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Trump étrille l'Europe "qui se délabre" à cause de l'immigration
Donald Trump s'en est pris violemment mardi à l'Europe, qui selon lui "se délabre" à cause de certains dirigeants "stupides" et d'une politique migratoire trop "politiquement correcte".
Dans un grand entretien accordé au site Politico, le président américain maintient par ailleurs la pression sur l'Ukraine, en lui enjoignant de tenir des élections et en martelant que la Russie avait "toujours eu" l'avantage militaire.
"La plupart des nations européennes (...) se délabrent", a-t-il asséné, reprenant en termes plus crus l'argumentaire récemment déroulé par son gouvernement dans sa "Stratégie de sécurité nationale."
Ce document publié vendredi anticipe notamment l'"effacement civilisationnel" de l'Europe et prône la lutte contre les "migrations de masse", avec une rhétorique qui selon certains commentateurs fait écho à des éléments de la théorie complotiste d'extrême droite dite du "grand remplacement".
"Je n'ai pas de véritable ennemi", a assuré le dirigeant républicain en parlant des dirigeants de l'Union européenne, dont les relations avec Washington se sont sensiblement tendues ces derniers mois à cause de contentieux sur le commerce et la tech.
- "Vraiment stupides" -
"Je connais les mauvais dirigeants, je connais les intelligents, je connais les stupides. Il y en a de vraiment stupides aussi", a-t-il ajouté.
"Ils veulent être politiquement corrects et c'est ce qui les affaiblit", a encore dit Donald Trump.
"Ce qu'ils font avec l'immigration est un désastre", a-t-il estimé, reprenant l'un des grands thèmes de son second mandat, marqué par des expulsions massives.
"J'adorais Paris. C'est un endroit très différent de ce qu'il était. Si vous regardez Londres, vous avez un maire nommé Khan. C'est un maire horrible, vicieux, dégoûtant", a-t-il ajouté.
Le maire de Londres Sadiq Khan avait qualifié Donald Trump en septembre de "raciste, sexiste, misogyne et islamophobe".
Evoquant les immigrés en Europe, Donald Trump a assuré qu'ils "arrivent de tous les endroits du monde. Pas seulement du Moyen-Orient, ils arrivent du Congo (....). Et pire encore, ils viennent des prisons du Congo et de nombreux autres pays".
Il applique le même argumentaire aux Etats-Unis, affirmant sans preuve que le pays connaissait un afflux de migrants venus de prisons ou d'hôpitaux psychiatriques d'Amérique latine.
Le milliardaire a ironisé sur la dépendance des Européens à la protection militaire américaine, en lançant "L'Otan m'appelle +papa+".
- "Papa" Trump -
De fait, le chef de l'Alliance de défense Mark Rutte a un jour comparé le rôle de médiateur international de Donald Trump à celui d'un "papa" grondant des enfants querelleurs.
"Je ne veux pas diriger l'(Europe", a dit Donald Trump, tout en assurant être "très impliqué" dans les affaires européennes.
Interrogé sur sa volonté d'intervenir dans les processus électoraux en Europe, il a admis avoir "soutenu Viktor Orban", le Premier ministre hongrois, qui "fait un très bon travail, d'une façon différente, en matière d'immigration".
Dans cet entretien, Donald Trump critique durement l'impuissance des Européens face au conflit en Ukraine, et répète son appel à l'organisation d'élections dans ce pays envahi par la Russie en 2022.
"Je pense que c'est le moment" d'organiser des élections, a affirmé le président américain, accusant Kiev d'"utiliser la guerre" pour s'en abstenir.
Les dirigeants ukrainiens "parlent de démocratie mais on arrive à un point où ce n'est plus une démocratie (...). Le peuple ukrainien devrait avoir ce choix", a insisté le locataire de la Maison Blanche. "Je ne sais pas qui gagnerait", a jeté Donald Trump, dont la relation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky connaît actuellement un regain de tension.
"C'est un excellent vendeur. Je l'appelle P.T. Barnum", a ironisé Donald Trump en comparant donc le président ukrainien au fondateur des cirques Barnum, un entrepreneur du XIXème siècle réputé être un charlatan sans scrupules.
T.Batista--PC