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La France table sur un déficit public à 5,4% du PIB et une croissance à 0,9% en 2025
La France vise un déficit public de 5,4% du PIB en 2025, supérieur à la projection de 5% du précédent gouvernement, et abaisse sa prévision de croissance à 0,9% cette année contre 1,1% avant la censure, a annoncé mardi le nouveau Premier ministre François Bayrou.
"Les prévisions de croissance à la suite en particulier de la crise née du vote de la motion de censure (du gouvernement Barnier en décembre, NDRL) ont toutes été revues à la baisse", a-t-il dit lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée.
"Nous ne voulons pas ignorer ces avertissements. Le gouvernement a donc décidé de revoir sa prévision de croissance pour 2025, elle était de 1,1% avant la censure, nous la fixons à 0,9%, conformément aux prévisions de la Banque de France", a-t-il développé.
L'objectif de déficit public sera fixé à 5,4% du produit intérieur brut (PIB) pour cette année, avec le maintien de l'objectif de le ramener en 2029 au maximum de 3% toléré par la Commission européenne.
Pour y parvenir, "des économies importantes seront proposées pour la suite", a souligné François Bayrou, sans les détailler.
Concernant la fiscalité, il a estimé que les entreprises devaient être "prémunies contre des augmentations exponentielles d’impôts et de charges". Il ne s'est pas prononcé sur une éventuelle taxe visant les hauts revenus.
Le ministre de l'Economie, Eric Lombard, avait indiqué début janvier viser un effort budgétaire de 50 milliards d'euros en 2025, qui s'appuierait principalement sur des économies plutôt que des hausses d'impôts.
En 2024, le déficit public de la France devrait atteindre 6,1% du PIB, un dérapage pour la deuxième année consécutive qui vaut à la France d'être épinglée par Bruxelles pour déficit excessif.
A la fin septembre, la dette publique atteignait 113,7% du PIB à 3.303 milliards d'euros, faisant de la France le pays affichant le ratio d'endettement le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce et l'Italie.
Le Premier ministre a également dit vouloir "trouver des méthodes d'organisation de l'Etat qui ne requerront pas d'augmentation de nos dépenses publiques" et "repenser tous nos budgets".
Il a notamment annoncé la création d'un fonds spécial "entièrement dédié à la réforme de l’État", estimant que les "1.000 agences ou organes de l"Etat" actuels constituent "un labyrinthe dont un pays rigoureux peut difficilement se satisfaire".
Ce fonds sera financé par des actifs "en particulier immobiliers, qui appartiennent à la puissance publique de façon à pouvoir investir, par exemple dans le déploiement de l'intelligence artificielle dans nos services publics", a-t-il déclaré.
T.Batista--PC