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Les Etats-Unis tournent la page de la paralysie budgétaire
Les Etats-Unis ont officiellement tourné mardi la page de la paralysie d'une partie de l'administration fédérale qui aura duré trois jours sur fond de dissensions politiques autour de la police de l'immigration (ICE).
Le président Donald Trump s'est félicité à la Maison Blanche d'une "grande victoire pour le peuple américain" en signant le texte budgétaire adopté plus tôt par la Chambre des représentants.
Il permet de mettre fin au "shutdown" en vigueur depuis samedi du fait d'une âpre passe d'armes entre républicains et démocrates sur le financement de l'ICE, dont le rôle est au centre des critiques après la mort de deux Américains sous les balles d'agents fédéraux.
"Nous avons réussi à adopter un ensemble de mesures budgétaires responsables qui réduisent les dépenses fédérales inutiles tout en soutenant des programmes essentiels à la sécurité et à la prospérité du peuple américain", a encore commenté Donald Trump dans le Bureau ovale, entouré de responsables de son camp républicain coiffés de casquettes "L'Amérique est de retour".
Le texte a été adopté de justesse malgré le "non" de 21 républicains refusant catégoriquement de renégocier le budget du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), dont dépend l'ICE, une exigence des démocrates.
Vingt-et-un démocrates ont toutefois voté pour, compensant les voix de ces réfractaires républicains.
Soutenu par Donald Trump, le chef républicain de la Chambre, Mike Johnson, avait passé une bonne partie des deux derniers jours à négocier avec les élus réfractaires de son camp.
- Minneapolis -
Cette paralysie de l'administration centrale trouve son origine à Minneapolis, dans le nord des Etats-Unis.
Les démocrates s'indignent de la mort fin janvier d'Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans tué par balles par des agents fédéraux en marge de manifestations contre les opérations antimigrants des agents de l'ICE, dans cette métropole du Midwest.
Son décès est survenu moins de trois semaines après celui de Renee Good, également tuée par balle par des agents fédéraux à Minneapolis.
Depuis, les démocrates martèlent leur refus de voter tout budget pour le DHS sans importantes réformes de l'ICE.
Ils demandent notamment l'emploi systématique de caméras-piétons pour les agents, l'interdiction du port de la cagoule ou encore qu'un mandat judiciaire précède toute arrestation.
- "Négocier de bonne foi" -
"Personne n'est au-dessus de la loi. Les agents de l'ICE devraient être tenus aux mêmes règles que tout autre membre des forces de l'ordre dans ce pays", a déclaré Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate de la Chambre, lors d'une conférence de presse lundi au Capitole.
Le texte adopté mardi approuve cinq volets budgétaires sur six, tandis que la partie concernant le DHS fera l'objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.
"Nous avons deux semaines à présent pour négocier de bonne foi des deux côtés" de l'hémicycle, a déclaré Mike Johnson mardi.
En cas d'échec des négociations, le DHS pourrait se trouver alors seul en situation de paralysie budgétaire. Il disposerait toutefois de plusieurs milliards de dollars de fonds déjà approuvés l'an dernier par le Congrès dans un texte séparé.
Entre octobre et novembre dernier, les Etats-Unis avaient connu le plus long "shutdown" de leur histoire (43 jours), lors desquels républicains et démocrates avaient bataillé sur la question de subventions pour l'assurance santé de millions d'Américains.
J.Pereira--PC