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Trump voit ses projets malmenés au Congrès par sa majorité
Trump voit ses projets malmenés au Congrès par sa majorité / Photo: Kent NISHIMURA - AFP

Trump voit ses projets malmenés au Congrès par sa majorité

Donald Trump a essuyé jeudi un rare revers au Sénat américain avec le report d'un vote sur un texte budgétaire majeur, décidé par les élus de sa majorité, mal à l'aise face à plusieurs exigences du président.

Taille du texte:

Les sénateurs étaient initialement appelés à voter dans la nuit de jeudi à vendredi sur un texte budgétaire qui porte en grande majorité sur le financement de la police de l'immigration (ICE) et de la police aux frontières (CBP), pour plus de 70 milliards de dollars sur trois ans.

Le chef de la majorité au Sénat, John Thune, a finalement décidé de reporter le vote et d'envoyer ses troupes en vacances parlementaires pour plus d'une semaine après l'opposition affichée par des élus républicains face à d'autres volets du texte.

Car le projet de loi présenté prévoyait aussi de financer un fonds d'indemnisation pour près d'1,8 milliard de dollars.

Le gouvernement Trump a présenté lundi ce fonds "anti-instrumentalisation", pensé pour "entendre et réparer les griefs des personnes ayant été victimes d'une instrumentalisation" politique de la justice.

Pourraient être concernés les centaines de partisans de Donald Trump traduits en justice pour leur participation à l'assaut contre le Capitole le 6 janvier 2021.

- Salle de bal -

Le fonds a suscité les critiques de parlementaires démocrates, la députée Alexandria Ocasio-Cortez le qualifiant de "corruption pure et simple" et le sénateur Chris Van Hollen le décrivant comme une "caisse noire, financée par vos impôts", que Donald Trump pourra "utiliser pour récompenser ses alliés politiques".

Des critiques répétées jusque dans le camp républicain.

"Les gens sont inquiets de payer leur hypothèque ou leur loyer, de pouvoir payer leurs courses ou leur essence, pas d'assembler un fonds d'1,8 milliard de dollars pour le président et ses alliés afin de payer qui ils veulent", a déclaré mercredi sur X le sénateur Bill Cassidy.

Suffisamment de sénateurs républicains ont exprimé leur opposition en interne pour finalement empêcher l'adoption du texte, reportée sine die.

D'autant plus qu'un autre volet coinçait dans la majorité, celui concernant le milliard de dollars prévu pour le Secret Service, l'agence de protection des personnalités politiques aux Etats-Unis.

Ce milliard devait être utilisé pour des infrastructures de sécurité liées au projet de salle de bal à la Maison Blanche.

En octobre, Donald Trump avait fait détruire au bulldozer une aile entière de la Maison Blanche pour y construire une salle de bal censée pouvoir accueillir jusqu'à 1.000 personnes pour des réceptions diverses et des dîners en l'honneur de dignitaires étrangers.

Le président républicain avait alors assuré que cette construction serait financée par des dons privés.

- "Patate chaude" -

Le sénateur républicain John Kennedy a affirmé mercredi devant la presse que "les voix ne sont pas là" dans la majorité pour approuver ce milliard de dollars.

Plusieurs élus républicains ont en effet exprimé leur malaise face à ce projet luxueux, au moment où la confiance des ménages américains est en berne et à quelques mois d'élections de mi-mandat déjà mal emmanchées pour la droite.

"Ça ne sera pas toléré", a affirmé mardi la sénatrice républicaine Lisa Murkowski, connue pour ses positions modérées dans la majorité.

Pour le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer "les républicains ont essayé de faire passer en douce un milliard de dollars pour la salle de bal dépravée de Trump".

"Mais les Américains l'ont attrapé la main dans le sac, et maintenant ils essaient d'abandonner cette patate chaude", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse jeudi devant le Capitole.

Avant le report du vote, les démocrates avaient prévu d'offrir de nombreux amendements.

Le but pour eux étant d'offrir des modifications au texte susceptibles d'être populaires auprès du grand public, pour mieux dénoncer ensuite le refus des républicains de les mettre en oeuvre.

"Nous montrerons que les démocrates se battent afin de baisser les prix pour les soins de santé, pour l'énergie, les courses, l'essence, la garde d'enfants", avait assuré Chuck Schumer.

R.Veloso--PC