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La Corée du Nord promet une réponse "terrible" en cas de nouvelle incursion de drone venu du Sud
La Corée du Nord a promis vendredi une réponse "terrible" en cas de nouvelle incursion de drones venus du Sud, après l'abattage d'un drone d'observation sud-coréen près de la frontière intercoréenne en janvier.
Depuis son investiture en juin, le président sud-coréen Lee Jae Myung milite pour la reprise du dialogue avec le Nord, un net revirement par rapport à la ligne dure de son prédécesseur conservateur Yoon Suk Yeol.
Les autorités sud-coréennes ont lancé une enquête après l'incident, et des locaux des services de renseignement sud-coréens à Séoul ont été perquisitionnés mardi.
"J'adresse un avertissement préalable: la réapparition d'une telle provocation, violant la souveraineté inaliénable de la RPDC (République populaire démocratique de Corée, ou Corée du Nord, ndlr), provoquera assurément une terrible réponse", a déclaré l'influente sœur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo Jong, dans un communiqué diffusé par l'agence officielle KCNA.
Tout en reconnaissant que Séoul avait pris des mesures "significatives" après l'incursion de ce drone en janvier, Kim Yo Jong a souligné que la violation de la souveraineté de la Corée du Nord était inacceptable quelles que soient les circonstances.
"Nous nous fichons de savoir qui est le réel opérateur de l'infiltration d'un drone dans l'espace de la RPDC, et s'il s'agit d'un individu ou d'une organisation civile", a-t-elle dit.
"J'invite les autorités de la République de Corée (du Sud, ndlr) à prêter l'attention nécessaire à la prévention afin qu'un acte aussi insensé ne se reproduise pas", a-t-elle également déclaré.
La Corée du Nord avait annoncé le mois dernier avoir abattu un drone équipé de "matériel de surveillance" près de la ville de Kaesong, à quelques kilomètres de la frontière ultra-militarisée avec le Sud. Pyongyang avait exigé une "explication détaillée" de Séoul.
- Trois civils inculpés -
Des photos publiées par KCNA avaient montré l'épave du drone et des composants gris et bleus présentés comme des débris de caméras. L'armée nord-coréenne avait affirmé que l'engin avait pris des images de "cibles importantes" dans les zones frontalières.
L'armée sud-coréenne avait affirmé n'avoir rien à voir avec ces drones, appartenant à un modèle en vente libre qu'elle n'utilise pas. Séoul avait suggéré dans un premier temps que des civils avaient organisé ces opérations au-dessus du Nord.
Lee Jae Myung avait dénoncé l'incident, soulignant que ce type d'initiative risquait de déclencher un affrontement armé entre les deux Etats qui n'ont jamais signé de traité de paix à l'issue de la guerre de Corée (1950-1953).
Trois civils ont été inculpés pour leur rôle présumé dans ce dossier.
L'un d'eux en avait publiquement revendiqué la responsabilité, affirmant avoir fait voler l'engin pour mesurer les niveaux de radiation et de contamination en métaux lourds autour de l'usine de traitement d'uranium de Pyongsan, en Corée du Nord.
Mais les autorités sud-coréennes ont annoncé mardi enquêter également sur trois soldats ainsi qu'un employé des services de renseignement soupçonnés d'être impliqués.
- Provocations -
L'ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol avait été accusé en 2024 d'avoir utilisé des drones pour disperser des tracts de propagande au-dessus de la Corée du Nord.
Le ministre sud-coréen de la Réunification, Chung Dong-young, a par le passé suggéré que l'incursion pourrait avoir impliqué des responsables gouvernementaux encore loyaux à M. Yoon.
KCNA a également accusé la Corée du Sud d'avoir envoyé un drone similaire en septembre au-dessus de Kaesong, affirmant que l'engin s'était écrasé après avoir été neutralisé par un brouillage électronique.
M. Lee a juré de renouer les liens avec la Corée du Nord en mettant fin à de telles provocations, et a même suggéré s'excuser pour les actes de M. Yoon.
Un comité du Conseil de sécurité de l’ONU a récemment approuvé des exemptions permettant de nouveaux flux de nourriture et de médicaments vers la Corée du Nord.
Des analystes ont estimé que cela pourrait relancer les efforts visant à attirer Pyongyang dans des négociations nucléaires avec le président américain Donald Trump.
La Corée du Nord se prépare à tenir un congrès du parti historique à la fin du mois de février.
P.Sousa--PC