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Les alliés de l'Ukraine espèrent un tournant mais veulent éviter une "capitulation"
Une trêve "dans les semaines à venir", la Russie ouverte à une participation européenne dans le règlement du conflit: les alliés de l'Ukraine se prennent timidement à espérer un tournant après plus de trois années de guerre, tout en mettant en garde contre un accord qui équivaudrait à la "capitulation" de Kiev.
Lundi à Washington, le président français Emmanuel Macron a essayé d'infléchir la position de son homologue américain Donald Trump, comme le fera jeudi le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier, M. Trump a renversé la politique américaine à l'égard de l'Ukraine. Il a multiplié les invectives envers son président Volodymyr Zelensky, allant jusqu'à lui attribuer la responsabilité de la guerre, négocié directement avec la Russie en laissant Kiev et les Européens à l'écart, et fait miroiter à Moscou "des opérations majeures de développement économique".
La guerre en Ukraine pourrait prendre fin "d'ici quelques semaines", a assuré lundi M. Trump, déclarant en outre que M. Zelensky pourrait venir à la Maison Blanche "cette semaine ou la suivante" pour parapher un accord sur l'accès des Américains aux minerais ukrainiens, exigé par Washington en compensation de son soutien militaire à Kiev.
"Si elle n'est pas respectée, cela sera la meilleure preuve du fait que la Russie n'est pas sérieuse", a-t-il ajouté.
- Force européenne -
M. Macron avait auparavant estimé que son homologue américain avait "de bonnes raisons" de renouer le dialogue avec le président russe Vladimir Poutine.
Une nouvelle rencontre entre diplomates russes et américains est prévue en fin de semaine, selon Moscou, après celle du 18 février en Arabie saoudite des ministres des Affaires étrangères des deux pays, Sergueï Lavrov et Marco Rubio.
De leur côté, le Royaume-Uni et la France travaillent à un plan de déploiement d'une force européenne en Ukraine, une fois un accord de paix conclu, afin de dissuader la Russie d'attaquer une nouvelle fois. Les deux pays espèrent en contrepartie de "solides garanties de sécurité" américaines.
M. Trump a assuré lundi que M. Poutine accepterait ce scénario. Et ce même si après sa rencontre avec M. Rubio, M. Lavrov avait affirmé que "le déploiement de troupes, de forces armées des pays de l'Otan, mais sous un drapeau étranger, sous le drapeau de l'Union européenne ou sous des drapeaux nationaux (...) est absolument inacceptable pour nous".
M. Poutine s'est cependant dit ouvert lundi à une participation européenne au règlement du conflit.
"Les Européens, mais aussi d'autres pays, ont le droit et la possibilité de participer. Et nous respectons cela", a-t-il déclaré lors d'un entretien télévisé.
Les Etats-Unis se sont alliés lundi à la Russie lors de votes sans précédent à l'ONU sur le conflit ukrainien, poussant leur idée d'une paix rapide sans condamnation de Moscou, ni défense de l'intégrité territoriale de l'Ukraine dont 20% du territoire est occupé par la Russie.
M. Lavrov a prévenu que Moscou ne cessera les hostilités que lorsque les négociations aboutiront à un résultat "qui conviendra à la Russie".
Moscou réclame notamment que Kiev lui cède cinq régions entièrement ou partiellement occupées, et qu'elle renonce à rejoindre l'Otan.
- "Capitulation" -
Ce qui fait craindre aux Européens que l'accord recherché par Washington ne signifie en fait la défaite pure et simple de l'Ukraine.
"Nous voulons la paix. Cette paix ne peut pas signifier la capitulation de l'Ukraine", a ainsi averti Emmanuel Macron à Washington.
L'invasion russe de l'Ukraine, déclenchée le 24 février 2024 sur ordre de Vladimir Poutine, a provoqué le pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, faisant des dizaines, voire des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et détruisant des villes entières sous les bombardements.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prédit que Vladimir Poutine n'allait rien céder. "Son objectif reste la capitulation de l'Ukraine", a-t-elle averti.
"Cette année devrait être l'année du début d'une paix réelle et durable", a déclaré lundi Volodymyr Zelensky en présidant à Kiev un sommet avec une vingtaine de dirigeants étrangers. "Poutine ne nous donnera pas la paix, ni ne nous l'accordera en échange de quoi que ce soit. Nous devons gagner la paix par la force, la sagesse et l'unité."
Il a cependant proposé à Moscou un échange de tous les prisonniers de guerre comme premier pas vers la paix. "La Russie doit relâcher les Ukrainiens. L'Ukraine est prête à échanger tous pour tous, et c'est une façon juste de commencer", a-t-il dit.
E.Ramalho--PC