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La guerre entre Iran et Etats-Unis continue, Ormuz quasi paralysé
Aucun signe d'accalmie entre l'Iran et les Etats-Unis après une semaine de frappes, qui se sont poursuivies mercredi, les deux parties réduisant en pièces le protocole d'accord en recommençant à bloquer le détroit d'Ormuz et les ports iraniens.
Les Etats-Unis ont lancé deux nouvelles salves distinctes de bombardements sur les côtes iraniennes et tiré sur un pétrolier qui tentait de forcer leur blocus, au lendemain de son rétablissement.
L'Iran, qui a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz le week-end dernier, a promis que cette voie maritime resterait fermée jusqu'à la fin des "agressions" américaines.
Téhéran a lui ciblé des installations américaines dans la région, une situation qui mine toujours plus les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable à la guerre déclenchée le 28 février par des bombardements israélo-américains.
Le président américain Donald Trump a toutefois annoncé dans la soirée la libération d'une citoyenne américaine retenue selon lui en Iran depuis 2024, saluant sur sa plateforme Truth Social un "geste de bonne volonté" de Téhéran.
L'avocat spécialiste des droits humains Jared Genser a affirmé dans un communiqué que la personne libérée était sa cliente Dena Karari, "une citoyenne américano-iranienne bloquée en Iran sous de fausses accusations de collaboration avec un Etat hostile et d'espionnage".
- Pétrolier "neutralisé" -
Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril, mais Téhéran est pour l'heure épargnée, comme les installations pétrolières et gazières du Golfe.
Ces tirs ont fait voler en éclats le protocole d'accord signé à la mi-juin, qui devait mettre fin aux hostilités.
"Un protocole d'accord n'a de sens que lorsque ses clauses sont valides et appliquées ; si l'Iran ne doit (en) tirer aucun bénéfice (...), nous n'avons aucune raison de nous y conformer", a déclaré mercredi le négociateur iranien en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un communiqué.
La ville portuaire de Bouchehr (sud), où se trouve la seule centrale nucléaire d'Iran, a encore été visée mercredi par Washington, comme les environs d'Iranshahr (sud-est). Sept militaires y ont été tués, selon l'armée iranienne, qui a recensé treize tirs de missiles américains.
"Les frappes ont encore réduit la capacité de l'Iran à attaquer les navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz", a indiqué l'armée américaine.
En toute fin de journée, elle a mené une deuxième salve de frappes poursuivant le même objectif.
Des explosions ont été entendues dans plusieurs villes iraniennes, dont Bandar Abbas (sud), Rask et Chabahar (sud-est), ainsi que sur l'île de Qeshm, ont rapporté les médias d'Etat.
Selon ces médias, un hôpital d'Ahvaz (sud-ouest) a été évacué à la suite de frappes américaines dans la région, et les patients ont été transférés vers d'autres établissements de santé.
Dans le cadre du blocus des ports iraniens réinstauré depuis 24 heures, un avion militaire américain a tiré sur un pétrolier vide qui tentait de le forcer. Le navire, identifié comme le M/T Belma, battant pavillon de Curaçao, a été "neutralisé", a précisé l'armée américaine.
- Sirène d'alerte -
"Les enfants sont tellement effrayés par le bruit des explosions qu'ils ne s'endorment pas avant le matin", témoigne Khadijeh, interrogée par l'AFP depuis Paris. "Les effets de la guerre resteront longtemps dans nos vies, nos esprits et notre santé mentale", ajoute cette artisane de 31 ans qui vit dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est).
"Nous ne vivons pas, nous survivons. Que Dieu mette fin à la guerre, puis aux difficultés économiques", prie Nadin, enseignante de 27 ans dans la même région.
Mercredi soir, des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions près du consulat des Etats-Unis à Erbil, au Kurdistan irakien, après des survols de drones qui ont conduit à l'activation de la défense anti-aérienne.
Au Koweït, déjà visé dans la journée, l'armée a indiqué dans la nuit de mercredi à jeudi répondre à des attaques de drones iraniens, alors que les sirènes d'alerte aérienne ont retenti à Bahreïn.
Dans le détroit d'Ormuz, passage situé dans les eaux iraniennes et omanaises par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux, le trafic s'est raréfié après l'attaque de plusieurs pétroliers, avec treize navires commerciaux recensés mardi par la société de suivi maritime Kpler.
Les cours du pétrole ont fait du surplace mercredi après l'envolée du début de semaine, le baril de Brent oscillant autour de 85 dollars.
En réimposant le blocus des ports iraniens, Donald Trump entend faire pression sur Téhéran, qui veut garder la main sur le détroit et n'autorise qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.
burx-san-es/ph/vla
P.Cavaco--PC