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Aux discussions pré-COP31 à Bonn, plusieurs États dénoncent des "attaques" sur la science climatique
Les négociations cruciales en amont du sommet de la COP31 à Bonn ont été entravées par un "petit groupe défendant les intérêts des énergies fossiles" qui s'en est pris, à huis clos, aux données scientifiques sur le changement climatique, selon des représentants.
Des représentants de dizaines de pays en développement, de l'Union européenne (UE) et de la Suisse ont exprimé des inquiétudes sur le fait que certains pays cherchaient à saper le consensus scientifique sur le réchauffement climatique, lors des négociations sur le climat qui doivent s'achever jeudi dans l'ancienne capitale fédérale allemande.
"Il existe des intérêts puissants qui cherchent désespérément à protéger leur richesse et leur influence", a déclaré mercredi le chef de la délégation fidjienne, Sivendra Michael, entouré de partisans portant des t-shirts arborant le slogan "La science n'est pas négociable".
"Nous voyons certains pays prendre le processus en otage alors que des populations vulnérables souffrent du stress thermique, des marées exceptionnelles, des tempêtes, de la sécheresse et de la famine", a-t-il ajouté.
C'est à Bonn que sont rédigés les textes et que les divergences sont aplanies en amont des décisions qui seront prises par les dirigeants politiques lors de la COP31, la conférence sur le climat parrainée par l'ONU, qui doit débuter le 9 novembre à Antalya, en Turquie.
Les discussions préparatoires ont été marquées par "des attaques coordonnées dans toutes les salles de négociation de la part d'un petit groupe défendant les intérêts des énergies fossiles", a déclaré Manjeet Dhakal, conseiller auprès du bloc des 44 pays les moins avancés.
- Obstacle -
Ces pays ont tenté de supprimer les références au Giec, le groupe d'experts scientifiques de l'ONU sur le changement climatique, ainsi que la nécessité de limiter le réchauffement à 1,5°C dans les projets de textes en cours de négociation, a précisé Sivendra Michael.
Aucun pays n'a été cité nommément.
Mais l'Arabie saoudite, pays riche en pétrole, s'est opposée, non seulement durant les discussions à Bonn à toute formulation exprimant des inquiétudes concernant le phénomène climatique El Niño, mais aussi à demander au Giec de fournir des mises à jour régulières sur la science du climat, a rapporté le bulletin indépendant Earth Negotiations Bulletin.
L'Inde a aussi suggéré de supprimer toute référence à des "changements irréversibles", a ajouté le bulletin, qui suit les négociations des traités de l'ONU et est autorisé à assister à des discussions qui ne sont généralement pas ouvertes aux journalistes ni au public.
L'Arabie saoudite et d'autres États riches en pétrole ont été accusés de faire obstacle à l'action climatique en exploitant le processus fondé sur le consensus qui régit les sommets de la Conférence des Parties (COP) parrainés par l'ONU.
L'Inde, l'Arabie saoudite et la Chine ont fait pression en mars pour que la publication de la prochaine grande évaluation climatique du Giec soit reportée d'un an, jusqu'en 2029, une initiative à laquelle s'est opposée l'UE, entre autres.
- "Extrêmement préoccupée" -
"L'UE appelle toutes les parties à défendre la science, à soutenir le Giec et à promouvoir l'intégrité de l'information, ici à Bonn et au-delà", a déclaré Demetris Psyllides, représentant de l'Union européenne, qui regroupe 27 pays.
Les scientifiques affirment qu'il est essentiel de maintenir le réchauffement climatique aussi près que possible de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels pour éviter les pires impacts du changement climatique.
Cette limite a été convenue par près de 200 pays dans le cadre de l'Accord de Paris de 2015, mais elle pourrait être dépassée d'ici 2030.
Mardi, la présidente et négociatrice en chef de l'Alliance des petits États insulaires s'est dite "extrêmement préoccupée par les tentatives visant à dissocier et à remettre en cause les meilleures données scientifiques disponibles" à Bonn.
La diplomate samoane Anne Rasmussen a ainsi exhorté tous les pays à "cesser de jouer au chat et à la souris. N'abandonnez pas votre engagement envers l'objectif de 1,5°C".
F.Santana--PC