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L'économie américaine en berne, Trump accuse Biden
L'économie américaine a viré au négatif au premier trimestre, un tournant spectaculaire que le président Donald Trump a imputé mercredi à son prédécesseur Joe Biden.
Le milliardaire républicain, qui a juré de rendre les Etats-Unis plus riches, est confronté à des chiffres montrant un recul du produit intérieur brut (PIB) du pays en début d'année, alors que l'économie américaine était encore florissante fin 2024.
En rythme annualisé, mesure privilégiée par les États-Unis, le PIB s'est contracté de 0,3%, selon une première estimation publiée mercredi par le ministère du Commerce.
Ce résultat - premier recul du PIB américain depuis 2022 - est nettement inférieur aux attentes de la majorité des analystes. Ceux-ci anticipaient tout de même un sérieux coup de frein pour la première économie mondiale, avec un PIB en toute petite hausse (+0,4%, selon le consensus publié par MarketWatch).
"Notre pays va décoller économiquement, mais d'abord nous devons nous débarrasser du reliquat de Joe Biden", a réagi Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, qui célèbre cette semaine les 100 premiers jours de son second mandat entamé le 20 janvier.
"Cela va prendre un moment, ça n'a rien à voir avec les droits de douane, c'est seulement qu'il nous a laissés avec de mauvaises statistiques", a affirmé le chef de l'Etat, en enjoignant à ses concitoyens d'"ETRE PATIENTS!!!"
- Poupées -
Un peu plus tard, en conseil des ministres, il est apparu confiant, vantant l'arrivée d'investissements massifs aux Etats-Unis.
Il a affirmé que la Chine était à l'inverse "assommée" par les droits de douane qu'il a imposés, avec des "usines qui ferment" dans tout le pays "parce qu'on n'achète plus leurs produits".
"Je ne voulais pas que ça arrive", a-t-il ajouté, disant "beaucoup apprécier" son homologue chinois Xi Jinping et "espérer" un accord avec Pékin.
Il a par ailleurs admis que la crise entre les deux pays, à coups de droits de douane prohibitifs, pourrait entraîner des ruptures d'approvisionnement et des hausses de prix côté américain.
"Peut-être que les enfants auront deux poupées au lieu de 30, et peut-être que les deux poupées coûteront quelques dollars de plus", a évacué Donald Trump.
Pour l'opposition démocrate, l'économie américaine va dans le mur.
Le chef de file des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a ainsi jugé que Donald Trump devait "reconnaître son échec, faire marche arrière, et virer immédiatement son équipe économique".
- Le poids de la ruée vers l'import -
Le recul du PIB au premier trimestre s'explique en grande partie par la règle de calcul selon laquelle les importations sont déduites de la production de richesse nationale.
Or les achats à l'étranger ont bondi au début de l'année, entreprises et consommateurs se pressant d'acquérir certains biens avant qu'ils ne coûtent plus cher avec les nouveaux droits de douane.
Revers de la médaille: les achats anticipés sont autant de dépenses en moins pour la suite, ce qui risque d'entraîner d'autres violents mouvements dans les prochaines publications.
L'économie américaine faisait auparavant plus que ronronner, avec une croissance en rythme annualisé de 2,4% au dernier trimestre 2024, du plein emploi et une inflation en passe d'être maîtrisée.
La nouvelle a fait plonger Wall Street à l'ouverture avant que les cours ne se reprennent en cours de journée.
Selon une note d'analyse de Wells Fargo, l'économie américaine fait actuellement face à un plus grand risque de récession qu'il y a un mois, "mais ce recul de 0,3% du PIB au premier trimestre n'en constitue pas le point départ", dans la mesure où les chiffres sont faussés par l'envolée des importations.
"Je considère d'ordinaire que l'impact des présidents sur la performance économique est surévalué, surtout pendant leurs 100 premiers jours", avait déclaré à l'AFP, avant la publication de mercredi, Tara Sinclair, professeure d'économie à l'université George Washington.
"Mais cette fois, avait-elle ajouté, c'est différent, parce que le bond des importations découle directement d'une stratégie d'évitement par les acheteurs des droits de douane du président."
Depuis avril, l'exécutif a considérablement augmenté les droits de douane sur les produits étrangers, et plus que doublé les surtaxes sur ceux venus de Chine.
Pékin a riposté par d'autres droits de douane, de quoi freiner les exportations américaines, un moteur de la croissance.
La consommation des Américains - autre carburant du PIB - est aussi sous surveillance, car plusieurs baromètres récents montrent que leur confiance dans l'avenir a chuté.
A.Santos--PC