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Confusion en Namibie où les élections se sont prolongées
Confusion au lendemain des élections en Namibie: avant même le moindre résultat partiel du scrutin le plus disputé depuis l'indépendance, la confusion régnait jeudi à la mi-journée à propos de la fermeture des bureaux de vote, dont les horaires ont été prolongés indéfiniment en raison d'interminables files.
Des couacs en cascade, des pannes électroniques aux pénuries de bulletins, mêlés à un "niveau de participation remarquable", d'après la commission électorale, ont provoqué parfois jusqu'à douze heures d'attente mercredi.
Face à ce chaos, les bureaux de vote ont reçu l'ordre de poursuivre les opérations "sans durée spécifiée" par la commission électorale.
"Dans plusieurs bureaux, on votait encore ce matin", a indiqué jeudi à l'AFP un porte-parole de la commission électorale, Siluka De Wet, dans l'incapacité de confirmer si les opérations avaient cessé à 11H00 locales (9H00 GMT).
Les représentants des partis politiques ont été invités par cette même commission à participer à une réunion à 12H00, a précisé à l'AFP Immanuel Nashinge, porte-parole de la principale formation d'opposition, les Patriotes indépendants pour le changement (IPC).
Le rendez-vous doit "faire le point sur les processus post-électoraux", selon la lettre de la commission transmise aux partis, unanimement indignés par la situation de confusion.
L'IPC a accusé la commission de "tenter délibérément de dissuader les électeurs de voter".
A l'université des Sciences et Technologie dans la capitale Windhoek, les opérations de vote n'ont pris fin qu'à 5H00, ont raconté à l'AFP des assesseurs ensommeillés qui, en dépit de la nuit blanche, poursuivaient le dépouillement.
- Electeurs "avides de changement" -
Ces électeurs "déterminés", qui ont voté pendant la nuit, sont "un signal que les gens sont avides de changement", estime auprès de l'AFP Ndumba Kamwanyah, professeur à l'Université de Namibie. "Ca ne ressemble pas à une bonne nouvelle pour le parti en place."
"C'est navrant d'attendre pendant des heures pour qu'il y ait des défaillances comme une pénurie de bulletins. Les électeurs se sont déplacés, mais la commission électorale nous a trahis", s'est désolé Reagan Cooper, cultivateur de 43 ans, parmi la centaine d'électeurs naufragés sur les marches de l'hôtel de ville.
Armés de patience, de chaises pliantes et de parapluies pour venir à bout de files progressant toute la journée à un rythme placide, les Namibiens ont piétiné parfois jusqu'à douze heures, sous un soleil de plomb avant de pouvoir voter.
Netumbo Nandi-Ndaitwah ("NNN"), figure à 72 ans de la lutte pour la libération, affronte la concurrence de l'ex-dentiste et avocat Panduleni Itula, 67 ans.
Fondateur en 2020 de l'IPC, il avait réuni 29,4% des suffrages à la présidentielle de 2019, sans disposer de parti à l'époque.
Chômage massif, inégalités persistantes et renouvellement des générations ont érodé le soutien à la Swapo sur ce territoire désertique qui figure parmi les premiers fournisseurs mondiaux d'uranium.
"Mon père était un héros de la libération. Je n'abandonnerai pas la Swapo, c'est ma famille. Mais je veux qu'elle soit mise au défi", témoigne Marvyn Pescha, un auto-entrepreneur de 50 ans, habitant de Katutura, principal township de Windhoek. "Certains dirigeants opportunistes ont terni la réputation du parti en l'utilisant à des fins d'enrichissement personnel", regrette-t-il.
A l'issue de trois décennies de règne de la Swapo, mouvement d'inspiration marxiste du temps de la lutte contre l'occupation de l'Afrique du sud de l'apartheid, la Namibie demeure selon la Banque mondiale, le deuxième pays le plus inégalitaire de la planète, après justement l'Afrique du Sud.
La Swapo peut craindre le même sort que ses partis de libération frères dans la région, affaibli comme l'ANC en Afrique du Sud ou balayé comme le BDP au Botswana.
L.Henrique--PC