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La Première ministre danoise convoque des législatives pour le 24 mars
La Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a convoqué jeudi des élections législatives pour le 24 mars, mettant la défense et la sécurité au coeur de son programme, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues.
Grand soutien de l'Ukraine, la dirigeante social-démocrate a récemment vu sa popularité chancelante remonter avec sa gestion de la crise autour du Groenland, un territoire autonome danois convoité par Donald Trump.
"Aujourd'hui, j'ai recommandé à Sa Majesté le Roi de convoquer des élections au Folketing", le Parlement danois, pour le 24 mars, a-t-elle dit devant les élus.
Dans le système politique du Danemark, la législature dure quatre ans maximum et la cheffe du gouvernement était tenue d'organiser un tel scrutin avant le 31 octobre.
Selon un sondage publié la semaine dernière par la chaîne TV2, 21% des électeurs ont l'intention de voter pour les sociaux-démocrates, ce qui cimenterait leur place en tant que première force politique danoise, malgré un recul de 6,5 points par rapport à 2022. A l'automne, ils n'étaient crédités que de 19%.
"Vous savez ce que je défends. Si je dois être votre Première ministre, cela dépendra de la force du mandat que vous accorderez aux sociaux-démocrates" à l'occasion de ces législatives, a-t-elle ajouté.
Elle en a profité pour présenter les grandes lignes de son programme électoral, qui inclut un recul de l'âge du départ à la retraite et l'introduction d'un impôt sur la fortune.
La dirigeante social-démocrate plaide aussi pour une politique migratoire stricte, dans un contexte où le parti du Peuple danois (extrême droite) veut mettre l'accent sur la politique d'expulsions et la lutte contre l'inflation.
"La Première ministre, de toute évidence, ne s'intéresse pas aux politiques qu'elle va mener. Elle ne s'intéresse qu'au fait de redevenir Première ministre", a déploré son chef Morten Messerschmidt, interrogé par l'AFP.
- "Pleinement s'affirmer" -
A l'international, le Danemark, un des principaux fournisseurs d'aide tant militaire que civile à Kiev, doit continuer à se réarmer et à contribuer à la protection de l'Europe en aidant l'Ukraine contre la Russie, a plaidé Mette Frederiksen.
"La politique de sécurité est et restera le fondement même de la politique danoise pour de très nombreuses années", a-t-elle lancé.
Au cours des quatre prochaines années, le Danemark devra "pleinement s'affirmer" : les relations avec les Etats-Unis devront, entre autres, être redéfinies.
"Nous devrons maintenir l'unité de l'Europe et assurer l'avenir du Royaume", a insisté Mette Frederiksen.
Après avoir longtemps refusé d'exclure l'usage de la force pour prendre le contrôle du Groenland, le président américain a annoncé fin janvier un "cadre d'accord" négocié avec le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, dont les détails ne sont pas connus.
Le Danemark et ce territoire autonome martèlent qu'ils sont les seuls à pouvoir prendre les décisions qui les concernent.
Parallèlement, un groupe de travail rassemblant des hauts-fonctionnaires danois, groenlandais et américains travaille sur la question du Groenland, sans que sa feuille de route ait été rendue publique.
De son côté, l'Otan a entamé une mission, baptisée Arctic Sentry, pour renforcer sa présence dans l'Arctique.
Pour Maria Thisted Jensen, qui travaille dans une agence de voyage, "peut-être que le Groenland prendra aussi un peu de place" dans la campagne.
"Je sais que beaucoup de gens y pensent, au moins aux États-Unis, à Trump, au Groenland et la situation en Ukraine et en Russie; à la situation mondiale dans son ensemble", a réagit la quinquagénaire à l'AFP.
"Même en période électorale, le monde extérieur ne nous attend pas. L'instabilité internationale se poursuit et le conflit concernant le Groenland n'est pas terminé", a constaté Mme Frederiksen.
Elue en 2019 à l'âge de 41 ans, elle était devenue le plus jeune chef de gouvernement du Danemark. Elle a été reconduite dans ses fonctions à l'issue des législatives de 2022 en formant une coalition avec des partis de centre-droit.
Pour Glenn Lulloff, un retraité de 62 ans, la politique sociale-démocrate a fait son temps. "J'étais un gars +rouge+. Mais aujourd'hui, je suis sûr que je vais passer au bloc bleu", qui rassemble les partis de droite, confie-t-il à l'AFP.
Si la popularité de Mme Frederiksen a été renforcée par sa position face à Washington sur le Groenland, le parti social-démocrate a subi un revers aux élections municipales l'an dernier.
Il a perdu près de la moitié des municipalités sous son contrôle, dont la capitale Copenhague, une première en plus de 100 ans de règne social-démocrate.
A.S.Diogo--PC