-
Carburants: le gouvernement "voit le bout" de la crise
-
Taïwan espère une vente d'armes américaine "dès que possible", Pékin met en garde contre une "impasse"
-
Top 14: Billy Vunipola, l'homme fort de Montpellier
-
Les quartiers populaires "surexposés" lors des canicules, alerte la Fondation pour le logement
-
Défense: John Cockerill mise sur un blindé développé à la vitesse de l'automobile
-
La Bourse de Paris en petite hausse, entre accord Etat-Unis/Iran et Fed plus ferme
-
Moscou frappée par une vaste attaque ukrainienne, une importante raffinerie touchée
-
Présidentielle en Colombie: salut militaire et K-pop s'invitent dans la campagne
-
Venezuela: dénonciation de mauvais traitements des prévenus au procès "PDVSA Cripto"
-
Plateforme Classés sans suite: quand des victimes dénoncent, en ligne, leurs agresseurs
-
Niger: des tirs entendus à l'aéroport de Niamey, possible attaque jihadiste
-
Fortes chaleurs: la SNCF supprime 71 trains Intercités
-
Grippe aviaire: 13.000 petits d'éléphants de mer morts sur une île australienne isolée
-
Niger: des tirs entendus à l'aéroport de Niamey
-
Renouveler la flotte: l'appel des pêcheurs à "lever les obstacles"
-
Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis
-
La Chine s'apprête à durcir les règles de concurrence autour des livraisons de repas
-
Fermer les écoles ou les laisser ouvertes malgré la chaleur: le dilemme des maires
-
Cuba restreint l'accès aux transports publics, faute de carburant
-
Avec des étés de plus en plus chauds, l'Inde apprend à s'adapter
-
Face à une crise de la presse qui s'aggrave, les syndicats tentent de mobiliser
-
Malgré les promesses, les robots humanoïdes à tout faire ne sont pas pour tout de suite
-
Palantir, ce "défenseur de l'Occident" dont les Européens se méfient
-
Les présidents américain et iranien signent un accord pour cesser les hostilités
-
Face aux attaques sur son système énergétique, l'Ukraine développe le renouvelable
-
Le réseau social W, concurrent européen de X, lance sa version publique
-
Mondial-2026: à New York, un moment suspendu pour la communauté haïtienne
-
L'un des présentateurs du "Daily Show" aimerait que Trump rende la satire moins facile
-
Déserts médicaux: Médecins Solidaires appelle les généralistes à la "mobilisation générale"
-
Mondial-2026: Kane guide l'Angleterre, Ronaldo erre avec Portugal
-
Cuba: le Parti communiste approuve un train de réformes vers plus d'économie de marché
-
Equateur: un chef de gang abattu dans le deuxième aéroport du pays
-
Royaume-Uni: législative partielle à haut risque pour Keir Starmer
-
La canicule s'installe, les 40 degrés en ligne de mire
-
New York célèbre ses héros des Knicks, titrés en NBA
-
Les Européens cherchent la parade face à la déferlante chinoise
-
Mondial-2026: Ronaldo et le Portugal calent, Kane et l'Angleterre régalent
-
La Fed de Kevin Warsh n'exclut pas un tour de vis face à l'inflation
-
Mondial-2026: l'Angleterre de Kane montre ses muscles contre la Croatie (4-2)
-
Mondial-2026: Ronaldo et le Portugal patinent d'entrée
-
Wall Street recule après que la Fed évoque une hausse des taux
-
Les Etats-Unis et l'Iran dévoilent le texte de leur accord à deux jours de la signature prévue
-
Les dirigeants communistes cubains se réunissent pour impulser des réformes économiques
-
Sous Warsh, la Fed répète sa détermination à lutter contre l'inflation aux Etats-Unis
-
Mondial-2026: Le Portugal de Ronaldo piégé par la RD Congo (1-1)
-
Loi fast-fashion: accord trouvé entre députés et sénateurs
-
Canicule: Jeanbrun annonce une série de mesures pour faciliter l'adaptation des logements
-
Fed: les taux restent gelés mais un tour de vis n'est pas exclu à l'avenir
-
Ligue 1: décès d'Eric Roy, le coach qui a fait rêver Brest
-
Entassés dans un camp de fortune en Afrique du Sud, des milliers de Malawiens espèrent rentrer chez eux
A travers l'Anatolie, l'Express des fêtards
Sur le quai de la gare d'Ankara, l'heure est aux selfies devant les wagons rouges et blancs. A bord, Yoruk a déjà accroché les guirlandes, étalé sa nappe rouge et sorti les bouteilles.
Le Turistik Dogu Ekspresi, l'Express de l'Est, qui file dans une ambiance de colonie de vacances à travers les plateaux enneigés de l'Anatolie en longeant les premiers méandres de l'Euphrate, est le plus convoité et le plus festif des trains de Turquie.
Sur 1.300 km et de nombreux détours pour contourner les tourments de la géographie, il relie deux fois par semaine en 32 heures (au mieux) la capitale Ankara à Kars, grande ville du nord-est proche des frontières géorgienne et arménienne.
Obtenir des billets relève de la chance tant ils sont pris d'assaut. Aussi, chacun se sent privilégié d'être là: neuf wagons et 180 couchettes - deux par compartiment - ne suffisent pas à satisfaire les demandes, surtout après sa suspension en 2020 à cause de la pandémie, moins d'un an après le lancement du train.
Photogénique, avec ses apparitions oniriques dans les vallées enneigées, l'Ekspres doit beaucoup aux réseaux sociaux, surtout Instagram.
"La ligne Ankara-Kars compte parmi les quatre plus belles lignes ferroviaires du monde, selon les écrivains de voyage", affirme à l'AFP Hasan Pezük, directeur de la Société des chemins de fer turc, TCDD.
"C'est moi qui voulais ce voyage! mais les places partent très vite... Pour ma famille et moi c'est vraiment un moment très spécial", assure Zulan-Nour Komurcu, une brunette de 26 ans qui fête son anniversaire à bord avec sa famille.
"C'est mon cadeau", sourit la jeune femme qui a accroché une couronne de sapin à la porte et une guirlande de loupiotes mauves dans la cabine, sorti les biscuits et la théière en porcelaine disposée sur une nappe brodée.
- Trois mois de neige -
Le périple est d'autant plus recherché que le train ne circule qu'entre le 30 décembre et la fin mars pour profiter de la neige, comme un mini-transsibérien - auquel il fait immanquablement penser -, précise Fatih Yalcin, l'ingénieur technicien du train.
"Il y a toujours quelque chose à régler", lâche-t-il, le nez dans une armoire électrique. "La semaine dernière il faisait -24°... l'eau gelait. Parfois ça descend à -40°".
"J'interviens quand il le faut et sans déranger les passagers. Les voir monter et descendre heureux, pour moi c'est un vrai plaisir".
Au wagon restaurant, le service s'effectue tout le long du voyage sur des nappes blanches et sous une boule à facettes façon boîte de nuit.
C'est là qu'Ilhemur Irmak et ses copines retraitées se retrouvent pour prendre un thé alors que le ciel s'embrase. Les 40 femmes viennent de Bursa, sur la mer de Marmara (ouest).
"On est surtout en retraite de nos maris et de nos pères!", lance Ilhemur, déclenchant l'hilarité.
Comme la plupart des passagers, elles ont embarqué avec leurs provisions: pour certains, un véritable buffet de spécialités et de douceurs.
Un autre train, plus direct et moins festif, dessert la même ligne en une vingtaine d'heures, sans les étapes touristiques.
Mais la joie n'est pas tant d'arriver que de voyager à travers les décors spectaculaires des provinces de Kayseri, Sivas, Erzincan et Erzurum. Et de faire la fête en profitant de la nuit.
- Nostalgie -
Yoruk Giris, avocat de 38 ans, s'est organisé avec deux amies pour tenir jusqu'à une heure avancée: en ambianceur patenté, il a sorti une guirlande lumineuse blanche, un bonhomme de neige en plâtre, des bougies et une enceinte portable qui diffuse du rock turc.
Les whiskies sont sur la table avec quelques gourmandises et les bières, au frais.
"C'était un vieux rêve, il fallait en faire quelque chose de joyeux: on s'est beaucoup préparé", confie-t-il tout sourire en chaloupant.
En avançant dans la soirée, les groupes se retrouvent dans le couloir pour partager danses et musique. Parmi eux, deux couples quinquagénaires, "amis depuis le lycée" précisent-ils, entendent "passer de bons moments ensemble".
L'un d'eux, Ahmet Cavus, évoque sa "nostalgie": "on revit les voyages qu'on faisait, enfants, avec les grands-parents".
Le train rassemble, en un condensé de la société turque, tous les âges, tous les styles, des plus débridés aux plus réservés. L'alcool ici, les prières deux compartiments plus loin.
Malgré une première nuit et une journée entière passée dans le train, l'ambiance ne retombe pas.
A Erzurum, ultime halte à 1.945 m d'altitude, plusieurs dizaines de passagers entament une danse traditionnelle sur le quai glacé, bercée par la radio grésillante du vendeur de thé.
Le thermomètre de la gare affiche -11°: rien de décourageant. Résigné, le chef du train diffère en souriant le départ pour Kars en agitant sa torche en rythme.
O.Salvador--PC