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Israël: Netanyahu sous pression après un vote ouvrant la voie à des législatives anticipées
Israël: Netanyahu sous pression après un vote ouvrant la voie à des législatives anticipées / Photo: Ilia YEFIMOVICH - POOL/AFP/Archives

Israël: Netanyahu sous pression après un vote ouvrant la voie à des législatives anticipées

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se retrouve en position d'équilibriste mercredi après le vote au Parlement en lecture préalable d'un projet de loi visant à dissoudre l'assemblée, qui pourrait ouvrir la voie à des législatives anticipées.

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Sur les 120 députés siégeant à la Knesset, 110 ont jugé recevable le projet de loi présenté par des députés de la coalition au pouvoir, qui doit encore passer devant une commission avant trois nouveaux votes au Parlement.

S'il est finalement adopté, il entraînerait automatiquement la tenue d'élections passé un délai de 90 jours, alors que le prochain scrutin est actuellement prévu pour le 27 octobre.

Dissolution ou pas, le Premier ministre doit retrouver le soutien de ses alliés ultraorthodoxes, essentiels pour bâtir une coalition et dont le mécontentement a provoqué la crise parlementaire actuelle.

Ces partis reprochent à M. Netanyahu de ne pas avoir fait voter comme promis une loi qui mettrait à l'abri des obligations militaires les jeunes hommes étudiant dans des yéshivot (écoles talmudiques).

Profitant de ces remous, plusieurs partis d'opposition avaient annoncé leur volonté de dissoudre la Knesset, avant que le camp Netanyahu ne soumette la semaine dernière son propre projet de loi pour reprendre la main sur le calendrier électoral.

"Il se démène pour faire passer une loi profondément impopulaire auprès de sa base électorale, celle de l'exemption militaire pour les orthodoxes", avance l'analyste Myriam Shermer. "La dissolution de la Knesset (...) pourrait toujours être suspendue si l'exemption était votée avant".

Et "tout ceci pourrait de nouveau être chamboulé si les opérations (militaires) étaient renouvelées en Iran, suspendant le calendrier électoral", ajoute l'auteure du livre Elections 2026, Comprendre la politique israélienne. "En attendant, la coalition de M. Netanyahu semble sérieusement flancher".

- "La campagne électorale a commencé" -

Le chef du gouvernement, âgé de 76 ans et qui a gouverné le pays plus longtemps qu'aucun autre Premier ministre (plus de 18 années cumulées depuis 1996), rêve d'un ultime mandat alors qu'il est empêtré dans un procès au long cours pour corruption et dans l'attente d'une grâce présidentielle.

Bien que placé favorablement dans les sondages, il est tenu responsable par une majorité d'Israéliens de l'échec sécuritaire ayant permis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.

Par conséquent, il "ne veut pas que les élections aient lieu proche de la date du 7 octobre", affirme à l'AFP Gideon Rahat, professeur de science politique à l'Université hébraïque de Jérusalem. "Le débat porterait alors sur son énorme échec, il préfère donc les organiser avant".

"La campagne électorale a commencé aujourd'hui", a estimé mercredi le chef de l'opposition Yaïr Lapid. "Ce seront des élections pour choisir entre l'espoir et la peur. Entre ceux qui servent et ceux qui se dérobent, entre l'intégrité et la corruption, entre ceux qui assument leurs responsabilités et ceux qui ne font que rejeter la faute sur les autres".

"J'ai deux mots à dire au Premier ministre sortant: +c'est fini, tu peux lâcher+", a renchéri son colistier à la tête du nouveau parti d'opposition Beyahad (Ensemble), l'ancien chef du gouvernement Naftali Bennett.

Le dernier sondage publié mi-mai par la chaîne publique KAN donnait le Likoud en tête des intentions de vote avec une courte avance sur Beyahad, aucune de ces deux formations ne semblant en mesure de former un gouvernement compte tenu de la dispersion de l'électorat.

L.Torres--PC