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Après des discussions avec l'Iran, Washington appelle son personnel non essentiel à quitter Israël
Les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël, sur fond de menaces américaines de frappes en Iran, faisant craindre un embrasement régional.
Cette annonce est intervenue au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise entre l'Iran et les Etats-Unis, perçue comme une ultime tentative pour éviter une guerre, après le plus important déploiement américain au Moyen-Orient depuis des décennies.
Washington a notamment déployé deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, qui est attendu au large des côtes israéliennes après avoir quitté jeudi la Crète.
Alors que Téhéran avait mené en juin des frappes de représailles sur Israël lors de la guerre déclenchée par une attaque israélienne en Iran, l'ambassade américaine à Jérusalem a appelé les employés gouvernementaux "non essentiels" en poste en Israël à quitter le pays en raison "de risques pour leur sécurité".
Dans un avis aux voyageurs, l'ambassade a appelé ces employés à partir "tant que des vols commerciaux sont disponibles".
- "Extrêmement inquiet" -
Le New York Times a rapporté vendredi que l'ambassadeur américain auprès d'Israël, Mike Huckabee, avait envoyé un courriel au personnel de l'ambassade indiquant que ceux qui souhaitaient partir "devaient le faire AUJOURD'HUI".
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, s'est dit vendredi "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".
Vendredi matin, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi avait appelé les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive" dans leurs discussions, atténuant l'optimisme affiché la veille à l'issue des pourparlers à Genève.
Le diplomate, qui mène les discussions pour Téhéran, n'a pas précisé à quelles demandes il faisait référence.
Les Etats-Unis ont à plusieurs reprises insisté sur une interdiction totale d'enrichissement d'uranium par l'Iran, une "ligne rouge" pour Téhéran qui défend son droit au nucléaire civil.
L'administration Trump souhaite aussi que tout accord porte sur les missiles balistiques de l'Iran, perçus comme une menace existentielle par son allié israélien.
L'Iran refuse d'aborder cette question et le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a estimé que cela posait "un très gros problème".
Le président Trump avait accusé mardi l'Iran de disposer de "missiles qui peuvent menacer l'Europe" et les bases militaires américaines, et d'oeuvrer à en concevoir des plus puissants, capables "d'atteindre bientôt les Etats-Unis".
Téhéran, qui affirme avoir limité la portée de ses missiles à 2.000 km, a dénoncé de "gros mensonges".
Oman avait fait état "de progrès significatifs" lors des discussions de jeudi.
Et M. Araghchi avait également parlé "de très bons progrès", disant que les deux parties avaient abordé "très sérieusement les éléments d'un accord, tant dans le domaine nucléaire que dans celui des sanctions" américaines qui pèsent sur l'Iran.
Selon lui, une prochaine session se tiendra "très bientôt, peut-être dans moins d'une semaine".
- Reprise prochaine des discussions ? -
Des discussions "entre équipes techniques" auront lieu au préalable lundi à Vienne en Autriche, avec "l'aide d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis n'ont pas confirmé ces échéances.
Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.
Washington veut empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, une crainte des Occidentaux alimentant de longue date les tensions avec la République islamique qui dément nourrir de telles ambitions.
Selon le Wall Street Journal, l'équipe de négociateurs américains, comprenant l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, réclame un démantèlement des trois principaux sites nucléaires iraniens, Fordo, Natanz et Ispahan - ciblés par des frappes américaines en juin - et la remise aux Etats-Unis des stocks d'uranium enrichi du pays.
De précédents pourparlers avaient été interrompus par la guerre de douze jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.
Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".
De nouveaux rassemblements ont eu lieu ces derniers jours dans des universités.
N.Esteves--PC