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Le Hamas annonce la mort de son numéro 2 dans une frappe attribuée à Israël près de Beyrouth
Le numéro deux du Hamas a été tué dans une frappe attribuée à Israël près de Beyrouth mardi, ont annoncé le mouvement islamiste palestinien et deux responsables libanais, près de trois mois après le début du conflit à Gaza entre le Hamas et Israël.
Exilé au Liban depuis plusieurs années, Saleh al-Arouri a été tué avec ses gardes du corps dans une frappe imputée à l'armée israélienne qui a visé le bureau du Hamas dans la banlieue sud de la capitale libanaise, fief du Hezbollah pro-iranien, selon deux responsables libanais de la sécurité.
La télévision du Hamas a confirmé la mort de Saleh al-Arouri dans "une frappe sioniste". Un haut responsable du mouvement islamiste, Ezzat al-Rishq, a assuré que la mort de Saleh al-Arouri n'entraverait pas "la vaillante résistance" du peuple palestinien.
Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué "ne pas commenter les informations des médias étrangers".
Le Premier ministre libanais a de son côté dénoncé un "nouveau crime israélien (qui) vise à entraîner le Liban dans une nouvelles phase de confrontation" avec Israël.
- Façade détruite -
Cette frappe imputée à Israël accentue encore les craintes de voir le conflit qui l'oppose au Hamas entraîner la région dans une spirale de violences. La frontière israélo-libanaise était déjà le théâtre quasi-quotidien d'échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah, qui soutient le Hamas, mais jamais une frappe n'avait touché les abords de la capitale libanaise.
Mardi soir, de nombreux habitants avaient afflué aux abords de l'immeuble touché, dont la façade apparaissait très endommagée sur deux étages. A travers les murs totalement éventrés d'un de ces étages, plusieurs silhouettes de personnes étaient visibles, tentant apparemment de relever des éléments sur la frappe, qui a fait au total six morts selon l'agence officielle libanaise.
Après avoir passé près de vingt ans au total dans les prisons israéliennes, Saleh al-Arouri avait été libéré en 2010 à la condition qu'il s'exile. Sa maison, vide, avait été détruite à l'explosif par l'armée israélienne en Cisjordanie occupée fin octobre, selon des témoins.
Le Hamas avait mené le 7 octobre une attaque d'une ampleur inédite sur le sol israélien, faisant 1.140 morts, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes, et prenant environ 250 personnes en otage --dont plus de 100 avaient été libérés fin novembre lors d'une trêve, en échange de prisonniers palestiniens.
En réaction, Israël a juré de "détruire" le mouvement islamistes palestinien, classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis, Israël et l'Union européenne, et pilonne depuis la bande de Gaza, soumise à un siège total depuis le 9 octobre.
La guerre a coûté la vie à 22.185 personnes à Gaza, majoritairement des femmes, des adolescents et des enfants, a annoncé mardi le Hamas, qui dirige le territoire depuis 2007.
Malgré les demandes pressantes de la communauté internationale à un cessez-le-feu, l'armée israélienne se prépare à des "combats prolongés", qui devraient durer "tout au long de l'année", a prévenu son porte-parole, Daniel Hagari.
- "Victoire claire" -
"L'idée que nous pourrions nous arrêter bientôt est erronée. Sans une victoire claire, nous ne pourrons pas vivre au Proche-Orient", a renchéri le ministre de la Défense Yoav Gallant, qui a rendu visite mardi à des soldats --dont 173 sont morts dans la bande de Gaza depuis le début du conflit.
Sur le terrain, des témoins ont fait état, dans la nuit de lundi à mardi, de tirs de missiles en direction de la ville de Rafah (sud) et de bombardements autour du camp de réfugiés de Jabaliya (nord).
Des combats ont également été signalés dans les zones d'al-Maghazi et de Bureij, ainsi qu'à Khan Younès, grande ville du sud du territoire, devenue l'épicentre des opérations de l'armée israélienne.
Celle-ci a assuré mardi avoir tué "des dizaines de terroristes" au cours des derniers jours à Gaza où elle dit avoir découvert et détruit "des entrées de tunnels". Le ministère de la Santé du Hamas a de son côté annoncé mardi la mort de 70 personnes au cours des dernières 24 heures dans des raids israéliens.
Le Croissant-Rouge palestinien a déclaré sur le réseau social X (anciennement Twitter) que ses locaux à Khan Younès avaient été visés par des frappes israéliennes. Selon le ministère de la Santé du Hamas, elles ont fait quatre morts, dont un nourrisson.
Dans l'hôpital Nasser de Khan Younès, Fathi al-Af se tient debout à côté d'un de ses enfants assis sur un brancard, les cheveux couverts de poussière grise.
"Nous étions dans les locaux du Croissant-Rouge, nous sommes des civils évacués de Gaza, nous avons fui la mort (...). Ils nous ont dit d'aller au Sud, que ce serait sûr, mais ce sont des menteurs", déclare-t-il en pleurs auprès de l'AFPTV .
- "Tout le monde est terrifié" -
La guerre a provoqué d'immenses destructions et un désastre humanitaire dans le territoire palestinien, où la famine menace et la plupart des hôpitaux hors service.
Les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza --dont 85% ont été déplacés selon l'ONU-- sont confrontés à de graves pénuries de nourriture, d'eau, de carburant et de médicaments.
Malgré une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU exigeant l'acheminement de l'aide humanitaire, les camions d'aide entrent toujours au compte-gouttes.
Les efforts internationaux, notamment de l'Egypte et du Qatar, pour arracher une nouvelle trêve, ne se sont pas concrétisés. Fin novembre, une trêve d'une semaine avait permis la libération de plus de 100 otages et l'entrée à Gaza d'une aide limitée.
Selon le site américain Axios, citant des sources israéliennes anonymes, le Hamas a proposé dimanche un nouveau plan pour un échange d'otages contre des prisonniers palestiniens, mais il a été écarté par le gouvernement israélien.
Mardi, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh a de son côté assuré --avant la frappe qui a tué Saleh al-Arouri-- que les otages encore détenus à Gaza ne seraient libérés qu'aux conditions fixées par le mouvement, lors d'une allocution télévisée.
M.Gameiro--PC