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Les marchés mondiaux rattrapés par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient
Les Bourses mondiales reculent mercredi, pénalisées par les tensions entre les États-Unis et l'Iran, l'absence de perspective rapide d'un accord pour mettre fin à la guerre, la poursuite de la hausse des prix du pétrole et les craintes grandissantes pour l'inflation et la croissance mondiale.
A Wall Street, les principaux indices ont ouvert en recul, reprenant leur souffle après avoir volé de records en records.
Dans les premiers échanges, le Dow Jones cédait 0,37%, l'indice Nasdaq à forte coloration technologique reculait de 0,34% et l'indice élargi S&P 500 de 0,26%.
En Europe, la Bourse de Paris reculait de 0,56%, le Dax de Francfort perdait 1,13%, et Milan reculait de 0,59% vers 14H00 GMT.
Même la Bourse de Londres cédait 0,13% malgré la hausse des valeurs pétrolières (BP +1,66% et Shell +1,56%), soutenues par les cours du brut.
"Les indices boursiers européens sont mis sous pression par l'annonce de nouvelles frappes iraniennes ayant touché certaines parties du Golfe, alors que les hostilités s'intensifient une nouvelle fois dans la région", commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Les Etats-Unis et l'Iran se sont attaqués mutuellement dans la nuit de mardi à mercredi, chacun accusant l'autre de violer un cessez-le-feu toujours plus fragile.
"On ne sait pas clairement si les discussions visant à mettre fin au conflit et à rouvrir le détroit (d'Ormuz) se poursuivent, mais les derniers développements suggèrent que les investisseurs ont peut-être été trop prompts à intégrer les effets du protocole d'accord promis la semaine dernière entre l'Iran et les États-Unis", poursuit l'analyste de XTB.
- Le pétrole toujours en hausse -
Les prix du pétrole s'inscrivent toujours en hausse mercredi pour la troisième séance consécutive, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du brut, gagnant 1,07% à 97,03 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, prenant 1,12% à 94,91 dollars le baril.
Le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transitait environ 20% de l'offre mondiale d'hydrocarbures avant le début de la guerre, "reste soumis à des contraintes, et les marchés de l'énergie fonctionnent toujours dans un contexte de perturbations, maintenant les prix du pétrole brut à des niveaux élevés par rapport à ceux observés avant le conflit", souligne Daniela Hathorn, analyste marchés pour Capital.com.
"Plus les perturbations autour du détroit d'Ormuz dureront, plus le risque augmentera que les stocks mondiaux de pétrole deviennent insuffisants pour compenser les pertes d'approvisionnement", souligne Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.
La hausse des cours du brut "combinée à des données du marché du travail américain plus solides qu'attendu, a apporté un soutien supplémentaire au dollar", relève-t-il, mais pénalise les devises des pays importateurs d'énergie.
Vers 14H00 GMT, le billet vert prenait 0,28% face à la monnaie unique, à 1,1600 dollar pour un euro.
- Les taux remontent, l'économie "sous pression" -
Les préoccupations persistantes concernant l'inflation alimentée par les prix de l'énergie élevés font remonter les taux d'intérêt des emprunts souverains sur le marché de la dette des Etats.
Le rendement du Bund allemand à dix ans revenait à 3,01% contre 2,97% la veille, et son équivalent français suivait (près de 3,64% vers 14H00 GMT contre 3,59% la veille).
Aux Etats-Unis également, "les rendements des obligations du Trésor américain ont légèrement progressé, les investisseurs se préparant à une nouvelle série de publications économiques majeures aux États-Unis, tandis que les tensions persistantes au Moyen-Orient continuaient d'assombrir le climat général de marché", relève M. Razaqzada.
Le taux de l'emprunt américain à échéance 10 ans s'établissait à près de 4,49% contre 4,44% mardi en clôture.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a par ailleurs abaissé mercredi sa prévision mondiale de croissance économique en établissant deux scénarios, selon la persistance ou non du conflit au Moyen-Orient jusqu'en 2027, mais elle a estimé que dans tous les cas, l'économie était "sous pression".
T.Resende--PC