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Déficit de la France moins élevé en 2025, à réduire en 2026 "quoi qu'il arrive"
Le déficit public français a baissé plus qu'attendu en 2025, à 5,1% du produit intérieur brut, une "bonne surprise" pour le gouvernement, qui a appelé cependant vendredi à poursuivre l'effort de maîtrise des finances publiques en 2026 "quoi qu'il arrive".
Le chiffre publié vendredi matin par l'Insee est inférieur de 0,3 point à la prévision du ministère de l'Économie, qui était de 5,4% en 2025 après 5,8% en 2024.
Selon cette première estimation, le déficit a ainsi reculé de 0,7 point par rapport à 2024, grâce à des recettes qui "accélèrent du fait de la hausse des impôts", a expliqué l'Institut national de la statistique dans un communiqué.
Le ratio de la dette publique est descendu de son côté à 115,6% du PIB fin 2025, soit 1,6 point de mieux que fin septembre, mais en hausse de 3 points en un an.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué vendredi matin une "bonne surprise" concernant le déficit, en introduisant une réunion sur les finances publiques à Bercy.
Mais "ce sont des bonnes surprises qu'il faut relativiser" car "quand on est encore à 5,1% de déficit, aucune raison de se satisfaire ou de s'auto-congratuler", a-t-il ajouté, appelant à poursuivre l'effort.
"On a connu le +quoi qu'il en coûte+. Je crois qu'on peut dire que la maîtrise des finances publiques en transparence doit se faire quoi qu'il arrive désormais", a-t-il martelé, après avoir affirmé sur X qu'il envisageait "avec prudence" de passer "sous les 5%" de déficit public en 2026.
"Ça montre que les efforts collectifs commencent à payer", s'est réjoui de son côté le ministre de l'Action et des comptes publics David Amiel, à l'issue de la réunion à au ministère de l'Economie et des Finances.
Mais "la tâche est encore devant nous", a-t-il prévenu. "Il nous appartient, notamment pour cette année 2026, dans la prévision de la construction du budget pour 2027, de continuer à réduire la dépense publique".
Le gouvernement s'est fixé pour 2026 un objectif de déficit aux alentours de 5% du PIB. Il paraissait plus facilement atteignable avant le déclenchement fin février de la guerre au Moyen-Orient, qui devrait avoir des répercussions sur la croissance économique et donc les recettes fiscales.
"Nous sommes dans une situation de forte incertitude économique et même de forte incertitude géopolitique", a reconnu M. Amiel. Mais "notre tâche ici, c'est de continuer à réduire la dépense quoi qu'il arrive".
- "Pas de cagnotte" -
Il a par ailleurs écarté que les chiffres meilleurs que prévu des comptes publics favorisent l'octroi rapide d'aides aux entreprises ou aux consommateurs, excluant, comme le Premier ministre, l'idée qu'il puisse y avoir une "cagnotte".
Sébatien Lecornu a indiqué que le gouvernement annoncerait vendredi soir des aides "ciblées" pour les secteurs les plus touchés par la flambée des prix des carburants.
Mais David Amiel a souligné que "toute dépense publique nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise" énergétique entraînerait "une annulation d'une dépense qui était prévue à l'euro près", pour "tenir nos objectifs pour 2026".
L'effort pour réduire le déficit est passé très majoritairement, à ce stade, par la hausse des prélèvements.
"Les recettes accélèrent en 2025: elles sont en hausse de 3,9%, après +3,2 % en 2024", relève l'Insee. En particulier, "les impôts courants sur le revenu et le patrimoine accélèrent fortement", de 6,6% en 2025.
Les dépenses, elles, "ralentissent: elles augmentent en euros courants de 2,5%, après +4,0% en 2024", a poursuivi l'institut statistique. Mais "leur croissance reste légèrement supérieure à celle du PIB en valeur en 2025 (+2,0%)", si bien qu'en volume, elles ont augmenté de 0,9%.
Le Premier ministre a notamment déploré, depuis le ministère de l'Economie, "une dérive très préoccupante" du nombre d'arrêts maladie en France.
La réduction du déficit que vise le gouvernement est jugée indispensable pour contenir la hausse de la dette publique du pays. Celle-ci atteint 3.460,5 milliards d'euros fin 2025, contre 3.484,1 milliards fin septembre.
Avec les perturbations sur les marchés financiers dues à la guerre au Moyen-Orient, la France a vu monter ces dernières semaines les taux d'intérêt sur ses emprunts obligataires.
meh-are-sbl-hh/jbo/eb
A.Magalhes--PC