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Présidentielle: dernière ligne droite, le débat Macron-Le Pen en ligne de mire
Dernière ligne droite pour les deux finalistes de la présidentielle avant le second tour du 24 avril: Emmanuel Macron et Marine Le Pen ferraillaient à distance lundi en tentant de déstabiliser l'adversaire, avant le grand débat très attendu de mercredi.
Rien n'est joué et si le président-candidat est toujours donné vainqueur, dans une fourchette de 53 à 55,5% contre 44,5 à 47% pour Marine Le Pen, il n'est pas à l'abri d'un faux pas ou d'une importante mobilisation de l'électorat anti-Macron. Une éventuelle forte abstention ajoute encore à l'incertitude.
Après la pause du dimanche de Pâques, retour lundi sur le terrain pour la candidate d'extrême droite avec son dernier déplacement à l'agenda, à Saint-Pierre-en-Auge (7.500 habitants) dans le Calvados, avant le débat de mercredi soir. "Je viens chercher la force du peuple" et "je suis très confiante, je pense que je vais gagner", a-t-elle lancé.
"Je souhaite que le débat se déroule sereinement. Nous n’avons pas du tout les mêmes idées, la même vision du pays, de ce que doit être l'économie, vers qui elle doit être tournée", a-t-elle indiqué lors d'un long bain de foule sous un soleil printanier, dans cette commune normande où elle était arrivée en tête le 10 avril avec près de 35% des voix, un peu plus six points devant le président sortant.
"J’espère que ça ne sera pas ce que j’entends depuis une semaine, une succession d’invectives, de fake news, d’outrances", a-t-elle encore plaidé. Après un débat raté en 2017, Marine Le Pen estime être mieux préparée.
"Elle doit prendre du temps, arriver détendue. Le programme, elle le maîtrise. Elle voit très bien où vont porter les attaques de M. Macron", a indiqué le maire RN de Perpignan Louis Aliot sur France Inter. "L'avantage de ce 2ème débat, c'est que M. Macron n'est plus dans la même position. Il a un bilan. Ca va pas être la même histoire".
Pour Emmanuel Macron, le débat de mercredi sera "un moment de clarification". Sur la forme, "l'enjeu est d'être persuasif et convaincant sans prendre un ton trop professoral", souligne son entourage.
- "Clivage profond" -
Emmanuel Macron a de son côté pris pour cible son adversaire sur un sujet régalien par excellence, la réforme des institutions, en se posant comme le garant du droit et du respect de la Constitution, espérant ainsi décrédibiliser Marine Le Pen.
"J'ai un clivage profond avec la candidate d'extrême droite, c'est que moi je suis pour réformer la Constitution en respectant les règles de la Constitution, ce qui me paraît justement être la définition même d'appartenir au champ républicain", a déclaré le président-candidat à France Culture dans un entretien enregistré vendredi et diffusé samedi.
"L'implicite de la démarche de Mme Le Pen, c'est qu'au fond, une fois élue, elle considère qu'elle est supérieure à la Constitution, puisqu'elle peut ne pas la respecter pour en changer les règles, ça c'est une rupture, et c'est grave", a pointé M. Macron.
La candidate du RN compte soumettre au référendum son projet de révision constitutionnelle sur l'immigration et l'inscription de la "priorité nationale".
Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes et soutien d’Emmanuel Macron, Clément Beaune, a également fustigé "des revirements, des incohérences et des inconséquences de Marine Le Pen sur des sujets qu’elle instrumentalise ou sur lesquels elle ne sait pas vraiment quelle est sa position".
"Sur le port du voile, elle le dit, elle l’a assumé même dans la rue, publiquement, qu’il fallait retirer pour tout le monde le voile dans l’espace public", a lancé le ministre. "C’est déraisonnable pour tout le monde et c’est contraire aux valeurs républicaines", a-t-il ajouté sur Sud Radio.
- "Problème complexe" -
Plusieurs lieutenants de la candidate d'extrême droite ont toutefois affirmé que cette interdiction du voile dans l'espace public, pourtant présente dans le projet initial de Marine Le Pen, n'était plus sa priorité dans la lutte contre l'islamisme. Marine Le Pen a admis que le voile constituait un "problème complexe" et qu'elle n'était "pas obtuse".
Et lundi, le Rassemblement national tentait toujours de clarifier sa position sur un sujet sensible.
La question du voile "est une affaire compliquée", a reconnu sur France Inter le maire RN de Perpignan: "Ce sera un débat parlementaire et, à ce moment-là, le choix sera fait. Mais il faut une politique qui tend, petit à petit, vers l’interdiction du voile dans l’espace public".
"Il ne s’agit pas pour nous de nous en prendre aux personnes. Ce que nous disons, c’est que toutes les femmes qui portent le voile ne sont pas des islamistes", a de son côté tenté d'argumenter sur Sud Radio, le maire RN de Fréjus (Var) David Rachline.
Ferreira--PC