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Le Muséum et le CNRS vont étudier le vivant face à l'Homme
Comment les plantes et les invertébrés - piliers de nos écosystèmes – sont-ils affectés par les activités humaines et les changements environnementaux? C'est l'objet d'un vaste programme de recherches lancé lundi par le Muséum d'histoire naturelle et le CNRS.
Ce projet, appelé "dynamiques de la biodiversité +Dynabiod+", que les deux institutions vont co-piloter, dispose d'une enveloppe de 45 millions d'euros. Il s'inscrit dans le cadre des programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR), financés par le plan France 2030, dont les actions sont dédiées au financement de la recherche la plus fondamentale.
Dynabiod a pour ambition, lors des huit prochaines années, de mettre sur pied un portrait-robot universel des espèces, mêlant carte d'identité numérique, ADN, photos haute définition, enregistrements sonores ou encore données de répartition géographique.
Il doit aussi permettre d'établir une surveillance à haute portée technologique, avec l'aide de caméras automatiques, de capteurs acoustiques, de drones sur plusieurs zones géographiques (montagnes, milieux urbains-agricoles, zones préservées...) "pour suivre en temps réel les populations et les espèces".
À terme, le projet doit permettre "d'agir plus vite et de manière plus juste pour la conservation des espèces et la préservation des bénéfices de leurs rôles écosystémiques", selon le communiqué commun des institutions.
"Ce n'est pas un grand programme de plus, c'est un temps fort de la recherche française sur la biodiversité", a souligné lundi Gilles Bloch, le président du Muséum au moment de lancer officiellement le projet. "Nous sommes là pour fêter la capacité de la France à combiner recherche d'excellence et expertise à l'échelle nationale".
Les chercheurs vont notamment s'appuyer sur les 70 millions d'espèces présentes dans les collections du Muséum. "Dynabiod ne part pas d'une page blanche, mais de décennies de méthodes menées par le Muséum, qui apportent la force d'un travail de long cours et légitimité scientifique", a souligné Gilles Bloch.
"Le CNRS est lui en capacité d'offrir des espaces opérationnels", a avancé Alain Schuhl, directeur général du CNRS délégué à la science.
La biodiversité est "notre assurance-vie et notre assurance-santé, mais nous sommes encore incapables de donner le nombre d'espèces à un certain niveau de précision", a-t-il rappelé.
Pendant longtemps, l'érosion de la biodiversité a été considérée comme "anecdotique", a-t-il estimé. Or, "elle fragilise les capacités de résilience de l'espèce humaine. Ses conséquences sont encore plus préoccupantes. C'est un enjeu éthique, sanitaire, économiques et géopolitique", a-t-il conclu.
E.Ramalho--PC