président de l'Assemblée, Jorge Rodriguez.
"Nous l’avons tous senti. La panique a été horrible", a affirmé Fernan Hernandez, 57 ans, devant l'immeuble de cinq étages qui a enseveli son frère, José René Hernandez également à La Guaira.
"Ce que nous voulons vraiment, c’est qu’on nous aide au maximum, dans le sens, dans l’organisation pour retrouver les corps", a-t-il ajouté.
- "Faire sortir quelqu'un" -
Dès lors que les grandes catastrophes naturelles ne laissent guère plus de 72 heures pour retrouver des survivants, le pays oscille entre farouche volonté de sauver des vies supplémentaires et exaspération à l'égard d'autorités qualifiées de défaillantes ou des militaires trop passifs.
"Tout le monde dit qu'il ne reste plus personne, mais nous sommes toujours là à attendre. Pour voir si nous pouvons encore faire sortir quelqu'un", explique Eduardo Cardozo, un ouvrier agricole venu aider les sauveteurs d'une zone sinistrée de Tucacas, sur la côte.
À Chacao, un quartier de la capitale, de grands écrans publicitaires diffusaient les visages de personnes disparues dans l'espoir de les localiser.
"Nous avons retrouvé des personnes vivantes (...). Nous gardons toujours l'espoir", a affirmé dimanche la présidente par intérim Delcy Rodriguez, cible de très vives critiques pour la passivité des autorités aux premiers jours de la tragédie.
Pendant de nombreuses heures avant l'arrivée des premiers secouristes étrangers, les Vénézuéliens ont dû fouiller les décombres à mains nues par manque d'engins de chantier et de levage.
Le gouvernement a restreint l'accès à l'État de La Guaira en imposant aux bénévoles l'obtention d'un laissez-passer. "Il faut un permis pour sauver des vies... rendez-vous compte", s'est indigné Carlos Itriago, 27 ans.
Les dommages sont évalués à près de sept milliards de dollars, soit 6% du PIB du pays, selon l'ONU.
Le drame frappe un pays en proie depuis des années à une grave crise économique et à des troubles politiques récurrents. Delcy Rodriguez a été choisie pour assurer l'intérim après la capture du président Nicolas Maduro dans une opération militaire américaine en janvier.
E.Paulino--PC