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Airbus tient bon malgré l'incertitude sur les droits de douane
Fort de ses bonnes performances financières, l'avionneur européen Airbus a maintenu mercredi ses prévisions pour 2025 en dépit de l'incertitude sur les droits de douane de Trump qu'il espère voir annulés ou compensés par les contre-mesures européennes.
Totalisant 793 millions d'euros au premier trimestre, le bénéfice net d'Airbus a bondi de 33% par rapport à la même période de l'an dernier. Le chiffre d'affaires a progressé de 6%, à 13,5 milliards d'euros, mieux que le consensus des investisseurs qui l'envisageaient entre 13 et 13,2 milliards.
"Nous maintenons nos prévisions, en excluant les droits de douane, qui ajoutent de la complexité et restent incertains quant à leur mise en œuvre, leur portée et leur durée. Nous surveillons et évaluons la situation de près, mais il est encore trop tôt pour en quantifier l’impact", a déclaré le patron d'Airbus, Guillaume Faury.
Airbus prévoit de livrer 820 avions commerciaux en 2025, contre 766 en 2024, où l'avionneur avait raté de peu ses prévisions annuelles "dans un environnement complexe".
A la fin du mois de mars 2025, Airbus affichait un carnet de commandes de 8.726 avions commerciaux, équivalant à dix années de production au rythme actuel.
- "Revenir" à zéro droit de douane -
Sa position est toujours confortable face à Boeing, son principal concurrent, même si ce dernier commence à montrer les prémices d'une résurgence après sa crise existentielle.
L'avionneur américain a engrangé entre janvier et mars un chiffre d'affaires de 19,50 milliards de dollars (+18% sur un an) et essuyé une perte nette de 123 millions de dollars, moins creusée qu'attendu. La production a pu reprendre début décembre et, au premier trimestre, Boeing a livré 130 avions commerciaux contre 83 seulement un an plus tôt.
Interrogé pour savoir si ses positions étaient alignées sur celles de Boeing concernant les droits de douane, M. Faury a répondu: "je suppose qu’il a lui aussi intérêt à revenir à la situation sans droits de douane" en place depuis 1979 pour l'industrie aéronautique, très mondialisée.
"Il est bon de garder à l’esprit que l’industrie américaine est un très grand exportateur dans le secteur aérospatial", a-t-il ajouté au cours d'une conférence téléphonique.
Airbus préfère approcher les autorités européennes "pour savoir ce qui pourrait être fait afin de revenir" à la situation d'avant.
Le président américain Donald Trump avait annoncé début avril de très lourds droits de douane mondiaux, avant de les ramener à un taux général de 10% sur tous les pays, et en fixant au 9 juillet la date limite pour négocier des traités commerciaux.
En cas de mesures de rétorsion, la filière européenne souhaiterait voir taxés les Boeing assemblés mais pas les composants, car sur ces derniers, l'avionneur américain pourrait bénéficier du "duty drawback", un mécanisme qui permet de se faire rembourser les droits de douane payés sur les pièces importées d'Europe pour être montées sur un avion ensuite vendu hors des Etats-Unis, a récemment expliqué un connaisseur du secteur à l'AFP.
Le patron d'Airbus a réaffirmé que le surcoût devait être pris en charge par le client comme ce serait le cas d'Airbus s'il devait importer des composants pour sa ligne d'assemblage à Mobile, aux Etats-Unis.
Airbus est en train de faire l'état des lieux des pièces et équipements disponibles sur chaque site.
"Nous devons donc prendre quelques décisions logistiques à court terme, en fonction du niveau de stocks disponibles", a-t-il souligné.
Alors que la Chine a gelé les livraisons de Boeing, Airbus ne pense pas profiter dans l'immédiat de cette situation pour augmenter le prix de ses avions face à une forte demande.
"Si la situation se stabilise et que l’environnement géopolitique évolue, cela pourrait avoir certaines répercussions. Mais nous sommes encore loin d’une situation stabilisée", a-t-il déclaré.
F.Cardoso--PC