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Ukraine, sécurité: réunion européenne à Paris pour répondre à l'"accélération" de Trump
Une dizaine de dirigeants de pays de l'UE et de l'Otan se réunissent lundi à Paris avec l'objectif de définir une réponse commune pour la sécurité du Vieux continent et faire face à l'"accélération" de l'administration américaine sur l'Ukraine.
Dimanche, le Royaume Uni s'est dit prêt à envoyer "si nécessaire" des troupes "sur le terrain" en Ukraine pour "contribuer aux garanties de sécurité" du pays.
Londres, qui est un allié de premier plan de Kiev, aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens et le Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué qu'il rencontrerait "dans les prochains jours" le président américain Donald Trump.
La réunion de Paris intervient quelques jours après l'appel du président américain à son homologue russe Vladimir Poutine et leur décision de négocier directement sur l'Ukraine lors d'un prochain sommet en Arabie saoudite. Il a déclaré dimanche qu'une rencontre avec Vladimir Poutine pourrait intervenir "très bientôt".
Elle se tient également au lendemain d'une conférence sur la Sécurité à Munich où le discours hostile du vice-président américain J.D. Vance à l'encontre de ses alliés a sidéré les Européens.
"Nous considérons qu'il y a, en conséquence de l'accélération sur le dossier ukrainien, en conséquence aussi de ce que disent les dirigeants américains, une nécessité pour les Européens de faire plus, mieux et de manière cohérente pour notre sécurité collective", a souligné dimanche un conseiller du président français Emmanuel Macron.
Seront présents à cette réunion présentée comme informelle: M. Macron, les chefs de gouvernement de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de l'Italie, de la Pologne, de l'Espagne, des Pays-Bas et du Danemark, ainsi que le président du Conseil européen, la présidente de la Commission européenne et le secrétaire général de l'Otan.
La relation transatlantique traverse une passe particulièrement délicate, les initiatives de Donald Trump inquiétant les Européens, qui craignent d'être exclus d'un processus sur un dossier les concernant au premier chef.
Les initiatives américaines "sont une chance, au sens où elles peuvent permettre d'accélérer la sortie de la guerre en Ukraine mais évidemment encore faut-il s'entendre et voir à quelles conditions la sortie de la guerre peut être actée", a noté le conseiller, en insistant sur "les besoins de souveraineté et de sécurité de l'Ukraine comme de l'Europe".
L'Ukraine va entrer le 24 février dans la quatrième année de la guerre déclenchée par l'invasion à grande échelle par la Russie. Et son président, Volodymyr Zelensky, a exhorté ses alliés européens à éviter un accord forgé par les Américains "dans le dos" de Kiev et de l'Europe.
- Garanties de sécurité -
L'Europe doit maintenant "tirer les conséquences" de tous les débats initiés depuis plusieurs années sur la souveraineté européenne, selon la présidence française.
"A court terme, nous allons devoir garantir que la paix en Ukraine soit durable. Et à court terme, les Américains vont très certainement revoir leur niveau d'engagement, y compris sur le plan géographique, dans l'Otan: cela appelle de notre part un vrai réveil, et même un bond en avant, pour prendre notre place dans la sécurité du continent européen", a résumé dimanche le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot sur la chaîne LCI.
Samedi, le Premier ministre britannique Keir Starmer avait déclaré que l'Europe "devait jouer un rôle plus important dans l'Otan".
Les discussions à venir entre Européens concernent notamment "les garanties de sécurité qui peuvent être données" à l'Ukraine.
M. Barrot a indiqué que des discussions étaient en cours sur le déploiement de troupes, notamment françaises, britanniques, et polonaises, "trois grandes armées" européennes, pour garantir un futur cessez-le-feu et une "paix durable" en Ukraine.
"Nous sommes prêts et disposés à contribuer aux garanties de sécurité pour l'Ukraine en envoyant nos propres troupes sur le terrain si nécessaire", a en tout cas écrit dans le quotidien Daily Telegraph le Premier ministre britannique, Keir Starmer.
"D'une manière ou d'une autre, nous participerons aux discussions" sur l'Ukraine, a martelé le chef de la diplomatie française, alors que l'envoyé spécial de M. Trump, Keith Kellogg, a laissé entendre le contraire lors de la conférence de Munich.
"Je fais partie de l'école réaliste, je pense que ça ne va pas se produire", a dit M. Kellogg.
Ce dernier a aussi rejeté toute réintégration de la Russie dans le G7, "inimaginable aujourd'hui", alors que celle-ci a été souhaitée par Donald Trump au lendemain de son appel avec Vladimir Poutine.
Moscou a été exclu de ce forum diplomatique après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014.
G.Teles--PC