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Trump met sur le dos de Biden le recul du PIB américain au premier trimestre
Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi que les mauvais chiffres publiés sur l'économie des Etats-Unis, dont un recul du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, étaient le "reliquat" de son prédécesseur Joe Biden et que les droits de douane qu'il a mis en place n'y étaient pour rien.
Le milliardaire républicain, qui a juré de rendre les Etats-Unis plus riches, est confronté mercredi à des chiffres montrant un recul du PIB du pays au premier trimestre, alors que l'économie américaine était encore florissante fin 2024.
Le PIB, qui mesure la création de richesse nationale, a diminué lors des trois premiers mois de l'année couvrant le début du second mandat de Donald Trump, dont la politique douanière a suscité une onde de choc dans le monde et au sein même de son pays.
En rythme annualisé, mesure privilégiée par les États-Unis, le PIB s'est contracté de 0,3%, selon les données publiées mercredi par le ministère du Commerce.
Cela représente un recul de 0,1% par rapport au trimestre précédent.
Ce résultat est nettement inférieur aux attentes de la majorité des analystes qui anticipaient toutefois un sérieux coup de frein (+0,4%) pour la première économie mondiale.
"Notre pays va décoller économiquement, mais d'abord nous devons nous débarrasser du reliquat de Joe Biden", a réagi le président Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
"Cela va prendre un moment, ça n'a rien à voir avec les droits de douanes, c'est seulement qu'il nous a laissés avec de mauvaises statistiques", a ajouté le chef de l'Etat, en enjoignant ses concitoyens à "ETRE PATIENTS!!!"
Les marchés financiers ont accusé le coup. Les Bourses européennes ont basculé dans le rouge après la publication du PIB américain. Et Wall Street a ouvert en nette baisse.
- Le poids des importations -
Le recul du PIB au premier trimestre découle en grande partie d'une règle arithmétique, qui fait que les importations se soustraient dans son calcul.
Or les achats à l'étranger ont bondi au début de l'année, résultat selon les experts de la volonté des entreprises de prendre de vitesse l'imposition de nouveaux droits de douane et profiter des conditions antérieures au remodelage au forceps de l'économie initié par Donald Trump.
"La baisse du PIB au premier trimestre reflète en premier lieu une hausse des importations (...) ainsi qu'une baisse des dépenses de l'Etat fédéral", est-il souligné dans le rapport officiel.
Le gouvernement Trump s'est aussi lancé dans des coupes claires dans les dépenses publiques.
L'économie américaine faisait auparavant plus que ronronner, avec une croissance de 2,4% au dernier trimestre 2024 (en rythme annualisé), du plein emploi et une inflation en passe d'être maîtrisée.
D'après une autre publication mercredi matin, les créations d'emploi dans le secteur privé américain ont fortement ralenti en avril, s'affichant en dessous des attentes.
Un autre indicateur est attendu dans la matinée aux Etats-Unis, le PCE, indice qui sert à la fois de jauge d'inflation et de consommation.
Ces données sont publiées alors que le locataire de la Maison-Blanche célèbre les 100 premiers jours de son second mandat entamé le 20 janvier.
- En valoir la peine -
"Je considère d'ordinaire que l'impact des présidents sur la performance économique est surévalué, surtout pendant les 100 premiers jours du mandat", avait déclaré à l'AFP avant la publication du PIB Tara Sinclair, professeure d'économie à l'université George Washington.
"Mais cette fois, avait-elle ajouté, c'est différent, parce que le bond des importations découle directement d'une stratégie d'évitement par les acheteurs des droits de douane du président."
Depuis avril, l'exécutif a considérablement augmenté les droits de douane sur les produits étrangers, et plus que doublé les surtaxes sur ceux venus de Chine.
Pékin a riposté par d'autres droits de douane, de quoi freiner les exportations américaines, par ailleurs visées par des appels au boycott.
Un effet boule de neige ravageur n'est pas exclu: des consommateurs qui revoient leurs priorités, des distributeurs avec moins de choses à vendre, des transporteurs privés de biens à convoyer, des plans sociaux...
"Même le gouvernement admet que ce sera douloureux à court terme, et la question qu'on se pose maintenant c'est: +Est-ce que ça en vaudra la peine pour les citoyens américains?+" reprenait Tara Sinclair.
Selon elle, la politique douanière, censée favoriser l'industrie nationale, est actuellement trop erratique pour inciter les entreprises à développer le "made in USA".
"Le risque, c'est qu'on ne fabrique pas davantage aux Etats-Unis, et qu'on perde dans le même temps la capacité d'acheter bon marché à l'étranger", avait remarqué Mme Sinclair.
Ferreira--PC