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La Russie affirme avoir tué des "saboteurs" ukrainiens, risque d'embrasement

La Russie affirme avoir tué des "saboteurs" ukrainiens, risque d'embrasement

La Russie a affirmé lundi avoir tué sur son sol cinq "saboteurs" venus d'Ukraine, nourrissant encore la crainte d'une invasion imminente, quelques heures après avoir déjà douché les espoirs occidentaux d'un sommet russo-américain pour parvenir à une désescalade.

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Selon l'armée russe, citée par les agences de presse, "cinq personnes appartenant à un groupe de saboteurs et de renseignement ayant violé la frontière de la Russie ont été éliminés". Elle a assuré aussi que des véhicules de l'armée ukrainienne avaient pénétré en territoire russe pour évacuer leurs hommes.

Le ministère ukrainien de l'Intérieur a démenti l'incident, assurant qu'aucun soldat n'avait franchi la frontière ni n'avait été tué.

Selon les Occidentaux, Moscou a positionné environ 150.000 militaires aux frontières de l'Ukraine, tant en Russie qu'au Belarus.

Peu avant, le Kremlin avait douché les espoirs d'un sommet des présidents américain Joe Biden et russe Vladimir Poutine pour tenter de trouver une issue diplomatique à la pire crise entre Moscou et l'Occident depuis la Guerre froide, qualifiant de "prématurée" l'idée d'une telle rencontre annoncée par Paris.

Les tensions, qui n'ont cessé de croître ces derniers mois, se sont embrasées depuis trois jours avec la multiplication de heurts dans l'est de l'Ukraine, où les forces de Kiev et des séparatistes pro-Moscou s'affrontent depuis 2014. Ces derniers ont appelé lundi M. Poutine à reconnaître leur indépendance et à mettre en place une "coopération en matière de défense".

- Poutine tient conseil -

Signe des efforts européens pour éviter une guerre, le président français Emmanuel Macron a eu deux entretiens téléphoniques dimanche soir avec M. Poutine, et un autre avec M. Biden.

Le chancelier allemand Olaf Scholz devait lui aussi s'entretenir au téléphone avec le maître du Kremlin lundi.

M. Poutine a dit à M. Macron dimanche qu'il n'était "pas contre les sommets", mais qu'il fallait auparavant "comprendre ce qui en résulterait", a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, dont une rencontre avec son homologue américain Antony Blinken est prévue pour jeudi.

Ajoutant aux tensions, Moscou a affirmé lundi qu'un tir d'artillerie en provenance d'Ukraine avait détruit une dépendance d'un poste-frontière russe dans la région de Rostov. Kiev a catégoriquement démenti cette allégation et accusé la Russie de "produire de fausses informations" pour justifier une agression militaire.

Les regards sont désormais braqués sur une réunion à Moscou du Conseil de sécurité, qui regroupe les principaux responsables militaires et des services de renseignement, que M. Poutine devait présider lundi.

- "La guerre, la vraie" -

Sur le terrain, dans l'est de l'Ukraine, les affrontements se poursuivaient lundi, Kiev faisant état de 14 bombardements des rebelles prorusses, dans lesquels un soldat a été blessé.

Les séparatistes accusent Kiev de préparer une offensive généralisée et ont décrété une mobilisation générale, alors que l'armée ukrainienne dit rester sur ses positions.

Les rebelles ont fait état de trois civils morts dans des bombardements ces dernières 24 heures, ainsi que de l'explosion d'un dépôt de munitions dans la région de Novoazovsk, accusant des "saboteurs ukrainiens" d'en avoir été responsables.

Toujours selon eux, 21.000 personnes sont privées d'eau à cause de bombardements ukrainiens.

Ces assertions n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante et les Occidentaux soutiennent qu'elles font partie d'un scénario russe visant à tenter de justifier une intervention, Moscou n'ayant cessé de mettre en garde contre le "génocide" que Kiev serait en train d'orchestrer.

La Russie a assuré lundi qu'au moins 61.000 personnes avaient été "évacuées" des zones séparatistes vers son territoire.

"C'est la guerre, la vraie", estime Tatiana Nikoulina, 64 ans, qui fait partie de ces personnes acheminées de la région de Donetsk vers la ville russe de Taganrog. Depuis le début du conflit en 2014, "ils n'ont pas pu trouver de compromis et c'est pourquoi tout cela continue".

Non loin, Svetlana, 58 ans, se dit "très fatiguée", mais espère qu'elle pourra "rentrer à la maison".

- La Bourse dévisse -

Moscou et Kiev s'accusent d'être responsables de cette flambée de violences dans un conflit qui a fait plus de 14.000 morts depuis son déclenchement en 2014, dans la foulée de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie.

Les Russes se défendent de tout projet d'invasion de l'Ukraine, mais ne donnent pas les raisons du déploiement de dizaines de milliers d'hommes, appuyés par des chars et autres lances-missiles.

Le Kremlin réclame en revanche la fin de la politique d'élargissement de l'Otan et son retrait d'Europe de l'Est, des demandes rejetées par les Occidentaux.

Ces derniers ont menacé Moscou de sanctions dévastatrices en cas d'offensive contre l'Ukraine, des menaces balayées par la Russie.

Signe toutefois de l'inquiétude des marchés, les indices boursiers russes ont chuté d'environ 10% lundi après-midi.

burx-gkg/alf/mj

G.Machado--PC