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Retour du calme à la frontière de l'Inde et du Pakistan, allocution attendue de Modi
Le Premier ministre indien Narendra Modi doit s'adresser lundi soir à son pays, deux jours après le cessez-le-feu qui a mis un terme à la plus grave confrontation militaire de son pays avec le Pakistan en deux décennies.
M. Modi, qui ne s'était pas exprimé depuis le début des hostilités mercredi dernier, s'adressera à la Nation à 14H30 GMT, ont précisé ses services.
Pour la première fois depuis plusieurs nuits, l'armée indienne n'a fait lundi matin état d'aucun incident significatif le long de la "ligne de contrôle" (LoC) qui sépare la région contestée du Cachemire entre l'Inde et le Pakistan.
La semaine dernière, l'Inde et le Pakistan se sont retrouvés au seuil d'une nouvelle guerre ouverte, échangeant les attaques de drones, les tirs d'artillerie et les frappes de missiles sur leurs sols.
Tout a démarré mercredi avant l'aube, lorsque des missiles indiens ont détruit sur le sol pakistanais des camps censés abriter le groupe jihadiste que New Delhi soupçonne d'avoir assassiné 26 civils le 22 avril dans sa partie du Cachemire.
Accusé de soutenir ce mouvement, le Pakistan a fermement démenti toute implication dans l'attaque et a aussitôt riposté, replongeant les deux puissances nucléaires rivales dans les pires heures du dernier conflit ouvert qu'elles se sont livré en 1999.
Selon leurs décomptes très partiels, ces combats ont tué une soixantaine de civils des deux camps.
Alors que les hostilités ne montraient aucun signe de ralentissement, Donald Trump a créé la surprise samedi après-midi en annonçant avoir arraché "un cessez-le-feu total et immédiat".
- Contact téléphonique -
Les deux capitales ont rapidement confirmé s'être accordées - "directement", a tenu à préciser New Delhi - pour rengainer leurs armes.
Quelques heures plus tard, l'Inde et le Pakistan se sont accusés de "violations répétées" de la trêve, alors que de violentes détonations secouaient la nuit Srinagar, la principale ville du Cachemire indien, et plusieurs endroits du territoire indien.
Mais le calme est revenu à l'aube des deux côtés de la frontière, ont constaté les journalistes de l'AFP.
Des responsables militaires des deux pays devaient échanger au téléphone lundi "en soirée" pour discuter de la situation sur le terrain, a fait savoir l'état-major indien.
Dimanche soir, les hauts-gradés des deux camps se sont bruyamment félicités, photos et vidéos à l'appui, d'avoir rempli leur mission, en évitant soigneusement de faire état de leurs pertes.
"Les pertes font partie du combat", a concédé devant la presse le général AK Barthi, de l'armée de l'air indienne. "Mais la seule question est de savoir si nous avons atteint notre objectif. Et la réponse à cette question est un oui éclatant".
Le même aviateur a refusé de commenter les affirmations du Pakistan, qui dit avoir abattu cinq chasseurs indiens dont trois Rafale dernier cri de fabrication française. "Tous nos pilotes sont rentrés", s'est-il contenté d'assurer.
Deux heures plus tard, le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Ahmed Chaudhry, a salué avec le même enthousiasme "un succès sur le champ de bataille" de ses troupes.
- Prudence -
"Nous avons tenu la promesse que nous avions faite à notre peuple", a-t-il ajouté, se vantant que "des dizaines de drones pakistanais ont survolé l'Inde, notamment New Delhi".
Signe du retour à la normale, l'Autorité indienne de l'aviation civile a annoncé lundi la réouverture "immédiate" au trafic aérien de 32 aéroports du quart nord-ouest de son territoire.
Malgré ce cessez-le-feu, la prudence reste toutefois de mise dans les populations, encore sous le choc de la violence des derniers jours.
"Un cessez-le-feu signifie que tout est réglé mais ce n'est clairement pas le cas", a confié à l'AFP Kuldeep Raj, 56 ans, un habitant du village indien de Kotmaira, victimes samedi soir de tirs d'artillerie pakistanais malgré la trêve.
"Cela fait 50 ans que je vis le long de la LoC. Les trêves sont annoncées et les échanges de tirs reprennent quelques jours plus tard", a lancé en écho Mohammed Munir, un fonctionnaire pakistanais de 53 ans vivant à Chakhoti.
L'Inde et le Pakistan revendiquent l'entière souveraineté du Cachemire depuis leur indépendance en 1947.
En annonçant le cessez-le-feu, Donald Trump avait évoqué samedi des discussions en vue d'une "solution au Cachemire". Une source gouvernementale à New Delhi a toutefois rapidement écarté cette éventualité.
"Les relations (entre les deux pays) vont rester hostiles, les relations vont rester difficiles", prédit Praveen Donthi, analyste au centre de réflexion International Crisis Group (ICG).
burs-pa/pt
H.Silva--PC