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Merz arrive en Chine, entre dépendance commerciale et méfiance de Berlin
Le chancelier Friedrich Merz est arrivé mercredi en Chine, principal partenaire commercial de l'Allemagne de plus en plus perçu dans son pays comme un dangereux concurrent plutôt qu'un immense marché.
Il s'agit de la première visite du chancelier en Chine depuis sa prise de fonctions en 2025. Accompagné d'une importante délégation de chefs d'entreprise, l'avion de M. Merz est arrivé peu après 11H00 locales (3H00 GMT), selon un journaliste de l'AFP.
Le chancelier doit s'entretenir et dîner dans la soirée avec le président chinois Xi Jinping, lors de ce déplacement de moins de deux jours centré sur l'économie et la sécurité.
Auparavant, il doit être salué avec les honneurs militaires dans le décor monumental du Palais du peuple par le Premier ministre chinois Li Qiang avant des entretiens.
Sa visite intervient à un moment où le président américain Donald Trump bouscule l'ordre établi, à coups de droits de douane et de remise en question des anciennes alliances.
Simultanément, l'industrie qui a fait la réputation de la place allemande est soumise à la pression de la concurrence chinoise en Chine, en Europe même, et ailleurs dans le monde.
M. Merz a appelé mardi, juste avant de quitter Berlin, à une relation commerciale fondée sur "une concurrence loyale".
M. Merz est le dernier dirigeant étranger en date à effectuer le déplacement de Pékin. Les trois derniers mois ont vu se succéder dans la capitale chinoise les dirigeants britannique, finlandais, canadien, sud-coréen, irlandais ou français.
Devant eux, le président Xi a invariablement présenté son pays comme un partenaire fiable et constant et un champion du multilatéralisme et du libre-échange avec lequel leur pays a tout intérêt à traiter, dans une relation "gagnant-gagnant" inspirée par le "respect mutuel".
La Chine a elle-même livré en 2025 une âpre bataille commerciale et diplomatique aux Etats-Unis sous Donald Trump. M. Trump est annoncé en Chine fin mars.
M. Merz s'était rendu mi-janvier en Inde, grand rival de la Chine en Asie.
Friedrich Merz a emmené avec lui en Chine les patrons de Volkswagen, BMW et Mercedes, qui subissent une compétition de plus en plus forte sur le marché chinois, alors que les constructeurs chinois, en particulier ceux de voitures électriques, tentent une percée massive en Europe.
- Partenariat "équilibré" -
M. Merz assistera jeudi à la présentation de véhicules autonomes par le constructeur Mercedes. Il se rendra ensuite à Hangzhou, pôle technologique, pour visiter le groupe de robotique Unitree et l'énergéticien Siemens Energy.
Les Européens regardent de plus en plus la Chine avec méfiance. L'année dernière, Pékin a interdit l'exportation de puces électroniques vers l'Europe après un différend avec le gouvernement néerlandais concernant le fabricant de semi-conducteurs Nexperia. Une situation qui a mis sous pression l'industrie automobile allemande, menacée d'arrêts de production et de chômage partiel.
"Nous voulons un partenariat avec la Chine qui soit équilibré, fiable, réglementé et équitable. C'est ce que nous proposons. C'est également ce que nous attendons de la part de la Chine", a insisté mardi M. Merz.
Il y a quelques années, l'UE s'était mise d'accord sur une stratégie dite de "de-risking", ou réduction des risques vis-à-vis de la Chine.
Mais la dépendance n'a guère diminué. Cela vaut particulièrement pour les terres rares, sans lesquelles de nombreux domaines technologiques ne pourraient plus fonctionner, et sur lesquelles la Chine occupe une position dominante.
"La Chine exploite systématiquement les dépendances des autres", avait fustigé M. Merz, lors de la conférence sur la sécurité à Munich mi-février.
Pour la première économie européenne, très dépendante de ses exportations, et dont l'industrie a écoulé pendant des années sa production sur l'immense marché chinois, la situation s'est considérablement détériorée ces dernières années.
L'an passé, le déficit commercial de l'Allemagne avec la Chine a augmenté de plus de 22 milliards d'euros pour atteindre environ 89 milliards d'euros. La situation est similaire pour le reste de l'Europe.
L'Allemagne dispose cependant encore de moyens de pression, estime auprès de l'AFP Michael Laha, expert de la Société allemande de politique étrangère (DGAP).
Il cite les fabricants de machine-outils, qui restent de "très importants" fournisseurs, "les Chinois n'étant pas encore si avancés dans ce domaine".
P.Cavaco--PC