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Liz Truss devient officiellement Première ministre britannique
Liz Truss est formellement devenue Première ministre britannique mardi après avoir été reçue par la reine Elizabeth II, qui lui a confié la tâche de former un gouvernement dans un Royaume-Uni en pleine crise économique et sociale.
"La reine a reçu en audience" la députée Liz Truss "et a requis qu'elle forme un nouveau gouvernement", ont annoncé les services de la monarque, quelques instants après avoir publié une photo de la reine avec une canne, portant jupe en tartan et cardigan, serrant la main de celle qui devient le 15e Premier ministre de ses 70 ans de règne.
Deux mois après l'annonce de son départ, Boris Johnson l'avait précédée quelques instants plus tôt pour présenter sa démission, que la reine a "gracieusement acceptée", selon les services de cette dernière.
La passation de pouvoir s'est tenue à Balmoral, et non au palais de Buckingham à Londres comme c'est la tradition, en raison des problèmes de mobilité de la reine, âgée de 96 ans.
Dans un bref discours devant Downing Street au petit matin, Boris Johnson a salué son propre bilan devant une foule de soutiens et de collaborateurs. Il s'est comparé à une "fusée ayant accompli sa mission" et rentrant dans l'atmosphère. "J'offrirai à ce gouvernement mon soutien le plus fervent", a-t-il assuré.
- Gouverner en "conservatrice" -
Elue par 57% des quelque 142.000 membres votants du parti conservateur, contre 43% à son rival Rishi Sunak, l'ancien ministre des Finances, Liz Truss, 47 ans, jusqu'à présent ministre des Affaires étrangères, doit rentrer à Londres pour s'adresser aux Britanniques dans l'après-midi.
Elle a promis lundi de gouverner "comme une conservatrice", de mettre en place "un plan audacieux pour réduire les impôts et faire croître notre économie" et de battre les travaillistes lors des législatives prévues d'ici début 2025.
Sous pression pour aider des millions de Britanniques confrontés à des factures d'énergie qui grimpent de manière astronomique, elle a dit vouloir s'attaquer "à la crise énergétique en (s)'occupant des factures d'énergie des gens, mais aussi en (s')occupant des difficultés à long terme d'approvisionnement en énergie".
Troisième femme Première ministre après Margaret Thatcher (1979-1990) et Theresa May (2016-2019), l'annonce de son gouvernement mardi sera un premier test pour Mme Truss, qui a fait campagne très à droite.
- Diversité -
Son ministre des Finances devrait être Kwasi Kwarteng, 47 ans, jusqu'ici secrétaire à l'Energie, partisan comme Mme Truss d'un Etat plus modeste et d'une économie plus déréglementée.
Suella Braverman, 42 ans, conseillère juridique du gouvernement et initialement candidate au poste de Premier ministre, est pressentie au ministère de l'Intérieur. Très à droite, elle héritera du dossier des milliers de migrants illégaux arrivant sur les côtes britanniques, que celle qui la précédait voulait envoyer au Rwanda.
James Cleverly, 53 ans, ministre de l'Education après avoir été secrétaire d'Etat aux affaires européennes, devrait passer aux Affaires étrangères, et Ben Wallace resterait au ministère de la Défense.
M. Kwarteng est d'origine ghanéenne, Mme Braverman d'origine indienne, et la mère de M. Cleverly était originaire du Sierra Leone, une diversité inédite à ces postes clés.
De premières annonces pour essayer d'endiguer la crise économique sont attendues probablement jeudi. Après s'y être opposée durant l'essentiel de sa campagne, Liz Truss pourrait annoncer un gel du prix de l'énergie, aux contours encore flous, pour venir en aide aux ménages et entreprises, selon les médias britanniques.
Mme Truss, qui prône des baisses d'impôts controversées pour relancer la croissance et un gouvernement resserré, aura fort à faire pour rassembler un parti conservateur divisé, au pouvoir depuis 12 ans.
De nombreux députés lui préféraient Rishi Sunak, plus nuancé et jugé plus à même de gérer la crise. Les appels à l'unité se sont multipliés, menés par Boris Johnson qui a demandé aux conservateurs de "la soutenir à 100%".
Lors de l'annonce de sa victoire, Mme Truss a rendu hommage à son "ami". "Boris, tu as réussi le Brexit, tu as écrasé Jeremy Corbyn (ancien leader travailliste), tu as déployé le vaccin (anti-Covid) et tu as tenu tête" au président russe Vladimir Poutine après l'invasion de l'Ukraine, a-t-elle énuméré.
Après avoir quitté Downing Street, Boris Johnson reste député. Il n'a rien dit de ses intentions futures, entretenant le suspense sur des velléités de retour.
C.Cassis--PC