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Branle-bas de combat aux Etats-Unis face à une paralysie budgétaire inévitable
Les Etats-Unis se préparent vendredi au "shutdown", une paralysie du gouvernement fédéral qui semble désormais inévitable, sauf déblocage de dernière minute au Congrès, et devrait semer la pagaille dans le pays.
Dès dimanche, la première économie du monde devrait fonctionner au ralenti. Des millions de fonctionnaires seront privés de salaire, le trafic aérien perturbé, tandis que les visiteurs des parcs nationaux trouveront porte close.
A mesure que l'échéance s'approche, en effet, il paraît de moins en moins probable que démocrates et républicains parviennent à surmonter les blocages politiques, pour trouver un accord sur le budget.
Le "shutdown" est "encore totalement évitable, il est entièrement entre les mains des républicains de la Chambre" des représentants, a déclaré la responsable des économistes de la Maison Blanche, Lael Brainard, vendredi matin sur la chaîne CNBC.
- L'aide à l'Ukraine, source de tensions -
A près d'un an de l'élection présidentielle, les deux camps se rejettent la responsabilité de cette situation.
"J'espère que les démocrates ne voteront pas pour faire tomber l'Etat dans le shutdown", a ainsi déclaré vendredi matin le président républicain de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, lors d'une conférence de presse.
Au coeur de ce blocage politique: le budget 2024, qui doit être approuvé par les élus du Sénat et de la Chambre des représentants pour que les financements continuent à être distribués.
Au Sénat, une proposition de budget à court terme est soutenue par la vaste majorité des élus et offrirait quelques semaines supplémentaires pour trouver un accord définitif.
Mais à la Chambre des représentants, une poignée d'élus républicains trumpistes refusent d'apporter leur voix à tout texte qui comporterait une aide financière à l'Ukraine.
- Fonctionnaires non payés -
Les républicains à la Chambre ont un texte concurrent, qui n'alloue pas d'enveloppe à Kiev, mais débloque notamment de l'argent pour la lutte contre l'immigration clandestine. Les élus voteront sur la proposition vendredi, a indiqué Kevin McCarthy.
La Maison Blanche est vivement opposée à ce projet de loi et a indiqué que Joe Biden y opposerait son veto, accusant "les républicains extrêmes" de conduire le pays vers un "shutdown", "qui nuira à notre économie et à notre sécurité nationale".
A moins de 40 heures désormais de l'échéance, le pays se prépare à cette fermeture des services. Les fonctionnaires ont été notifiés jeudi de l'imminence de cette paralysie.
Ils devront en effet attendre la fin du "shutdown" pour toucher leur salaire. Certains, considérés comme "travailleurs essentiels", seront toutefois réquisitionnés, les autres auront interdiction d'accéder à leurs dossiers et emails. Les militaires ne seront pas non plus payés.
La plupart des célèbres parcs nationaux américains comme Yosemite et Yellowstone fermeront leurs portes. Le trafic aérien devrait également être très perturbé.
Et certains bénéficiaires d'aide alimentaire pourraient se les voir temporairement refuser.
- "Sécurité nationale" -
"Des centaines de petites entreprises verraient leurs demandes de prêt échouer", a également averti la Maison Blanche, et ne seraient plus en mesure de répondre aux appels d'offre pour les marchés publics, puisque celles-ci seraient interrompues.
"Il est essentiel que le Congrès agisse pour adopter les crédits pour l'exercice 2024 et soutenir la demande de financement supplémentaire de l'administration pour l'Ukraine, les besoins humanitaires mondiaux, des fonds pour aider à faire face à la crise migratoire et pour lutter contre les acteurs malveillants, en particulier en Afrique", a également souligné vendredi un porte-parole du département d'Etat .
"Les retards dans l'accès à ces fonds mettent en péril la sécurité nationale des Etats-Unis et cèdent le terrain à la Chine et à la Russie", a-t-il averti.
Le dernier "shutdown" avait été le plus long qu'aient connu les Etats-Unis. Il avait duré 35 jours entre décembre 2018 et janvier 2019, avec un blocage autour, cette fois, du financement du mur à la frontière avec le Mexique voulu par l'ancien président Donald Trump.
E.Borba--PC