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Mondial-2026: New York a retrouvé un air de fête pour la finale
Des supporters espagnols qui exultent, des Argentins séchant leurs larmes: dans les rues de New York, la finale a redonné dimanche des couleurs à une Coupe du monde qui avait fini par s'essouffler un peu dans la ville.
Après le coup de sifflet final, des petits groupes de fans de la Roja - bien moins visibles ces derniers jours dans la mégapole américaine que leurs adversaires du jour - sont descendus dans les rues de Manhattan pour célébrer leur victoire, drapeau au vent.
Direction Times Square, devenu depuis le début de la compétition l'épicentre du football mondial.
A Central Park, où la mairie avait organisé une retransmission géante pour 50.000 personnes, Eric Centeno laisse éclater sa joie: "Viva España !".
"Je suis Latino. Donc comme Puerto Rico et la République Dominicaine ne sont pas dans la compétition, je suis derrière l'équipe de mes racines", lance le New-Yorkais de 42 ans.
Frappée pendant plusieurs jours par un voile de pollution dû aux fumées des incendies de forêt canadiens, la ville avait enfin retrouvé dimanche une qualité de l'air satisfaisante.
- Dernière de Messi -
Après avoir commencé sa journée, comme lors de chaque rencontre, avec un point transports ponctué de remarques footballistiques, le maire Zohran Mamdani a rejoint le stade pour suivre le match depuis les tribunes.
"C'est probablement la dernière Coupe du monde de Messi", confiait avant le coup d'envoi Florencia Luzinin, dentiste argentine de 30 ans rencontrée à Manhattan. "On a croisé quelques Espagnols mais je ne les regarde même pas...".
Elle faisait partie des milliers de supporters vêtus du maillot bleu et blanc de l'Albiceleste qui avaient convergé dans la ville pour la finale disputée de l'autre côté de l'Hudson, dans le New Jersey. Leur déception était à la hauteur de leurs espoirs après la défaite 1-0 face à l'Espagne.
Beaucoup d'Américains avaient pour leur part délaissé les matchs ces derniers jours, notamment après l'élimination de l'équipe nationale face à la Belgique, le 6 juillet.
"Il est normal que les gens perdent de l'intérêt pour la Coupe du monde quand leur pays est éliminé, comme pour n'importe quel événement sportif", jugeait Chip Parham, organisateur de festivals de cinéma, avant la rencontre.
- Prix exorbitants -
"L'événement est un peu passé au second plan. Je pense qu'il y a eu une forme de fatigue après la phase de groupes, puis avec l'élimination des Etats-Unis. L'Espagne et l'Argentine représentent aussi des communautés immigrées relativement modestes à New York", analyse Howie Ray, 42 ans, qui s'est reporté sur l'Angleterre après la sortie de Team USA.
Les prix exorbitants des billets pour la finale, les plus élevés jamais enregistrés pour un événement sportif aux Etats-Unis, ont également refroidi de nombreux amateurs. Selon TickPick, le prix moyen atteignait 11.327 dollars.
"Beaucoup de mes amis se sont sentis exclus pendant tout le tournoi parce que les billets étaient tout simplement inabordables", ajoute Howie Ray.
Ils étaient nombreux jusque-là à s'être laissés emporter par l'enthousiasme autour d'un sport qui a gagné en visibilité alors qu'il reste encore très marginal par rapport à d'autres, comme le basket ou le baseball.
"Chaque jour, il suffisait de regarder autour de soi pour voir de nouveaux maillots, venus de tous les pays. Toute cette énergie a été extrêmement positive... Le football est vraiment en train de grandir dans ce pays, et c'est agréable à voir", témoigne Nick Thomas, Américain de 30 ans rencontré à Brooklyn.
Au bar français Café du Soleil dans l'Upper West Side de Manhattan, on a connu une nouvelle après-midi de grande affluence, avec une centaine de personnes qui avaient réservé leur place pour la finale.
"Après les Knicks (l'équipe de basket new-yorkaise victorieuse en NBA) et la Coupe du monde, ça va être mort... Je ne sais pas ce qu'on va faire", plaisantait un serveur, Karim Maloum.
E.Borba--PC