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Affaire Epstein/Mandelson: la pression monte sur Keir Starmer, qui exclut de démissionner
Le chef du parti travailliste écossais a appelé lundi Keir Starmer à démissionner en raison du scandale Epstein-Mandelson, fragilisant encore davantage la position du Premier ministre britannique, qui a toutefois exclu de quitter Downing Street.
Le dirigeant travailliste, arrivé au pouvoir en juillet 2024, fait face à une crise de confiance et d'autorité inédite pour avoir nommé en 2024 Peter Mandelson ambassadeur aux Etats-Unis alors qu'il avait connaissance de ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019.
Lundi, Anas Sarwar, le chef du Labour en Ecosse, un bastion du parti travailliste, s'est joint aux appels à la démission de Keir Starmer, qui étaient jusque-là cantonnés à l'opposition et à quelques députés travaillistes.
"Il faut mettre fin à ce sujet de distraction, la direction de Downing Street doit changer", a déclaré M. Sarwar.
Downing Street a immédiatement réagi, répétant que Keir Starmer n'entendait pas démissionner.
Plus tôt dans la journée, un porte-parole du chef du gouvernement avait déjà déclaré que M. Starmer restait "concentré sur son travail", alors que son directeur de la communication, Tim Allan, venait d'annoncer sa démission.
Un départ qui survenait moins de 24 heures après celui du chef de cabinet de Keir Starmer, Morgan McSweeney, mis en cause pour avoir poussé la nomination de M. Mandelson.
Ces difficultés tombent mal pour le dirigeant travailliste, très impopulaire, à moins d'un mois d'une élection législative partielle dans le nord-ouest de l'Angleterre et à trois mois d'élections locales à haut risque pour le Labour avec la montée en puissance du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.
Keir Starmer doit à nouveau s'exprimer en fin de journée devant le groupe parlementaire travailliste.
En attendant, plusieurs poids lourds du gouvernement, dont la ministre des Finances Rachel Reeves, celle des Affaires étrangères Yvette Cooper et le ministre de la Justice David Lammy ont affiché leur soutien au chef du gouvernement.
- "Bon leader" -
Keir Starmer avait nommé en décembre 2024 Peter Mandelson ambassadeur à Washington, un poste hautement stratégique avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Mais il a dû le démettre de ses fonctions en septembre 2025 après la publication de documents détaillant l'ampleur de ses liens avec le pédocriminel.
De nouveaux documents récemment rendus publics ont relancé la polémique, semblant montrer que M. Mandelson aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations susceptibles d'influer sur les marchés, notamment lorsqu'il était ministre entre 2008 et 2010.
La police a ouvert une enquête et a perquisitionné vendredi à deux adresses liées à Peter Mandelson.
M. Starmer tente depuis d'éteindre le scandale, sans vraiment y parvenir.
Il a d'abord affirmé regretter d'avoir nommé Peter Mandelson. Il a ensuite présenté ses excuses jeudi auprès des victimes de Jeffrey Epstein, se disant "désolé d'avoir cru aux mensonges de (Peter) Mandelson et de l'avoir nommé", tout en faisant part de sa volonté de rester à Downing Street.
Pour Patrick Diamond, ancien conseiller politique et aujourd'hui professeur de sciences politiques, la position de Keir Starmer n'est pas "irrémédiablement compromise", celui-ci disposant d'une large assise au Parlement.
Historiquement, le Labour a "tendance à faire preuve de loyauté envers ses dirigeants", a aussi rappelé l'expert, interrogé par l'AFP.
Et aucun prétendant à sa succession ne semble se dégager vraiment.
Pour la députée travailliste Emily Thornberry, Keir Starmer est "un bon leader". Mais, a-t-elle ajouté sur BBC radio 4, "nous avons vraiment besoin d'une direction claire, et c'est son défi. Donc on repart à zéro, et lui aussi doit repartir à zéro".
Face aux remous politiques, les investisseurs se détournent de la livre et des obligations britanniques, craignant une moindre rigueur budgétaire si l'éventuel remplaçant de M. Starmer penchait davantage à gauche de l'échiquier politique.
Lundi vers 14H40 GMT, la devise britannique perdait 0,57% face à la monnaie unique européenne, à 87,31 pence pour un euro.
G.Teles--PC