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Près du Capitole, des élus démocrates boudent Trump avec leur contre-discours
A l'ombre de la coupole illuminée du Capitole, où Donald Trump s'exprimait devant le Congrès, des parlementaires démocrates ayant décidé de bouder le discours sur l'état de l'Union du président américain ont pris mardi la parole pour ne pas "rester les bras croisés".
Le rassemblement, baptisé "l'état de l'Union du peuple", s'est tenu dans la nuit froide, sur l'immense esplanade du National Mall, près du bâtiment emblématique de la capitale américaine.
Premier élu à prendre la parole sur la petite estrade éclairée, le sénateur du Connecticut Chris Murphy a estimé que Donald Trump "se moque de cette grande institution (le Congrès) et ne mérite pas de public".
"Je ne suis pas présent au discours sur l'état de l'Union ce soir parce que nous ne vivons pas une période normale et les démocrates doivent arrêter de se comporter normalement" et "parce que vous n'entendrez pas parler de l'état de l'Union" mais "mensonge sur mensonge, et attaque sur attaque", a-t-il poursuivi.
Au total, environ la moitié des parlementaires démocrates ont boudé le discours, selon le média Axios.
"Nous refusons de rester les bras croisés quand notre pays est précipité au bord du gouffre", a défendu la jeune représentante de Pennsylvanie Summer Lee, devant un parterre de dizaines de personnes.
"Ce discours va n'être que mensonges et insultes et il va prétendre qu'il (Trump) sait ce qu'il fait (...) mais il n'est pas du côté du peuple américain", a déclaré à l'AFP Doris Marlin, une retraitée de 66 ans, pour expliquer son soutien à ce boycott inhabituel mené par des élus de l'opposition.
"Je crois au respect de la fonction", a-t-elle souligné, "mais Donald Trump est irrespectueux envers quiconque consacre ne serait-ce qu'une minute de son temps à l'écouter."
- "Tout s'écroule" -
Venue de Virginie voisine avec sa fille de 18 ans, qui s'apprête à voter pour la première fois lors des élections législatives de mi-mandat en novembre, Jennifer valide aussi l'initiative "parce que tout s'écroule".
La quinquagénaire qui travaille dans le milieu culturel en "veut énormément aux républicains du Congrès". "Parce qu'ils ne font pas leur travail, Trump se permet tout, sans avoir de comptes à rendre."
Sur les pancartes, s'affichent "Pas d'argent pour ICE", la police de l'immigration, "Pas de guerre avec l'Iran", "Publiez TOUS les documents", en référence au tentaculaire dossier Epstein.
A 23 heures locales, quand Donald Trump achevait un discours de près de deux heures, une quinzaine d'élus démocrates avaient pris la parole, dont les sénateurs de Californie Adam Schiff et du Maryland Chris Van Hollen, et d'autres devaient suivre.
A leurs côtés au micro, se succédaient également des intervenants présentés comme "affectés par les politiques dangereuses de Donald Trump": une victime du criminel sexuel Jeffrey Epstein, des chercheurs en santé publique licenciés au moment des coupes budgétaires menées dans l'administration américaine, des personnes - parfois citoyens américains - prises dans la nasse de la police de l'immigration.
Un autre événement organisé à Washington accueillait d'autres élus démocrates, ainsi que des célébrités comme les acteurs Robert De Niro et Mark Ruffalo.
H.Portela--PC