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Macron ou Le Pen? L'Outre-mer vote déjà, la métropole se prépare
Emmanuel Macron ou Marine Le Pen? De premiers électeurs d'Outre-mer et de l'étranger votent dès samedi, décalage horaire oblige, pour un scrutin présidentiel aux enjeux cruciaux, avant l'ouverture des bureaux de vote dimanche matin en métropole.
Un habitant de 90 ans a été le premier à glisser un bulletin dans l'urne peu après 08h00 locales (12h00 à Paris) dans l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, au large du Canada.
Ce territoire ultramarin a donné le coup d'envoi des opérations de vote pour le second tour, qui ont également débuté en Guyane et dans les autres îles des Antilles. Celles du Pacifique et de l'océan Indien suivront un peu plus tard.
En Guyane, à l'école Henri-Agarande de Cayenne, les électeurs défilaient sans temps mort. Certains, comme des pompiers ou des employés des services techniques sont venus voter en tenue de travail. D'autres ont fait le déplacement en couple ou en famille.
- "Un droit essentiel" -
Pour Sandy Doro, une étudiante de 18 ans: "c'est un droit essentiel qu'il faut exercer". A côté d'elle, Lyvio Francius, étudiant du même âge, vote aussi pour la première fois mais sans grand enthousiasme: "C'est ma mère qui m'y a poussé et qui m'a emmené, sinon ça ne m'intéresse pas vraiment".
Au Palais des congrès de Montréal (Canada), de longues files d'électeurs, chaudement vêtus et masques anti-Covid sur le visage, étaient visibles samedi.
En métropole, les bureaux de vote ouvrent dimanche à partir de 08h00. Depuis vendredi minuit, la campagne est officiellement terminée. Avant les résultats dimanche à 20H00, aucune interview ni aucun sondage ou estimation de résultats ne peut être publié.
Quelque 48,7 millions de Français ont le choix, comme en 2017, entre deux candidats aux programmes radicalement opposés pour diriger un pays phare de l'Europe, dans un contexte international particulièrement tendu avec une guerre qui fait rage aux frontières de l'Union européenne.
Europe, économie, pouvoir d'achat, relations avec la Russie, retraites, immigration: tout ou presque sépare les deux rivaux, qui semblent incarner plus que jamais deux France, après un quinquennat émaillé de crises multiples, des "gilets jaunes" à la pandémie de Covid-19.
D'un côté, Emmanuel Macron, 44 ans, arrivé en tête au premier tour (27,85%), veut une nouvelle fois transcender les clivages gauche/droite pour s'imposer.
Donné favori dans les sondages, il espère devenir le premier président de la Ve République réélu au suffrage universel hors cohabitation. Il a appelé à faire barrage à l'extrême droite, promettant baisse d'impôts, réforme des retraites et davantage d'écologie.
De l'autre, Marine Le Pen, 53 ans, ambitionne de devenir la première représentante de l'extrême droite - un terme qu'elle récuse - et la première femme à investir l'Elysée.
Le 10 avril, elle était arrivée plus de quatre points (23,15%) derrière le président sortant. Sèchement battue il y a 5 ans (33,9% des voix), elle compte bien faire mentir les enquêtes d'opinion en rassemblant un large front anti-Macron sur la thématique de la défense du pouvoir d'achat et de la lutte contre l'immigration.
Environ 300 personnes, souvent jeunes, ont manifesté samedi à Lille contre l'extrême droite, dans un cortège où figuraient des drapeaux des jeunes communistes de France, de la CGT, de la France insoumise ou encore de la Ligue des droits de l'Homme.
- Risque d'une abstention élevée -
"Quel que soit le vainqueur, le pays sera forcément plus difficile à gouverner dans les cinq ans qui viennent", a estimé à l'AFP la politologue Chloé Morin.
"Si Emmanuel Macron est réélu, le mode de scrutin aux législatives devrait conduire à ce que (les) oppositions plus radicales soient assez faiblement représentées au Parlement. Elles seront donc davantage dans une opposition médiatique ou dans la rue que dans une opposition parlementaire ou dans une culture de compromis", selon elle.
Arbitre et grande inconnue du scrutin, l'abstention risque d'être élevée, voire plus forte dimanche qu'au premier tour (26,31%). Tout comme les bulletins blancs et nuls qui avaient atteint un record en 2017, attestant le refus de millions de Français de choisir entre les deux finalistes.
Dans leurs dernières enquêtes, les instituts Ifop et Ipsos Sopra Steria évaluent l'abstention entre 26% et 28%, soit en dessous du record pour un second tour de 1969 (31,1%).
Risque supplémentaire, les trois zones scolaires seront en vacances ce week-end, avec notamment le début du congé de printemps pour la région parisienne.
La participation en Outre-mer donnera donc samedi une première tendance.
D'autant plus que le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, fort de sa troisième place le 10 avril avec 21,95% des voix au niveau national, était arrivé largement en tête dans les Antilles, dépassant la barre des 50% en Guadeloupe, Martinique et Guyane.
Son électorat - plus grosse réserve de voix de l'entre-deux-tours - a été particulièrement courtisé par les deux finalistes. Mais de nombreux sympathisants LFI pourraient être tentés de bouder les urnes.
A.Silveira--PC