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Bill Clinton passe au gril sur ses liens de proximité avec Epstein
L'ex-président américain Bill Clinton va devoir s'expliquer vendredi devant une commission d'enquête parlementaire sur ses liens avec Jeffrey Epstein, nombreux et documentés, au moment où les démocrates tentent de mettre les projecteurs sur la relation entre Donald Trump et le criminel sexuel.
Comme pour l'actuel président américain, lui aussi âgé de 79 ans, le nom de celui qui a occupé la fonction entre 1993 et 2001 apparaît à de multiples reprises dans le dossier, sans qu’aucun fait répréhensible ne lui ait jamais été imputé.
Car tout comme Donald Trump, Bill Clinton a été proche du financier new-yorkais, voyageant à plusieurs reprises à bord de son jet privé, et ayant été photographié de nombreuses fois en sa compagnie.
Parmi les images récemment déclassifiées par la justice américaine, on le voit participer avec lui à des événements mondains, mais aussi dans des cadres privés, parfois aux côtés de femmes dont le visage a été masqué avant publication. Sur une photo, il est dans un bain à remous.
A plusieurs reprises, Bill Clinton a assuré qu'il ignorait tout des crimes du financier, qui avait plaidé coupable en 2008 de sollicitation de prostitution de mineure et exécuté une peine de 18 mois de prison.
L'année de la mort de Jeffrey Epstein en 2019, l'ex-président déclarait ne pas lui avoir parlé depuis plus d'une décennie.
Une ligne de défense rappelée par son épouse, Hillary Clinton, entendue jeudi dans les mêmes conditions.
"La grande majorité des personnes qui ont eu des contacts avec lui avant ses aveux de culpabilité en 2008 (...) ne savaient pas ce qu'il faisait", a-t-elle insisté devant la presse.
Comme elle, l'ex-chef de l'Etat va être entendu dans une salle municipale de la petite ville cossue de Chappaqua, au nord de New York, où le couple possède une maison.
L'ancienne cheffe de la diplomatie américaine, qui a répété qu'elle n'avait pour sa part jamais rencontré le criminel sexuel, s'est montrée pugnace devant les membres de la commission à majorité républicaine.
- Nouvelles révélations -
"Si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d'exploitation sexuelle d'Epstein (...) elle demanderait directement à notre président actuel de s'expliquer sous serment sur les dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier", a-t-elle lancé.
Les élus démocrates au sein de la commission ont aussi réclamé une audition du président américain en exercice, se basant sur de nouvelles révélations de la presse américaine.
Selon celles-ci, le ministère de la Justice aurait récemment empêché la publication de documents relayant les accusations d'une femme affirmant avoir été agressée sexuellement quand elle était mineure par Jeffrey Epstein et par Donald Trump.
"Ce sont des documents qui accusent le président des Etats-Unis de faits très graves de violence sexuelle", a insisté le représentant de Californie Robert Garcia.
Le témoignage des époux Clinton clôt des mois de bataille avec le chef républicain de la commission d'enquête, James Comer.
Initialement convoqués en octobre, Bill et Hillary Clinton avaient refusé de se présenter, dénonçant une tentative des républicains de détourner l'attention de la proximité passée entre Jeffrey Epstein et Donald Trump.
Menacé par la commission de poursuites pour entrave au Congrès, le couple a finalement annoncé fin janvier accepter d'être entendu. Tous deux ont exigé en vain des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains.
Si l'audition n'est pas publique, son enregistrement devrait toutefois être dévoilé à son issue, probablement vendredi soir.
Depuis la publication le 30 janvier d'une nouvelle salve de documents, pour partie caviardés, plusieurs dirigeants et personnalités du monde entier ont été éclaboussés pour leurs liens passés avec Jeffrey Epstein, provoquant enquêtes pénales, arrestations et démissions, principalement en Europe.
Ferreira--PC