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Zelensky en Floride pour plaider la cause de l'Ukraine auprès de Trump
Volodymyr Zelensky rencontre Donald Trump dimanche en Floride pour plaider la cause de l'Ukraine et tenter de décrocher l'accord du président américain sur la dernière version du plan de paix visant à mettre fin à près de quatre ans de guerre avec la Russie.
Le chef d'Etat ukrainien, qui arrive avec ses dernières propositions sur la difficile question des territoires, n'aura "rien tant que je ne donne pas mon accord", avait déclaré le président américain au site internet Politico vendredi, plantant le décor.
Donald Trump s'était néanmoins montré confiant. "Je pense que ça se passera bien avec lui. Je pense que ça se passera bien avec (le président russe Vladimir) Poutine", avec lequel il prévoit de s'entretenir "bientôt."
Son homologue ukrainien a lui espéré, samedi lors d'une escale au Canada, que la rencontre soit "très constructive", et s'est entretenu au préalable avec ses alliés européens.
Ces derniers l'ont assuré de leur "plein soutien", selon le chancelier allemand Friedrich Merz.
Donald Trump recevra Volodymyr Zelensky à 13H00 (18H00 GMT) à Mar-a-Lago.
Cette résidence privée de Palm Beach, où le républicain de 79 ans passe les fêtes, est devenue une sorte d'annexe de la Maison Blanche. Il doit y recevoir lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
"Tout le monde vient", s'était réjoui vendredi le maître des lieux, toujours cité par Politico.
- Nouvelle mouture -
La dernière rencontre entre les dirigeants américain et ukrainien en octobre, quand Volodymyr Zelensky avait demandé en vain des missiles Tomahawks, n'avait pas été particulièrement chaleureuse.
Le sommet en Floride suit de peu la présentation par le président ukrainien d'une nouvelle version du plan américain visant à mettre fin à la guerre, remanié après des pourparlers avec l'Ukraine, au grand dam de Moscou.
Après une première version du plan qui reprenait de nombreuses revendications russes, le Kremlin juge qu'avec cette dernière mouture Kiev cherche à "torpiller" les pourparlers.
A la veille de cette rencontre en Floride, Moscou a envoyé des centaines de drones et des dizaines de missiles bombarder Kiev et sa région, tuant deux personnes et laissant plus d'un million de foyers sans électricité.
Une attaque qui illustre "la réponse de la Russie à nos efforts de paix", a estimé samedi Volodymyr Zelensky.
Donald Trump, de tempérament impatient, ne cache plus son agacement face à ces négociations prolongées faites de multiples réunions et d'aller-retours de documents.
Il "est extrêmement frustré par les deux camps", avait déclaré le 11 décembre sa porte-parole Karoline Leavitt.
- Donbass -
Le 19 décembre, le dirigeant américain avait pressé l'Ukraine de "bouger".
Volodymyr Zelensky le convaincra-t-il d'adresser le même genre de message à Moscou, alors que la dernière version du plan paraît inacceptable pour les Russes?
Le document en 20 points propose de geler les positions sur le front sans répondre à la demande russe d'un retrait des forces ukrainiennes des quelque 20% de la région orientale de Donetsk qu'elles contrôlent encore.
Et le nouveau texte ne comprend plus aucune obligation juridique de non-adhésion à l'Otan pour l'Ukraine, une autre requête capitale du Kremlin.
Outre le sort du Donbass, cette région de l'est de l'Ukraine que Moscou revendique, et celui de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par les soldats russes, dans le sud, les deux dirigeants devraient évoquer les garanties de sécurité que les Occidentaux pourraient fournir à Kiev dans le cadre d'un éventuel accord de paix.
Ces "garanties de sécurité doivent arriver en même temps que la fin de la guerre," a insisté Volodymyr Zelensky samedi.
Le président américain a récemment laissé entendre que selon lui, l'Ukraine avait tout intérêt à figer le plus vite possible la ligne de front face à de futures avancées russes, qu'il juge inévitables.
"La Russie a l'avantage. Et elle l'a toujours eu", a-t-il lancé le 8 décembre.
La paix devra préserver la "souveraineté" et "l'intégrité territoriale" de l'Ukraine a souligné samedi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après un entretien téléphonique avec les dirigeants européens et M. Zelensky.
P.Queiroz--PC