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Bourses: les premiers doutes sur l'IA en plus des tensions au Moyen-Orient
Bourses: les premiers doutes sur l'IA en plus des tensions au Moyen-Orient / Photo: Kazuhiro NOGI - AFP/Archives

Bourses: les premiers doutes sur l'IA en plus des tensions au Moyen-Orient

Les Bourses européennes ne suivaient aucune direction claire vendredi, tiraillées entre les incertitudes qui persistent au Moyen-Orient et les premiers doutes dans le secteur de l'intelligence artificielle.

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"Au cours des 24 dernières heures, les marchés ont d'abord rebondi grâce au recul des prix du pétrole, puis sont repassés en mode défensif durant la nuit, les risques technologiques et géopolitiques revenant au premier plan dans l'esprit des investisseurs", résume l'analyste Florian Ielpo de la banque privée Lombard Odier.

Vers 08H00 GMT, Paris misait sur l'optimisme (+0,16%), Francfort temporisait (-0,13%), Londres (-0,03%) restait à l'équilibre. Milan reculait (-0,21%).

- Pétrole en baisse -

Les cours du pétrole se sont repliés jeudi avec la perspective d'un accord sur le Liban, malgré l'opposition du Hezbollah et la poursuite des frappes israéliennes sur le sud du pays.

Vendredi matin, le pétrole continuait de descendre vers 08H00 GMT, avec le Brent de la mer du nord à 94,53 dollars le baril (-0,53%) et le WTI américain à 92,22 (-0,88%).

"Le pétrole reste sensible à la persistance des tensions et aux détails d'un éventuel accord plus large", détaillent les analystes de Natixis.

Le marché était encore marqué vendredi par des prises de bénéfices dans le secteur de l'intelligence artificielle (IA), seul relais de croissance des marchés boursiers depuis le conflit lancé par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février.

"L'enthousiasme pour les valeurs liées à l'IA montre des signes d'essoufflement. Les solides résultats de Broadcom (semi-conducteurs) n'ont pas apporté la revalorisation des prévisions que les investisseurs espéraient", résume Anna Macdonald, directrice de la stratégie d'investissement chez Hargreaves Lansdown.

"Cela a déclenché une vague de ventes sur les actions de semi-conducteurs aux États-Unis, Nvidia étant le seul grand nom à enregistrer un gain lors de la séance d'hier", rappelle-t-elle.

A Francfort, le fabricant de puces Infineon (-4,50%, 81,22 euros) poursuivait vendredi matin sa glissade de la veille. A Paris, STMicroelectronics (semi-conducteurs) continuait également de reculer (-4% à 64,06 euros).

Le repli des valeurs de la tech touchait évidemment l'Asie, où l'indice Nikkei à Tokyo perdait 1,68% à 67.250,75 points, tandis qu'en Corée du Sud, le Kospi se repliait de 1,24% à 8.692,06 points. A Hong Kong, l'indice Hang Seng accusait une baisse de 1,47% à 25.256,89 points.

A Wall Street jeudi soir, la chute de Broadcom a accéléré "la rotation sectorielle" et le retour des capitaux vers des valeurs plus traditionnelles.

"Les secteurs financiers, de la santé, de l'immobilier et des services de communication ont ainsi pris le relais", relève John Plassard de Cité Gestion. "JPMorgan, Goldman Sachs, Visa, Johnson & Johnson et UnitedHealth ont figuré parmi les grands gagnants de la séance, confirmant le retour en grâce de valeurs plus traditionnelles après plusieurs mois de domination sans partage des géants de l'IA".

- En attendant SpaceX -

L'ensemble du secteur de la tech et de l'IA vit dans l'attente de l'entrée en bourse mi-juin de SpaceX, l'entreprise d'Elon Musk pour le déploiement d'infrastructures spatiales.

Ce compte à rebours peut aussi peser sur les marchés, "les investisseurs pouvant être tentés de prendre leurs bénéfices et de dégager des liquidités pour acheter des actions SpaceX à partir de la semaine prochaine", relève Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.

"La valorisation d'une entreprise comme celle-ci tient davantage du rêve que de la valeur", ajoute-t-elle au passage.

Du côté du marché obligataire, le Bund allemand affichait vendredi matin un rendement de moins de 3,02%, contre plus de 3,02% la veille. Pareil pour son équivalent français qui repassait de moins de 3,66% à 3,65%.

"Ce vendredi, l'attention se portera sur la publication des chiffres des créations d'emplois américaines (NFP). Le consensus anticipe un ralentissement des créations d'emplois, bien que le marché du travail demeure globalement stable", rappellent les analystes de Natixis.

F.Carias--PC