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Mondial/Finale: les Bleus attendus à Paris, la liesse en Argentine
Les Bleus avec un Kylian Mbappé héroïque rentrent en France lundi sans la couronne mondiale abandonnée à l'Argentine du génial Messi, à l'issue d'une extraordinaire finale à Doha.
Ivres de bonheurs, les Argentins sont descendus par millions dans les rues pour célébrer cette troisième Coupe du monde tant attendue, le dernier sacre remontant à 1986 et Diego Maradona. Les Bleus, eux, ne rééditent pas l'exploit de 2018 même s'ils peuvent être fiers de leurs parcours.
Cette finale de légende s'est jouée aux tirs au buts (4-2) à l'issue d'un scénario de folie: un doublé de Lionel Messi, meilleur joueur du tournoi, un triplé historique de Mbappé, meilleur buteur de la compétition, des prolongations étouffantes (3-3).
Au point de rassembler 24 millions de téléspectateurs sur TF1, un "record historique d'audience" pour la télévision française.
Au lendemain du sacre de l'Argentine, la presse internationale célébrait d'ailleurs d'une même voix l'"époustouflant" génie de Messi et sa performance toute "maradonienne" jusqu'au terme d'un match "d'anthologie". Sans oublier de consoler l'autre star de cette finale "épique": le "phénomène" Mbappé.
- Messi comme Maradona -
Avec ce premier titre mondial, comme Maradona en 1986, Messi, 35 ans, va encore être un peu plus adulé chez lui en Argentine.
"Comme Diego Maradona à son époque, l'idole des stades a été dimanche à la hauteur de sa réputation, plus que jamais la fierté de tout un peuple", saluait lundi le quotidien français le Figaro, dans une louange à l'"époustouflant Messi".
Le coéquipier de Mbappé au Paris SG a d'ailleurs confié qu'il comptait "vivre quelques matches de plus en étant champion du monde". En voyant la liesse des supporters argentins au pays et dans le stade de Lusail, le retour à Buenos Aires lundi soir promet des heures, voire des jours de festivités.
Car maintenant il va falloir rentrer et récupérer.
"On est vidé, on a tout donné, on est allé au bout de nous-mêmes. On est triste, mais fier", a glissé le défenseur Raphaël Varane après la rencontre.
Selon la Fédération française de football, les Bleus quittent Doha à 13h30 par un avion Air France spécialement affrété pour une arrivée à 18h00, heure française, à l'aéroport de Roissy.
Selon la ministre des Sport et des JO Amélie Oudéa-Castéra, les Bleus pourraient aller "remercier leurs supporters" place de la Concorde à leur retour.
Le président de la République, présent en tribune, sur la pelouse et dans les vestiaires dimanche, "aura a coeur un peu plus tard, après, en début d'année, de les féliciter", a-t-elle poursuivi.
- L'avenir de Deschamps -
Le début d'année, c'est également le rendez-vous qu'a donné, pour évoquer son avenir, Didier Deschamps, dont le contrat à la tête de l'équipe de France se termine fin décembre.
"J'aurai rendez-vous en début d'année avec mon président (de Fédération, Noël Le Graët, NDLR), et puis, vous saurez", a-t-il annoncé dimanche soir .
Mais ce match de légende, disputé devant 89.000 personnes exaltées devant le scénario, ne doit pas faire oublier le reste.
Ce Mondial-2022 fut bien celui de la démesure, avec entre 200 et 300 milliards d'euros investis selon les estimations et sept des huit stades sortis du sable qatari pour l'occasion.
Et puis il y eut les polémiques.
- Cap sur les Amériques -
Des accusations de corruption, d'abord, liées à l'obtention surprise en 2010 de l'organisation du Mondial-2022 aux dépens des États-Unis. Des enquêtes judiciaires sont en cours dans plusieurs pays.
Les droits humains, notamment le traitement réservé aux travailleurs migrants d'Asie du Sud et d'Afrique employés dans les chantiers, la sécurité et les services, ont aussi été au cœur des discussions, malgré les démentis qataris.
Les autorités de Doha nient que des milliers d'entre eux aient trouvé la mort sur les chantiers du Mondial, avançant le chiffre d'un total de 414 décès dans des accidents du travail (principalement hors Mondial) entre 2014 et 2020.
Les droits LGBT+ ont été également un sujet de controverses dans un pays très conservateur où homosexualité et relations sexuelles hors mariage sont illégales.
Enfin, l'environnement a aussi été un sujet de reproches, avec notamment l'empreinte carbone laissée au Qatar avant et pendant la Coupe du monde.
Et au moment de tourner la page de ce Mondial et avant de penser au suivant qui promet aussi quelques polémiques, entre trois pays organisateurs, les États-Unis, le Mexique et le Canada et 48 pays qualifiés, contre 32 au Qatar, les joueurs vont devoir se reconcentrer sur leur quotidien en club.
Après quelques jours de congés, Messi et Mbappé devraient avoir de quoi discuter dans les vestiaires du Paris SG dans les prochaines semaines.
A.Magalhes--PC