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L'Iran affirme être prêt pour une "guerre d'usure", Trump juge le pays "proche de la défaite"
L'Iran a assuré mercredi être prêt pour une guerre longue, douze jours après le début des attaques américano-israéliennes, quand Donald Trump a estimé Téhéran "proche de la défaite".
Ce conflit régionalisé menace l'approvisionnement en pétrole de l'économie mondiale, le trafic étant paralysé dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique.
Face aux prix du baril qui grimpent, Donald Trump a annoncé que Washington allait puiser dans ses stocks de précaution dans l'objectif de "faire baisser les prix". Son ministre de l'Energie, Chris Wright, a précisé que 172 millions de barils qui allaient être libérés "à partir de la semaine prochaine".
Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - ont décidé plus tôt d'un déblocage record de 400 millions de barils dans leurs réserves stratégiques, avec l'espoir d'atténuer les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
"L'Iran est "proche de la défaite", a estimé le président américain mercredi soir, à la fin d'une journée de signaux contradictoires sur ses intentions.
- "Pas partir avant l'heure" -
Il a d'abord répété que la guerre allait se terminer "bientôt", jugé qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran et que l'"excursion" militaire américaine était "très en avance" sur le calendrier prévu.
Avant de lancer pendant un meeting dans le Kentucky: "Nous ne voulons pas partir avant l'heure, n'est-ce pas? Nous devons finir le boulot, non?", sans préciser à quels objectifs il pensait.
La première semaine de guerre a coûté aux Etats-Unis plus de 11 milliards de dollars, rapporte le New York Times en s'appuyant sur des sources parlementaires.
L'allié israélien de Washington, qui ne s'est fixé "aucune limite dans le temps", assure disposer encore d'un "vaste réservoir de cibles".
En face, les Gardiens de la Révolution iraniens se disent prêts à une longue campagne pour forcer Washington à la retraite en pilonnant les intérêts occidentaux.
Ali Fadavi, un représentant de cette armée idéologique, a brandi la menace d'une "guerre d'usure" à même de "détruire l'économie américaine entière" et "l'économie mondiale".
- Crainte d'un détroit miné -
Téhéran dit avoir frappé deux navires dans le détroit d'Ormuz.
Donald Trump a néanmoins promis qu'une "grande sécurité" régnerait bientôt dans ce goulot d'étranglement qui voit d'ordinaire passer un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).
Il a aussi assuré que "28 navires poseurs de mines" avaient été frappés, une crainte majeure de la communauté internationale étant de voir le détroit miné.
Dans les Etats du Golfe, les frappes de représailles iraniennes sont devenues une réalité quotidienne.
Le géant bancaire américain Citi et les cabinets de conseil britanniques Deloitte et PwC ont évacué ou fermé mercredi leurs bureaux à Dubaï après des menaces.
Deux drones sont tombés près de l'aéroport de la ville émiratie, blessant quatre personnes. "Il volait tellement bas que je l'ai vu très clairement", a témoigné un travailleur indien d'un terminal de fret, sous couvert d'anonymat.
Des réservoirs de carburant ont aussi été touchés à Oman et un champ pétrolier a été visé en Arabie saoudite.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a exigé "la cessation immédiate" des attaques iraniennes.
- Pétroliers attaqués -
Israéliens et Américains ont touché 13 fois des sites énergétiques iraniens, et au moins 25 attaques iraniennes ont visé des sites américains dans la région, selon des décomptes de l'AFP.
Les ports pourraient devenir une cible dans le conflit: l'armée américaine a appelé mercredi les civils iraniens à s'éloigner de ceux dans la région du détroit d'Ormuz, car s'ils sont "utilisés à des fins militaires, (ils) perdent leur statut protégé".
L'armée iranienne a répliqué qu'en cas d'attaque, "tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes".
Dans ce contexte, une attaque jeudi contre deux pétroliers dans le Golfe au large de l'Irak, dont l'origine est encore inconnue, a fait au moins un mort et "les recherches se poursuivent" pour retrouver "des disparus", selon l'autorité portuaire.
La télévision étatique a diffusé des images d'un navire en mer d'où s'élèvent d'impressionnantes boules de feu et des volutes de fumée.
Et le déblocage de centaines de millions de barils annoncé par Washington n'a pas apaisé le marché du pétrole. Vers 23H45 GMT, le baril de WTI, référence américaine, grimpait de 7,70% à 93,87 dollars.
La hausse se fait sentir loin des hostilités et force des pays à réagir, comme la Grèce qui a plafonné les marges sur le carburant.
- Frappes conjointes -
Israël poursuit ses attaques au Liban visant le Hezbollah pro-iranien. De lourdes frappes ont touché mercredi soir le sud de Beyrouth, selon des journalistes de l'AFP.
Les autorités libanaises, qui ont recensé plus de 800.000 déplacés, ont fait état jeudi matin d'au moins sept morts supplémentaires dans la capitale.
L'armée israélienne a également lancé une nouvelle vague de frappes "à grande échelle" sur Téhéran après que l'Iran a indiqué avoir mené une opération "conjointe" avec le Hezbollah contre une cinquantaine de cibles sur son territoire, décrite comme "un feu continu pendant cinq heures" de missiles et de drones.
Le Hezbollah dit avoir tiré des missiles vers une base des renseignements militaires israéliens.
Le président français Emmanuel Macron a appelé sur X Israël à "renoncer à une offensive terrestre" au Liban.
A Téhéran, la vie s'organise malgré les bombardements.
"Nous avons mis notre foi en Dieu. Pour l'instant, il y a de la nourriture dans les magasins", a confié Mahvash, un habitant de 70 ans.
Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, désigné dimanche pour succéder à son père tué au premier jour de la guerre, n'est toujours pas apparu publiquement.
Il aurait été "blessé" dans les frappes américano-israéliennes, selon la télévision d'Etat et l'ambassadeur iranien à Chypre, cité dans le Guardian.
Malgré les bombes, des foules d'Iraniens pro-pouvoir ont défilé dans la capitale pour les funérailles de dignitaires tués, encadrées par des forces spéciales lourdement armées, selon des journalistes de l'AFP.
Téhéran entend décourager toute manifestation d'opposition: le chef de la police, Ahmad-Reza Radan, assure que ses forces ont "le doigt sur la gâchette".
burs/es/vla
Ferreira--PC