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L'homme politique Tarique Rahman revient au Bangladesh après 17 ans d'exil
Après 17 ans d'exil, Tarique Rahman, figure politique influente et candidat pressenti au poste de Premier ministre du Bangladesh, est rentré dans son pays jeudi, promettant sécurité et justice en cas de victoire aux élections prévues l'année prochaine.
De très nombreux partisans agitant joyeusement drapeaux, bannières et pancartes ont accueilli l'homme politique de 60 ans, fils de l'ancienne cheffe du gouvernement Khaleda Zia et président par interim du populaire Parti nationaliste du Bangladesh (BNP).
"Aujourd'hui, je veux dire que j'ai un projet pour mon pays (...) un pays sûr que le peuple espère depuis longtemps", a déclaré Tarique Rahman dans son premier discours depuis son retour.
"Il est temps de construire un pays ensemble. Ce pays appartient au peuple des collines et des plaines, aux musulmans, bouddhistes, chrétiens et hindous", a-t-il ajouté.
Visiblement ému, il avait plus tôt retiré ses chaussures et foulé l'herbe près de l'aéroport de Dacca où il avait atterri accompagné de sa femme et de sa fille, avant de ramasser de la terre en signe de respect envers son pays.
Il a salué ses soutiens avant de s'engouffrer dans une voiture qui circulait dans un convoi très sécurisé, selon une vidéo transmise par son parti.
Parmi la foule, Alamgir Hossain, partisan du BNP, a estimé que le Bangladesh était dans une "situation desespérée" et que seul Tarique Rahman "peut le sortir de là".
- Période de troubles -
Le BNP est largement considéré comme le favori des élections de février prochain, les premières depuis le soulèvement populaire de l'été 2024.
Tarique Rahman est pressenti comme candidat au poste de Premier ministre si sa formation remporte la majorité lors de ce scrutin attendu avec impatience dans ce pays de 170 millions d'habitants à très large majorité musulmane. Les tensions politiques n'y ont pas faibli depuis les manifestations de l'an dernier, qui ont entraîné le départ de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina, après 15 années autoritaires au pouvoir.
Tarique Rahman a assuré que sa mère, l'ancienne Première ministre de 80 ans Khaleda Zia (1991-1996 puis 2001-2006) actuellement hospitalisée en soins intensifs, avait "tout sacrifié" pour son pays.
Engagé jeune en politique et préparé de longue date aux responsabilités, Tarique Rahman avait été arrêté pour corruption en 2007. Il affirme avoir été torturé en détention.
Libéré, il s'était rendu à Londres en 2008 pour des soins médicaux et n'était jamais revenu. Il dit s'être exilé pour fuir les persécutions politiques sous le gouvernement de Sheikh Hasina.
En juin, il a rencontré dans la capitale britannique Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix et à la tête du gouvernement intérimaire.
Le retour de Tarique Rahman intervient dans une période de troubles au Bangladesh.
En décembre, l'assassinat par des hommes masqués à Dacca du candidat aux élections législatives et critique virulent de l'Inde Sharif Osman Hadi a déclenché des manifestations dans la capitale, au cours desquelles plusieurs bâtiments ont été incendiés, dont ceux de deux grands journaux considérés comme favorables à l'Inde. Le défunt était une figure du soulèvement de l'été 2024.
- "Symbole d'espoir" -
Jahan Panna, une ex-députée du BNP, a dit espérer que le retour de M. Rahman mettra un terme à la "spirale d'anarchie". "Il est le symbole de l'espoir pour ce pays", a soutenu cette femme de 55 ans.
Brièvement détenu enfant pendant la guerre d'indépendance, endeuillé à l'adolescence par l'assassinat de son père Ziaur Rahman, influent commandant de l'armée, Tarique Rahman a grandi dans l'orbite politique de sa mère, Khaleda Zia, devenue en 1991 la première femme Première ministre du pays et alternant ses mandats au pouvoir avec Sheikh Hasina.
Des allégations de népotisme et de mauvaise gestion ont émaillé la carrière de M. Rahman.
Depuis la chute de Sheikh Hasina en 2024, Tarique Rahman a été acquitté du chef d'accusation le plus grave retenu contre lui: une peine de prison à perpétuité prononcée par contumace en 2018 pour des accusations selon lesquelles il aurait orchestré un attentat à la grenade commis en 2004 lors d'un rassemblement politique de Mme Hasina. Il a toujours nié toute implication.
P.Cavaco--PC