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En zappant le New Hampshire, la campagne de Biden passe sous les radars
Tandis que tous les yeux sont rivés sur Donald Trump, favori pour remporter la primaire républicaine du New Hampshire mardi, le président Joe Biden a lui décidé de zapper cet Etat, faisant passer sa campagne sous les radars, au risque d'un faux départ.
Le New Hampshire donne traditionnellement le coup d'envoi des primaires vouées à désigner les deux candidats qui s'affronteront pour la Maison Blanche.
Mais cette fois, le nom du président actuel ne figurera pas sur les bulletins de vote de la primaire démocrate, à cause de désaccords sur ce calendrier électoral.
A l'initiative de partisans, des électeurs écriront toutefois tout de même son nom lors du scrutin. En comptant ces voix, Joe Biden prend ainsi le risque d'arriver troisième dans cet Etat du nord-est, derrière deux autres candidats: le démocrate Dean Phillips et l'écrivaine Marianne Williamson, auteure de livres sur le développement personnel.
Joe Biden considère l'État "comme acquis (...) Il devrait faire campagne dans le New Hampshire, il devrait se présenter devant les électeurs", a taclé M. Phillips lors d'un récent débat avec Mme Williamson, auquel M. Biden n'a pas participé.
"Il devrait être sur le bulletin de vote dans le New Hampshire, pour l'amour du ciel. C'est le président", a-t-il ajouté.
Lors des primaires en 2020, Joe biden avait largement perdu dans cet Etat très majoritairement blanc et avait ensuite était sauvé par le fort soutien des Afro-Américains dans l'Etat de Caroline du Sud.
- Vache sacrée -
Une fois élu, il avait demandé à la direction du parti démocrate de placer la Caroline du Sud avant le New Hampshire et l'Iowa dans le calendrier, pour bénéficier d'une meilleure dynamique de départ. Mais le New Hampshire, contrôlé par les républicains et pour qui le fait d'être le premier Etat à lancer les primaires est une vache sacrée, a fermement refusé.
Les militants locaux, bien que déçus et agacés que Joe Biden ne participe pas au vote, ont décidé de faire savoir à ses partisans qu'ils peuvent tout de même inscrire son nom sur les bulletins.
Samedi, une vingtaine d'entre eux ont bravé le froid hivernal de Manchester, la capitale de l'Etat, en chantant et avec des pancartes: "Demandez-moi si je peux écrire Joe Biden".
Le candidat et élu au Congrès Dean Phillips est sorti les voir pour leur offrir des cafés.
"Nous sommes tous frustrés que (Biden) ne soit pas sur le bulletin de vote", a déclaré Kathy Sullivan, 69 ans, avocate à la retraite de Manchester.
"Mais nous mettons cela de côté parce qu'il est vraiment important que Joe Biden batte Donald Trump en novembre."
Dan Seferian, 62 ans et retraité, venu de Reading (Massachusetts) avec sa femme Colleen, a reproché à Marianne Williamson et Dean Phillips de ne pas soutenir la campagne de réélection de Joe Biden.
"Je pense qu'ils devraient soutenir le parti et le président sortant. Phillips est un jeune homme. Il pourrait se présenter en 2028. Il aurait dû attendre son tour", a-t-il déclaré à l'AFP.
- Frustration -
Certains donateurs soutenant le président craignent qu'inscrire le nom de Joe Biden sur les bulletins de vote ne lui inflige une défaite inutile, en poussant les observateurs à se demander combien de voix ont été obtenues.
Le vote pourrait ainsi être malgré tout analysé comme une mesure de la popularité du président, alors que le résultat aurait sans cela simplement pu être ignoré.
Les présidents démocrates qui cherchent à se faire réélire obtiennent généralement environ 80% des voix lors des primaires dans le New Hampshire, et les stratèges du parti estiment que Joe Biden devrait obtenir environ 60% des voix pour éviter l'humiliation.
"Une victoire est une victoire, et je pense que nous pouvons l'obtenir", a déclaré Donna Soucy, élue dans le New Hampshire et coprésidente de la campagne.
"Nous avons travaillé très dur sur cet effort (d'écrire le nom de Biden) dans tout l'État, et je pense que les électeurs aujourd'hui - ceux d'entre nous qui sont ici dans le froid - sont la preuve de l'enthousiasme pour le président Joe Biden."
Elle a reconnu la frustration suscitée par la non-participation de Biden, mais a rejeté la faute sur les responsables du parti à Washington, plutôt que sur le président lui-même.
"Il est un peu plus compliqué d'exprimer notre soutien dans cette élection, mais nous allons quand même le faire parce que nous sommes dévoués à notre président", a-t-elle dit.
P.Cavaco--PC