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Birmanie: Aung San Suu Kyi et Min Aung Hlaing, deux figures des élections
Le général Min Aung Hlaing était à quelques mois de la retraite lorsqu'il a renversé, en février 2021, le gouvernement démocratiquement élu d'Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991.
L'AFP dresse le portrait de ces deux personnages clés des élections législatives organisées par la junte à partir de dimanche.
- Aung San Suu Kyi -
Depuis le coup d'Etat de 2021, la dirigeante déchue de 80 ans est prisonnière de la junte, qui l'a accusée d'une multitude d'infractions.
Fille du héros de l'indépendance Aung San, assassiné en 1947 alors qu'elle n'avait que deux ans, elle vit ensuite en exil en Inde et en Grande-Bretagne.
En 1988, rentrée en Birmanie au chevet de sa mère, elle surprend tout le monde en décidant de s'impliquer dans le destin de son pays, alors en révolte contre la junte du général Ne Win.
Autorisée à former la Ligue nationale pour la démocratie (LND), elle est rapidement placée en résidence surveillée et assiste, enfermée, à la victoire de son parti aux élections de 1990, un résultat que la junte refuse de reconnaître.
En 1991, Suu Kyi reçoit le prix Nobel de la paix, mais ne peut se rendre à Oslo. Elle attendra plus de 20 ans pour venir chercher la récompense.
Libérée en 2010, elle entre au Parlement deux ans plus tard dans la foulée de l'autodissolution de la junte. La victoire de son parti en 2015 lui donne les clés du gouvernement.
Rapidement, l'image de l'icône se brise à l'international. Certains reprochent sa conception autocratique du pouvoir, piégée par sa position de quasi-idole dans le pays.
Elle est également obligée de composer avec les militaires, toujours puissants.
En 2017, quelque 750.000 musulmans rohingyas fuient les exactions de l'armée et de milices bouddhistes, un drame qui vaut à la Birmanie d'être accusée de "génocide" devant la Cour internationale de justice.
Suu Kyi ne condamne pas les généraux. Pire, elle défend en personne son pays devant la Cour, niant "toute intention génocidaire".
Mais la nouvelle victoire de son parti aux législatives de 2020 inquiète les militaires. Elle est renversée.
Enfermée, réduite au silence, "Mère Suu" a peu d'influence sur la Birmanie d'aujourd'hui.
Elle purge une peine de 27 ans de prison, pour des accusations montées de toutes pièces par l'armée, selon les groupes de défense des droits humains
Le pays est en proie à une guerre civile. De nombreux Birmans ont pris les armes contre l'armée, renonçant à la non-violence, un des principes phares de la prix Nobel.
- Min Aung Hlaing -
Ce petit officier à lunettes est devenu commandant en chef des forces armées birmanes en 2011, alors que le pays rompait avec son histoire de régime militaire autoritaire et se lançait dans une expérience démocratique.
Il a passé dix ans à se disputer avec les dirigeants civils, avant de mener un coup d'Etat en 2021.
Min Aung Hlaing était déjà persona non grata dans de nombreux pays pour avoir commandé en 2017 la répression militaire contre la minorité rohingya.
La Cour pénale internationale a demandé un mandat d'arrêt contre lui pour crimes contre l'humanité. Il nie la quasi-totalité des allégations à son encontre.
Le dirigeant militaire s'est lancé dans un programme ambitieux et coûteux visant à équiper l'armée de matériel moderne, en achetant auprès de la Chine, de la Russie et d'Israël.
Chaque 27 mars, à l'occasion de la "Journée des forces armées", il défile devant les troupes rassemblées dans la capitale, Naypyidaw, debout sur une jeep décapotable et décoré de ses nombreuses distinctions militaires et civiles.
Min Aung Hlaing pourrait avoir des ambitions politiques après les élections.
"Il a déclaré par le passé que si l'Etat lui confiait une mission, il serait prêt à mettre son expérience au service du pays", a dit le porte-parole de la junte Zaw Min Tun.
M.A.Vaz--PC