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Beyrouth accuse Israël de mener une "politique de la terre brûlée" au Liban, de nouveau frappé par l'armée israélienne
Beyrouth accuse Israël de mener une "politique de la terre brûlée" au Liban, de nouveau frappé par l'armée israélienne / Photo: - - AFP

Beyrouth accuse Israël de mener une "politique de la terre brûlée" au Liban, de nouveau frappé par l'armée israélienne

Le Premier ministre libanais a accusé samedi Israël de mener une "politique de la terre brûlée" à l'encontre de son pays, après de nouvelles frappes israéliennes dans le sud du Liban en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

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Dans un discours télévisé, Nawaf Salam a jugé que la "politique de la terre brûlée et de punition collective" menée par le pays voisin "ne lui apportera ni la sécurité ni la stabilité".

Au lendemain de nouvelles discussions israélo-libanaises à Washington, pour l'instant sans impact sur le terrain, il a toutefois défendu la poursuite des négociations avec Israël, dont l'armée continue d'avancer en profondeur au Liban.

Ces négociations constituent "la voie la moins coûteuse" pour Beyrouth, a souligné le chef du gouvernement.

Les affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien sont quasi-quotidiens malgré la trêve du 17 avril, qui n'a jamais été respectée.

Samedi matin, l'armée israélienne a appelé les habitants de plus d'une dizaine de villages libanais à évacuer avant des frappes qui ont touché plusieurs localités du sud, selon l'Agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

De son côté, l'armée libanaise a annoncé qu'une frappe israélienne de drone, "ciblée", avait touché et grièvement blessé deux de ses soldats à bord d'un véhicule, près de la ville méridionale de Nabatiyé.

Des tirs d'artillerie ont également visé les abords de la forteresse médiévale de Beaufort, au lendemain des déclarations du ministre de la Culture s'inquiétant du "danger sérieux" posé par les attaques israéliennes au patrimoine.

Dans un communiqué, le président Joseph Aoun et le Premier ministre ont dénoncé "les pratiques condamnables d'Israël", "l'extension" de ses attaques ainsi que la "poursuite des bombardements et de la destruction au bulldozer des habitations et des sites historiques".

L'armée israélienne a intensifié ces derniers jours ses opérations aériennes et terrestres au Liban, où elle dit cibler le Hezbollah qu'elle veut voir désarmé. Le mouvement refuse, et s'oppose à tout pourparler entre le gouvernement libanais et Israël.

- Une trêve, "passage obligé" -

Et ce, en pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui exige d'inclure le front libanais du conflit dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes au Liban ont tué 3.371 personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Cette semaine, Israël a déclaré considérer une grande partie du sud du Liban comme une "zone de combat".

Selon le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, des soldats israéliens ont "traversé" vendredi le Litani, fleuve situé à une trentaine de kilomètres de la frontière.

Le Hezbollah a, pour sa part, revendiqué des tirs de roquette vers le nord d'Israël, affirmant avoir attaqué des troupes israéliennes qui tentaient d'avancer dans la région de la forteresse de Beaufort.

Le mouvement chiite a également assuré avoir "contraint l'ennemi à battre en retraite" lors d'affrontements à Dibbine, localité dont les forces israéliennes avaient atteint les abords dans la nuit, selon l'Ani.

Le Hezbollah a par ailleurs déclaré avoir visé à l'aube des infrastructures militaires à Safed, dans le nord d'Israël. Interrogé par l'AFP, un porte-parole militaire israélien a démenti cette information, tout en confirmant que "plus de 20" projectiles (roquettes et drones) avaient été lancés dans la journée depuis le Liban.

La réunion de responsables militaires israélo-libanais de vendredi, qualifiée de "constructive" par le Pentagone, servira "de base au volet politique" qui doit abordé par les deux pays les 2 et 3 juin, selon le numéro deux du Pentagone, Elbridge Colby.

Le président libanais a dit au chef de la diplomatie américaine Marco Rubio qu'une trêve était "le passage obligé" pour tout progrès dans les négociations, visant à la conclusion d'un accord de sécurité.

C.Amaral--PC