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Tir réussi pour Ariane 6 et son premier lancement de satellites d'Amazon Leo
Tir réussi pour Ariane 6 et son premier lancement de satellites d'Amazon Leo / Photo: Ronan LIETAR - AFP/Archives

Tir réussi pour Ariane 6 et son premier lancement de satellites d'Amazon Leo

Ariane 6, dans sa configuration la plus puissante, a décollé de Kourou jeudi pour placer en orbite 32 satellites de la constellation Amazon Leo, une mission inaugurale qui scelle le partenariat entre le lanceur lourd européen et son principal client, déterminé à rivaliser avec Starlink.

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Pour son premier vol dans cette configuration à quatre propulseurs, la fusée s'est élancée dans un ciel parfaitement dégagé, à l'orée de la forêt amazonienne, du centre spatial en Guyane française (Amérique du Sud), a constaté une journaliste de l'AFP.

La mission durera 1H54 dont une vingtaine de minutes pour la séparation des satellites avant leur mise sur une orbite basse (Leo).

Il s'agit du plus grand nombre de satellites jamais emportés par une fusée Ariane à ce jour.

Ce vol inaugure une série de 18 lancements qu'Arianespace, opérateur du lanceur, réalisera pour la constellation d'internet haut débit d'Amazon, le groupe fondé par le milliardaire américain Jeff Bezos.

- "Partenariat stratégique" -

Celle-ci ne compte à ce jour que 175 satellites en orbite, qui ont été lancés par United Launch Alliance (ULA) et par son concurrent SpaceX, d'Elon Musk.

Amazon Leo, dont le déploiement a pris du retard, vise 3.200 satellites. Starlink repose déjà sur près de 9.400 satellites.

"Avoir un partenariat stratégique avec l'Europe est essentiel" pour Amazon, a déclaré à l'AFP Lisa Scalpone, directrice mondiale du segment consommateurs d'Amazon Leo quelques heures avant le lancement.

Le groupe va toutefois continuer de lancer aussi avec la société SpaceX pour accélérer le déploiement de la constellation et fournir l'internet haut débit à une partie de l'Europe, dont la France, avant la fin 2026, a-t-elle précisé.

"Nous voulons diversifier nos prestataires de lancement. C'est notre priorité. Ainsi, nous pouvons continuer et lancer le plus rapidement possible", a souligné la responsable.

Après cette première charge de 32 satellites, Amazon envisage d'augmenter leur nombre à chaque nouvelle mission, a déclaré à l'AFP Martijn Van Delden, responsable du développement commercial Europe d'Amazon Leo, en soulignant qu'il s'agit de la "charge utile la plus importante à ce jour".

Pour répondre à ce besoin, Ariane 6 est dotée pour la première fois de quatre propulseurs (version A64), au lieu des deux utilisés lors des cinq premiers vols (configuration A62) ce qui permettra de doubler les capacités d'emport à 21,6 tonnes contre 10 à 11 précédemment.

Une version plus puissante de boosters permettant d'augmenter la capacité d'emport de 20% est en cours de fabrication et sera au service de prochains lancements pour Amazon Leo.

"Ariane 6 est un lanceur parfait pour les constellations", a déclaré le patron d'Arianespace David Cavaillolès au cours d'un point de presse jeudi.

Selon lui, les lancements pour Amazon serviront d'entraînement pour la constellation Iris², un projet phare de l'Union européenne qui vise à assurer une connectivité sécurisée et souveraine et dont le déploiement est prévu à partir de 2029.

- 1.600 emplois en France -

Cette coopération est avantageuse tant pour Amazon, pour qui "il est important d'accélérer les lancements", que pour Arianespace, qui doit poursuivre la montée en cadence pour rester compétitive, ses lancements institutionnels étant limités à 2 à 4 par an tandis que de nombreux pays européens se tournent vers SpaceX, souligne Pierre Lionnet, directeur de recherche à Eurospace, association professionnelle de l'industrie spatiale européenne.

Amazon promet de son côté que ce partenariat se traduira par une hausse de 2,8 milliards d'euros du produit intérieur brut de l'Union européenne entre 2022 et 2029. Sur ce total, la plus grande part --1,38 milliard-- bénéficierait à la France, soutenant près de 1.600 emplois.

"A terme, un lanceur européen souverain ne peut pas dépendre principalement des marchés étrangers", nuance pour sa part Ludwig Moeller, directeur de l'ESPI (European Space Policy Institute) basé à Vienne.

Ceux-ci risquent d'"exiger un traitement prioritaire soutenu par leur puissance économique, ou peuvent devenir imprévisibles ou inaccessibles sans préavis, compte tenu de l'environnement géopolitique actuel et des guerres commerciales", met-il en garde.

G.Teles--PC