-
Le Pakistan réprime de plus en plus la liberté d'expression, selon les défenseurs des droits
-
30.000 km par an: le monde sauvera-t-il cet oiseau migrateur qui traverse les Amériques ?
-
Ski: Goggia, victorieuse à Kvitfjell, décroche son premier globe du super-G
-
Le point sur le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz
-
Ultimatum de Trump à l'Iran, qui menace en retour de frapper des infrastructures clés
-
Slovénie: Golob contre Jansa, deux personnalités diamétralement opposées
-
Municipales: les électeurs votent à un second tour à suspense
-
L'Italie organise un référendum très débattu sur la réforme judiciaire
-
Slovénie: coude à coude aux législatives entre un libéral et un pro-Trump
-
Au Danemark, Mette Frederiksen tente de décrocher un troisième mandat de Premier ministre
-
Municipales: les électeurs votent au second tour à haut suspense
-
L'Iran menace de frapper des infrastructures clés après un ultimatum de Trump
-
Cuba touchée par une deuxième panne de courant nationale en moins d'une semaine
-
Les Slovènes votent entre le libéral Golob et le pro-Trump Jansa
-
Attentats de Bruxelles: la Belgique unie dans le recueillement, dix ans après
-
Municipales: un second tour à haut suspense
-
Plus de 100.000 fans rassemblés pour le concert de BTS à Séoul, selon leur label
-
"Effrayant": deux missiles iraniens s'abattent sur le sud d'Israël, une centaine de blessés
-
Deux missiles iraniens s'abattent sur le sud d'Israël, une centaine de blessés
-
Nouveaux records de chaleur battus dans le centre des Etats-Unis
-
L'Iran frappe le sud d'Israël, des dégâts et une centaine de bléssés
-
Ligue 1: le PSG assomme Nice et reprend la tête
-
Top 14: Montpellier nouveau dauphin, le Stade français frappe fort
-
Mondiaux d'athlé en salle: l'or sans record pour Duplantis, record du monde à l'heptathlon
-
Ski de fond: Richard Jouve prend sa retraite, après deux médailles olympiques
-
Tir de missile iranien près d'un site nucléaire israélien, après une frappe sur Natanz
-
Israël: plus de 30 blessés dans une frappe iranienne sur une ville abritant un centre de recherche nucléaire
-
Athlétisme: Yann Schrub, du record d'Europe du 10 km au bronze mondial du 3.000 m
-
Athlétisme: Yann Schrub décroche la médaille de bronze sur 3.000 m aux Mondiaux en salle
-
Robert Mueller, le procureur de l'enquête russe, est mort, Trump s'en félicite
-
Top 14: Montpellier et le Stade français comme des grands
-
Biathlon: Jeanmonnot et Perrot valident leur 3e petit globe chacun
-
Les présidents kényan et ougandais relancent l'extension d'une ligne ferroviaire
-
Pour sortir de l'impasse budgétaire, Trump menace d'envoyer la police de l'immigration aux aéroports
-
Cyclisme: un Pogacar épique remporte son premier Milan-Sanremo malgré une chute
-
Des Sud-Africains par milliers dans la rue contre les pressions de Trump et son ambassadeur "dérangé"
-
Les Etats-Unis affirment avoir détruit une importante installation iranienne dans le détroit d'Ormuz
-
Les présidents kényan et ougandais inaugurent l'extension d'une ligne ferroviaire
-
Les rois de la K-pop BTS enflamment Séoul avec un gigantesque concert pour leur retour
-
L'Iran accuse Israël et les Etats-Unis d'avoir frappé le site nucléaire de Natanz
-
Climat: Extinction Rebellion occupe une passerelle parisienne avant le 2e tour des municipales
-
Elon Musk visé par un signalement de la justice française aux autorités américaines
-
Les rois de la K-pop BTS enflamment Séoul avec un gigantesque concert de retour
-
L'acteur de "Buffy contre les vampires" Nicholas Brendon meurt à 54 ans
-
En Finlande, des plongeurs s'entrainent à explorer les eaux polaires
-
De Gaza au Liban, le médecin qui répare les enfants fauchés par la guerre
-
Malgré de nouvelles frappes, les Iraniens nombreux pour la prière de l'Aïd
-
Nouvelles révélations sur la bataille d'Hastings, défaite d'Harold face à Guillaume le Conquérant
-
Quels sont les cargos qui traversent le détroit d'Ormuz ?
-
La gare de Marseille-Saint-Charles, laboratoire de la concurrence ferroviaire en France
L'Etat au pied du mur dans la lutte de Sisyphe contre les algues vertes
Dans quelques semaines, le tractopelle reprendra son ballet quotidien pour récupérer des tonnes d'algues vertes sur la plage du port de Binic, illustration des carences de l’État dans la lutte contre ce fléau qui touche la Bretagne depuis un demi-siècle.
A l'approche de l'été et de l'arrivée des touristes, le phénomène, qui dure depuis 1971, suscite comme chaque année l'exaspération d'élus et d'associations, à Binic comme ailleurs.
Il est temps "que les pouvoirs publics prennent enfin leurs responsabilités" dans cette lutte de Sisyphe contre les algues vertes, réclame une motion adoptée à l'automne dernier par le conseil municipal de Binic (Côtes-d'Armor).
"Il faut changer de braquet ", résume le sénateur Bernard Delcros (Union centriste), auteur d'un rapport sur ce fléau.
Même la justice considère l'action de l’État insuffisante. En juin 2021, le tribunal administratif de Rennes a annulé le Plan d'action régionale (PAR, 6è du nom) de lutte, enjoignant à l’État qu'il comporte "toute mesure supplémentaire utile de maîtrise de la fertilisation azotée" en agriculture.
Car la prolifération des algues vertes en Bretagne est "à plus de 90% d'origine agricole", comme le précise un rapport de la Cour des comptes de 2021.
- "réglementation plus contraignante" -
Pour le sénateur du Cantal, "il faut réorienter (...) l'agriculture intensive développée à partir des années 1960 (...) du fait de la densité d'élevages" en Bretagne, première région agricole française.
Dans les années 60, le taux de nitrate était inférieur à 5mg/litre et il n'y avait pas d'algues vertes sur les côtes bretonnes. Il a rapidement grimpé jusqu'à dépasser en moyenne les 50mg/l dans les années 1990, valant à la France deux condamnations (2002 et 2013) pour infraction à la législation européenne.
Depuis, ce taux est revenu dans les clous mais ne baisse plus -voire remonte- depuis 2014, se situant actuellement à 31,7mg/l en moyenne, bien au-dessus du chiffre de 10mg/l qui permettrait, selon les scientifiques, d'espérer voir enfin le bout du tunnel.
Longtemps, les collectivités ont géré au mieux la situation en s'en tenant au curatif puisqu'elles n'ont pas de pouvoir légal pour agir préventivement. Ce n'est qu'à partir de 2009, après la mort d'un cheval et la survie miraculeuse de son cavalier, que les pouvoirs publics ont pris conscience du danger sanitaire.
Aux côtés de multiples dispositifs sectoriels, deux plans de lutte contre les algues vertes (Plav) ont été mis en œuvre depuis 2010 et le troisième est en préparation. Mais, pour les agriculteurs des bassins concernés, qui représentent seulement 7% de la surface agricole utile (SAU) de la région, l'adhésion aux recommandations se fait sur une base volontaire, avec une incitation financière modeste.
Le sénateur Delcros plaide pour "une règlementation plus contraignante et spécifique à ces territoires" et "un renforcement des moyens de contrôle".
"Le taux de contrôle a chuté de 72% en dix ans", rappelle Arnaud Clugery, directeur de l'association Eau et Rivières de Bretagne (ERB).
- "résistances" -
Si le préfet de région, Emmanuel Berthier, se félicite du "doublement de l'enveloppe" affectée à ces plans, portée à 10 millions d'euros, M. Delcros relève: "La PAC, c'est 430 millions d'euros pour la Bretagne. Dans les secteurs à algues vertes, certaines de ces aides pourraient être conditionnées à de nouvelles pratiques".
L’État dispose aussi d'autres leviers. La moitié des agriculteurs vont partir à la retraite dans les dix ans, une "occasion de privilégier des projets porteurs de nouvelles pratiques environnementales", considère le sénateur.
"L’État doit être plus ferme. (...) On voit bien qu'il y a des résistances", analyse Thierry Andrieux, président du syndicat mixte de la baie de Saint-Brieuc.
Ces "résistances", Magalie Bourblanc les étudie depuis plus de 15 ans. La chercheuse en sciences politiques, au Cirad à Montpellier, relève que le syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, et les institutions sont "beaucoup dans la cogestion, la confiance, la compréhension mutuelle" depuis les années 1990.
"On est dans du corporatisme", estime M. Clugery. Sous pression syndicale, "il est indéniable, qu'à partir de 2005, une série de décisions (gouvernementales) ont clairement permis un détricotage de l'encadrement réglementaire de l'élevage en Bretagne" mis en place par la circulaire Voynet-Le Pensec en 1998.
La pression peut aussi s'exercer sur les scientifiques, par exemple en instillant le doute sur la qualité de leur travail. C'est ce qui est arrivé à Alain Menesguen, chercheur à l'Ifremer pendant 39 ans où il scrutait les algues vertes.
"On m'a interdit de contact avec les médias pendant un an", relate-t-il. "Il ne fallait pas parler de seuils" comme ce fameux taux de nitrate de 10mg/l préconisé par le scientifique depuis 1998. Pourquoi ? "Peur de déplaire aux politiques, peur de déclencher une révolte dans les campagnes", explique le chercheur.
L'emploi -140.000 postes avec l'agroalimentaire, formaté pour cette agriculture productiviste- reste l'argument invoqué pour justifier cette "inertie", selon le terme d'ERB.
Pourtant, d'autres secteurs peuvent en souffrir.
Difficile d'estimer le préjudice subi par l'économie régionale, notamment le tourisme qui représente près de 60.000 emplois (8% du total). Pour la présidente du comité régional, Anne Gallo, "on n'a jamais observé un véritable impact sur le tourisme lié à ce phénomène, ni de perte d'attractivité".
En 2010, la Cour des comptes détaillait pourtant la situation de la commune de Saint-Michel-en-Grève, sinistrée par cette pollution: entre autres, au fil des ans, cinq des six hôtels avaient fermé.
- réduire les cheptels -
Rappelé à l'ordre par ces rapports, l’État s'est remis à l'ouvrage. Un haut-fonctionnaire en charge des algues vertes, Étienne Guillet, a été nommé pour trois ans.
Finaliser le prochain Plan algues vertes (2022-2027) lui revient. Celui-ci associera, explique-t-il, du "curatif" -ramassage des algues en mer et à terre- et du "préventif". Après consultations, il s'agira d'arrêter "des indicateurs mesurables, réalistes et acceptables" qui, à partir de 2025, deviendraient "réglementaires".
En clair, "trois ans de plus sans contrainte, alors que c'est urgent", s'indignent les associations.
Pourtant, la réduction de la densité d'animaux, évoquée officiellement en Bretagne dès 2004, n'est plus taboue. Fin 2020, la chambre régionale d'agriculture, pilotée par la FNSEA, a affirmé la nécessité de "produire moins".
Les Pays-Bas, premier exportateur européen de viande avec une densité en porcs comparable à la Bretagne, ont décidé de réduire leur cheptel de 30% face à la dégradation environnementale.
Pour Arnaud Clugery, "l'honnêteté serait d'admettre la réduction des cheptels comme un levier du changement et de l'accompagner économiquement plutôt que de la laisser subir par les éleveurs...".
P.Sousa--PC