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Iran: les proches de Kohler et Paris exhortent l'Etat français à les faire libérer
Les familles de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis plus de trois ans, ont alerté jeudi sur la situation de leurs proches, dont "la survie" est désormais en jeu selon elles, et exhorté l'Etat français à les faire libérer immédiatement.
La justice iranienne a annoncé mardi la condamnation des deux Français à des peines de 20 ans de prison pour Cécile Kohler et 17 ans de prison pour Jacques Paris, notamment pour espionnage au profit des services de renseignement français et israélien.
"Tous deux ont été arbitrairement condamnés (...) à de très lourdes peines de prison. Les motifs d'inculpation, quels qu'ils soient, sont totalement infondés", a déclaré jeudi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, appelant à "leur libération immédiate".
"Chaque jour de détention qui passe engage la responsabilité de l'Etat français sur la survie de Cécile et Jacques", avait affirmé quelques heures plus tôt Noémie Kohler, soeur de Cécile, lors d'une conférence de presse.
La jeune femme a confié avoir échangé brièvement mardi avec eux, "pendant huit minutes en visio" sous haute surveillance.
"C'était un appel de détresse", a-t-elle confié. "Ils m'ont dit qu'ils étaient épuisés" et "à bout de forces", a-t-elle poursuivi, ajoutant que sa soeur lui a clairement dit qu'elle ne pourrait endurer encore "trois mois, ou même quelques semaines, de détention".
L'avocate de la famille Kohler, Me Chirinne Ardakani, a souligné que leur détention était l'une des plus longues infligées à des Français dans le monde, après celle d'Ingrid Betancourt en Colombie entre 2002 et 2008.
- "Rupture de confiance" -
Les proches des deux détenus ont par ailleurs estimé qu'il y avait "une rupture de confiance avec les autorités françaises qui ont retiré leur plainte auprès de la Cour internationale de justice".
La CIJ a annoncé le 25 septembre avoir abandonné, à la demande de la France, une requête contre l'Iran au sujet de la détention de ses deux ressortissants.
"Nous ne savons toujours pas où ils sont détenus depuis leur transfert forcé en juin" pendant la guerre des 12 jours avec Israël, s'est également indignée Noémie Kohler.
Interrogé sur les critiques formulées par les familles, M. Confavreux leur a demandé de ne pas douter de "la pleine et entière mobilisation à tous les niveaux de l'Etat pour obtenir leur libération immédiate".
"Nous sommes en contact permanent avec les familles de Cécile Kohler et de Jacques Paris. Le ministre les a reçues encore le 30 septembre dernier", a-t-il déclaré: "Notre ambassade a pu rendre une septième visite consulaire le 14 octobre dernier".
- "Manipulation" -
Interrogés sur une possible issue pour les deux Français, Téhéran ayant évoqué un possible échange de prisonniers, les avocats des familles ont semblé en douter.
"Tout cela participe d'une manoeuvre de manipulation. Le but recherché est certainement d'atteindre les personnes et de faire pression sur la France", a réagi Me Martin Pradel, rappelant que Jacques Paris et Cécile Kohler étaient considérés comme "des otages d'Etat".
Depuis une dizaine d'années, l'Iran multiplie les arrestations de ressortissants occidentaux, notamment français, les accusant le plus souvent d'espionnage, afin de les utiliser comme monnaie d'échange pour relâcher des Iraniens emprisonnés dans des pays occidentaux ou afin d'obtenir des gages politiques.
Au moins une vingtaine d'Occidentaux seraient détenus, selon des sources diplomatiques.
Me Chirinne Ardakani a mis en garde contre une potentielle mise en scène à venir: des journalistes en Iran auraient été conviés à aller voir les deux détenus.
"Il semblerait que les autorités iraniennes vont donner accès au lieu de détention où pourraient se trouver Cécile et Jacques", a-t-elle expliqué. "Nous en appelons à la déontologie des journalistes", a-t-elle ajouté, alertant sur une opération de communication qui s'apparenterait à "une mise en scène à des fins de propagande".
"Sans consentement libre et éclairé" des détenus, ce serait assimilable "à un traitement humiliant et dégradant", a-t-elle affirmé.
F.Moura--PC