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L'Iran referme le détroit d'Ormuz, à trois jours de l'expiration du cessez-le-feu
L'Iran verrouille à nouveau dimanche le détroit stratégique d'Ormuz en représailles à la poursuite du blocus de ses ports par les Etats-Unis, à trois jours de l'expiration du cessez-le-feu entre les deux pays et alors que Téhéran juge un accord de paix encore lointain.
L'Iran a annoncé samedi reprendre "le strict contrôle" du détroit d'Ormuz, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime par laquelle transite en temps normal un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz.
Peu après cette annonce, au moins trois navires commerciaux qui tentaient de franchir le détroit ont essuyé des tirs.
"Toute tentative d'approche du détroit d'Ormuz sera considérée comme une coopération avec l'ennemi et le navire contrevenant sera pris pour cible", ont fait savoir les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran.
"Ils jouent au plus malin", a réagi le président américain Donald Trump, dénonçant un "chantage".
Après plus d'un mois d'une guerre qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et gravement perturbé l'économie mondiale, l'annonce de la réouverture du détroit vendredi avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole.
- Ballet diplomatique -
Le nouveau durcissement, qui risque de provoquer de nouveaux remous sur les marchés mondiaux lorsqu'ils rouvriront lundi, intervient en plein ballet diplomatique pour faire revenir l'Iran et les Etats-Unis à la table des négociations, après une première séance qui s'était terminée sur un échec le 12 avril à Islamabad. Le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty, a dit "travailler sans relâche" à cette fin, au côté du Pakistan.
"Nous sommes encore loin d'avoir bouclé le débat", a déclaré samedi soir le puissant président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui avait participé aux négociations d'Islamabad face à une délégation américaine emmenée par le vice-président JD Vance.
"Nous avons fait des progrès dans les négociations, mais il subsiste de nombreuses divergences et certains points fondamentaux restent en suspens", a-t-il ajouté.
Lors de la rencontre d'Islamabad, qui était celle de plus haut niveau entre les deux pays depuis la Révolution iranienne de 1979, "nous avons souligné que nous n'avons absolument aucune confiance dans les Etats-Unis", a déclaré M. Ghalibaf, qui les a exhorté à "renoncer à l'unilatéralisme et à l'esprit d'imposition dans leur approche du dialogue".
- "Le doigt sur la gâchette" -
Au Liban, l'autre front de la guerre, un militaire français a été tué samedi et trois autres blessés, dont deux grièvement, dans une embuscade contre des Casques bleus dans le sud du pays.
L'attaque, survenue au lendemain de l'entrée en vigueur d'une trêve de dix jours au Liban, a été attribuée au Hezbollah pro-iranien, qui a toutefois nié toute implication.
Samedi, l'armée israélienne a annoncé avoir établi une "ligne jaune" de démarcation dans le sud du Liban, comme à Gaza, et avoir "éliminé une cellule terroriste" opérant à proximité de ses troupes. Elle a aussi annoncé qu'un de ses soldats avait été tué vendredi, au premier jour de la trêve, lors d'un incident dans la même région.
"Un cessez-le-feu signifie une cessation complète de toutes les hostilités. Comme nous ne faisons pas confiance à cet ennemi, les combattants de la résistance resteront sur le terrain, le doigt sur la gâchette, et ils répondront aux violations", a déclaré le chef du Hezbollah Naïm Qassem, affirmant qu'une trêve ne pouvait être "unilatérale".
Dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, de nombreux habitants ont profité de l'accalmie pour revenir inspecter leurs maisons, avant de retourner vivre sous des tentes sur le front de mer, craignant une reprise des frappes israéliennes à tout moment.
"J'ai peur de rentrer chez moi parce que la situation est toujours instable", a confié à l'AFP Samah Hajoul, une mère de quatre enfants, dans sa maison aux vitres ont été brisées par les bombardements.
La guerre au Liban a débuté le 2 mars lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Les frappes israéliennes ont fait au moins 2.300 morts et déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités.
burx-roc/lgo
L.Mesquita--PC